On croyait avoir tout vu avec la Coupe du monde de football 2022, et ses stades édifiés au Qatar sur les cadavres de milliers d’ouvriers népalais ou indiens morts d’épuisement au travail. Mais l’édition 2026 se donne bien du mal pour la dépasser en ignominie.
Les États-Unis de Trump, coorganisateurs avec le Canada et le Mexique, se sont arrogés la part du lion des matchs. Cela ne les empêche pas de soumettre les équipes non occidentales (Uruguay, Sénégal, Ouzbékistan…) à des fouilles poussées avec chiens renifleurs. Des joueurs du Moyen-Orient ont subi des interrogatoires de plusieurs heures. L’arbitre somalien Omar Artan a pour sa part carrément été refoulé, tandis qu’il était officiellement sélectionné car un des meilleurs arbitres africains. Motif ? Tous les Somaliens sont des terroristes en puissance pour Trump.
Toutes ces mesures vexatoires et humiliantes, condensé du sort des migrants aux États-Unis, s’inscrivent dans une propagande visant à les effrayer. Mais le chef des festivités, Gianni Infantino, ne trouve rien à redire : « La Fifa n’intervient pas dans l’octroi des visas. » Il soutenait en revanche en février dernier les projets de Trump à Gaza, qui prétend, entre autres mensonges, dépenser 75 millions de dollars pour reconstruire des stades – une autre manière d’enterrer les 400 membres de la Fédération palestinienne de foot, dont une centaine d’enfants, assassinés dans l’enclave par l’armée israélienne depuis 2023…
Mathieu Parant