
Le 13 mai 2026, un camion-citerne a explosé sur le site Teisseire de Crolles, près de Grenoble, lors d’une opération de nettoyage d’une cuve avec des produits chimiques. Une dizaine de salariés ont été blessés, dont deux grièvement et le pronostic vital du conducteur est engagé. Les blessés ont été embauchés par Teisseire comme sous-traitants d’entreprises extérieures chargées du démantèlement du site après la fermeture décidée par le groupe Carlsberg.
Le site Teisseire de Crolles est actuellement en cours de fermeture, après l’annonce du licenciement de près de 205 salariés en octobre 2025. Une décision prise après le rachat par le groupe Carlsberg qui réalise pourtant plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 1,5 milliard de profits. Pendant près de trois mois, les salariés se sont mis en grève pour défendre leurs emplois et empêcher la fermeture.
Depuis, l’usine est vidée et démontée dans l’urgence. Les salariés dénoncent un démantèlement mal organisé, mené à marche forcée après le départ de nombreux travailleurs et travailleuses expérimentés qui connaissaient les installations, les produits dangereux et les procédures de sécurité.
Une enquête pour « blessures involontaires » a été confiée à la gendarmerie. C’est pourtant volontairement que les patrons jouent avec nos vies pour gonfler leurs profits. Le bilan parle de lui-même : plus de 21 000 morts et 13,5 millions de blessés au travail en France ces vingt dernières années. Quand on supprime des emplois, qu’on sous-traite, qu’on néglige les savoir-faire pour aller au plus vite et au moins cher, les conséquences finissent toujours par retomber sur le dos des travailleurs et travailleuses.
Correspondant