Nos vies valent plus que leurs profits

Grève, occupation… régularisation !

Le 19 mai dernier, c’est une victoire qu’ont obtenue par la grève les coiffeuses et esthéticiennes du 65 boulevard de Strasbourg à Paris : neuf d’entre elles ont été régularisées.

Les quatorze salariés de ce salon étaient en lutte depuis le 3 mars. Ils occupaient leur lieu de travail de jour comme de nuit.

Pendant deux mois et demi, épaulés par des militants CGT de Paris, ils ont accueilli les soutiens lors de soirées festives notamment pour médiatiser et populariser leur combat.

En situation de précarité depuis de nombreux mois, ils réclament toujours leurs impayés de salaire, et que l’employeur soit condamné pour des pratiques qui relèvent de la traite d’êtres humains.

Par exemple ils ont dénoncé les retenues sur salaire pour obtenir les fiches de paie, l’absence de congés payés ou encore l’usage sans protection de produits nocifs pour leur santé.

C’est la préfecture qui a craqué la première. En régularisant neuf grévistes « sans-papiers », le préfet n’a pas attendu un quelconque jugement. Le rapport de force, imposé par des grévistes unis et déterminés à tenir jusqu’au bout, l’a emporté.

Même s’il ne s’agit que d’un début, avant l’aboutissement de démarches judiciaires, c’est un exemple que de nombreux travailleurs peuvent reproduire pour leurs droits. Qu’ils soient « sans papiers » ou en renouvellement de leur titre de séjour, l’arbitraire de l’État et l’arrogance des exploiteurs peuvent être renversés par les salariés en lutte.

Correspondant