Les derniers jours ont été particulièrement meurtriers et ont vu une intensification des bombardements et des frappes de drones de part et d’autre, tuant et blessant de nombreux civils. Dans la seule journée du 8 juin, sur le territoire ukrainien, au moins quatre personnes ont été tuées, et 18 autres blessées, dont des enfants. Le 6 juin, c’était l’Ukraine qui avait lancé un vaste bombardement de plusieurs centaines de drones sur la ville de Saint-Pétersbourg, au moment où Vladimir Poutine clôturait son « Forum économique international ». La base navale de Cronstadt a été touchée, et les explosions ont fait trembler des habitations dans le centre-ville.
Signe de l’intensification de la guerre, plusieurs drones ont touché des pays frontaliers de l’Ukraine. Le 8 juin, un Rafale français a détruit un drone au-dessus de la Lettonie. La veille, un drone très probablement ukrainien a atterri en territoire moldave. Deux jours avant, c’est un port roumain qui a été endommagé « par erreur » par l’explosion de drones sous-marins ukrainiens.
Cette intensification des bombardements intervient alors que, sur le terrain, l’armée russe stagne, alors que l’Ukraine ne parvient pour l’instant pas à reprendre le dessus, bien qu’elle prétende avoir repris 100 km2 de terrain à l’armée russe. Chaque jour, des dizaines voire des centaines de soldats meurent sur le front.
Mais rassurons-nous… ces pertes humaines n’ont pas lieu pour rien. Alors que la France conserve son rang de deuxième exportateur mondial d’armes, après les États-Unis, Macron a annoncé que des pilotes ukrainiens seraient invités à défiler avec la Patrouille de France lors du 14 juillet, pour célébrer le « réveil stratégique de l’Europe ». Youpi !
En Russie, Poutine en difficulté sur le plan intérieur
Sur le plan économique, l’inflation continue d’augmenter avec un taux de 6 %, alors que le PIB recule. Les données du service fédéral des statistiques de l’État russe (Rosstat) indiquent que les arriérés de salaire ont presque doublé cette année, et ont été multipliés par six depuis début 2025. L’essence est désormais vendue sur tickets de rationnement. En Crimée, les autorités ont conseillé aux automobilistes de limiter leurs déplacements et d’abandonner leurs véhicules en cas de danger.
Ces difficultés entraînent des divisions croissantes au sein de l’appareil d’État. Une partie de la bourgeoisie est déçue que les marchandages avec Trump n’aient pas permis d’arrêter la guerre, alors que la partie la plus belliciste reproche à Poutine de ne pas décréter une nouvelle mobilisation.
Espérons que ces divisions se limitent aux classes dirigeantes et que, rapidement, les travailleurs et travailleuses interviennent sur leur propre terrain pour imposer la fin de cette guerre meurtrière.
Aurélien Perenna