Avec le soutien du gouvernement, d’une très large majorité des députés du centre et de la droite (Renaissance, Modem, Horizons, LR), et du Rassemblement national, l’Assemblée nationale a finalement adopté la loi qui prévoit que les policiers et les gendarmes sont désormais présumés avoir agi dans le cadre légal et en état de légitime défense lorsqu’ils feront usage de leur arme à feu. Ce qui risque d’augmenter le nombre de morts et de blessés par les forces de l’ordre dont la France détient déjà le triste record en Europe. Avant le vote plusieurs organisations de défense des droits et libertés (Amnesty International France, Ligue des droits de l’homme, Syndicat de la magistrature…) avaient alerté sur la dangerosité de ce texte et, sur le site de l’Assemblée, une pétition s’y opposant avait rassemblé plus 300 000 signatures. Et dans les tribunes de l’hémicycle des membres des collectifs de victimes de violences policières criaient : « Pas de justice, pas de paix. » Cette mesure était, depuis longtemps, une revendication phare de l’extrême droite introduite dans le débat public par le Front national et déjà inscrite dans le programme présidentiel de Jean-Marie Le Pen en 2007.