En deux jours 60 000 migrants ont traversé la frontière entre le Maroc et l’enclave espagnole de Ceuta par voie maritime et terrestre. Au total, 60 d’entre eux sont morts noyés. Ceuta, ainsi que l’autre enclave espagnole de Melilla, à près de 400 kilomètres plus à l’est, constituent les seules frontières terrestres de l’Union européenne sur le continent africain d’où leur attrait pour les migrants qui veulent gagner le Vieux Continent. Il s’agit de l’arrivée migratoire la plus importante à cet endroit depuis 2021. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a aussitôt mobilisé l’armée et la Garde civile pour renvoyer 58 000 personnes au Maroc. Mesure jugée insuffisante par le très droitier Parti populaire dont le patron, Alberto Núñez Feijóo, a dénoncé « une situation désespérée » et « une crise de sécurité nationale ». Pour ne pas être en reste le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a dit vouloir suspendre l’Espagne de l’espace Schengen pour empêcher les migrants d’entrer dans les autres pays de l’Union européenne. À l’unisson de la droite et de l’extrême droite françaises qui ont donné de la voix. Quant à Lecornu il a annoncé le renforcement des contrôles à la frontière franco-espagnole. Une union sacrée contre ces hommes et ces femmes dont le seul tort est de chercher une vie meilleure loin de leurs pays ravagés par la misère, les crises et les guerres.