Nos vies valent plus que leurs profits

La mortalité infantile au plus haut

C’est huit mois après sa sortie que le gouvernement a finalement choisi de rendre public un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas), montrant une « dégradation sanitaire importante » de la natalité, c’est-à-dire une augmentation constante depuis quinze ans de la mortalité des nouveaux nés. Le ministère de la Santé s’est fait forcer la main par Le Canard enchaîné qui avait fait état de ce rapport et de ses conclusions dans son édition de cette semaine. Autrefois bien placée parmi les pays développés, la France a chuté depuis le début des années 2010 vers le bas du classement, avec plus de quatre bébés sur 1 000 décédés avant leur premier anniversaire en 2024. Cette mortalité de 4 ‰ est supérieure à celle de la moyenne de l’Union européenne (3,3 ‰) et loin de celle enregistrée par des pays comme l’Italie et le Portugal (2,5 ‰). Si, notent les auteurs, les causes sont diverses (âge de plus en plus tardif des grossesses, hausse des grossesses multiples…), un facteur prépondérant est celui des inégalités sociales et territoriales qui amplifient le risque de décès du nouveau-né ou de sa mère. Par exemple, les régions d’Outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Île-de-France et la Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de Métropole, enregistre le taux de mortalité infantile le plus élevé, avec environ une mortalité de 5,4 ‰. Ce chiffre dépasse de 50 % la moyenne nationale et s’explique par une combinaison de facteurs socio-économiques, de difficultés d’accès aux soins et de saturation des structures périnatales locales. Bref, la pauvreté joue un rôle déterminant dans la mortalité infantile.