L’affaire n’est pas courante. 45 membres d’un groupe Telegram intitulé « femmeblancherie » ont été interpellés après une enquête du parquet de Paris. 34 seront jugés à l’automne pour « provocation à la haine contre les femmes ». Le groupe comptait plus de 1 700 abonnés, qui échangeaient de nombreux propos à caractère sexiste mais aussi raciste et des apologies du terrorisme et de crimes contre l’humanité. L’enquête a été menée à l’initiative du Pôle national de lutte contre la haine en ligne du parquet de Paris. Elle a révélé que la plupart des personnes interpellées fréquentaient aussi assidûment des sites d’extrême droite. En juin dernier, un rapport publié par la délégation aux droits des femmes du Sénat alertait sur le fait que « les masculinismes d’aujourd’hui ne sont pas qu’une simple “tendance” sur les réseaux sociaux. Ils constituent un mouvement social et politique qui vise à anéantir les droits des femmes… ». Si le canal « femmeblancherie » a été supprimé au moment de l’interpellation de plusieurs de ses membres, un nouveau groupe « femmeblancherie2 » a néanmoins très vite pris sa succession. Il se présente comme un « canal humoristique et satirique », visant à « étudier le “problème femme”». Preuve qu’il faudra plus que quelques arrestations pour éradiquer cette forme extrême d’un sexisme qui gangrène à des degrés divers l’ensemble de la société.