Nos vies valent plus que leurs profits

Airbus : la peur, ça peut changer de camp

 

Après plus d’un mois d’agitation durant lequel plusieurs centaines de travailleurs se sont mis en grève ou ont débrayé sur les différents sites Airbus, la direction a annoncé qu’elle ne lâchera que 500 euros de prime « exceptionnelle ».

Le retour du « dialogue social victorieux » !

Les syndicats majoritaires crient victoire. Victoire pour eux, véritables extincteurs en action, qui ont assisté la direction dans ses manœuvres pour éteindre la contestation ! Comme les petits et moyens chefs, ces délégués ont murmuré à l’oreille des salariés des menaces sur les évolutions de carrière ou de vagues promesses. Résultat, si la direction a dû lâcher 500 euros sous la pression des premiers débrayages qui avaient parcouru toutes les usines, elle réduit cette année les primes de 2000 euros pour tous.

Les difficultés du mouvement

Au-delà de la répression, les grévistes ont été confrontés aux difficultés d’étendre leur mouvement dans l’usine en se fédérant autour d’une revendication. Si le mot d’ordre initial « Pas un euro de moins que l’année dernière » était unanime, sa transformation en une revendication sur les salaires, pour combattre l’écueil des primes qui changent en fonction de l’humeur du patron, n’a jamais été concrétisée. Pour ajouter à la confusion, les syndicats amis de la direction ont dénigré ces débrayages pour des primes en expliquant que l’important était le salaire et qu’il ne fallait donc surtout rien faire jusqu’aux prochaines NAO dans un an !

Les attaques continuent

Quelques jours à peine après la signature de cet accord favorable à la direction, des chefs ont annoncé en production que des congés pourraient être annulés sauf à multiplier les heures supplémentaires et dans les bureaux qu’un jour de télétravail serait supprimé. La direction pensait peut-être pousser son avantage mais cela a provoqué de nouveaux rassemblements sous ses fenêtres.

Cadres, ingénieurs, ouvriers ou sous-traitants : la force des travailleurs, c’est la grève !

Ces travailleurs qui ont été grévistes pour la prime ou qui sont aujourd’hui grévistes contre la suppression du télétravail sont minoritaires : quelques centaines parmi les 25 000 salariés toulousains. Mais ils incarnent la voie à suivre pour stopper la direction. À Airbus comme ailleurs, le dialogue social est une illusion et seul le rapport de force peut faire plier les patrons.

Correspondant