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Hantavirus et Ebola, deux cas révélateurs de la hiérarchisation des maladies sous le capitalisme

D’un côté, le hantavirus des Andes. Trois morts parmi les passagers d’un navire de croisière, presque tous européens, surtout à cause d’une mauvaise estimation de la dangerosité de la maladie. Dès que la mesure de la situation a été prise, on a assisté au déploiement en urgence de l’armada sanitaire par les pays des passagers.

De l’autre côté, le virus Ebola. Déjà, 200 morts en République démocratique du Congo (RDC), une propagation aux pays voisins et une épidémie « extrêmement grave et difficile à gérer » selon le directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Mais aucune mesure n’a été prise par les pays riches.

Une épidémie qui préoccupe peu les capitalistes

L’épidémie de fièvre Ebola qui touche actuellement la RDC ne vient pas de nulle part. Son virus est connu depuis longtemps. Cette maladie, très contagieuse quand les conditions d’hygiène sont dégradées, est surtout très létale, bien plus que l’hantavirus des Andes qui a contaminé les passagers du MV Hondius. Elle peut atteindre 90 % de mortalité lors des flambées épidémiques. Depuis 50 ans, cette maladie a causé plus de 15 000 morts en Afrique centrale, dont 2 300 pour 3 200 malades lors de la dernière vague, entre 2018 et 2020. Un seul vaccin a été développé, et il n’est efficace que pour une seule souche. Celle qui sévit actuellement en RDC y est insensible.

En 2025, les États-Unis, principal contributeur de l’aide publique au développement, ont brutalement coupé leurs financements de plus de 70 % : les pays impérialistes misent plus sur les commandes militaires et encore moins qu’avant sur l’humanitaire ! Beaucoup d’ONG et de services de santé locaux se sont retrouvés du jour au lendemain à devoir cesser leurs activités. Résultat : la dégradation de l’hygiène et des mesures de prévention a pavé la voie à la résurgence de maladies graves.

Pour les gouvernements occidentaux, Ebola présente l’avantage de se cantonner à sa région d’origine, justement à cause de sa mortalité. L’OMS a évalué que le risque de propagation est « élevé » aux échelles nationale et régionale, mais « faible » au niveau mondial. Contrairement à l’hantavirus, elle ne prévoit aucune intervention médicale d’urgence pour contrer Ebola. Ces deux cas illustrent bien l’attitude des dirigeants impérialistes : tant qu’une maladie ne menace pas leurs ressortissants et leur économie, pourquoi se préoccuper du sort des populations locales ?

Simon Costes