Mardi 30 juin, la direction de La Poste n’a pas choisi au hasard de s’attaquer au secrétaire général de la Fapt) CGT 66. Elle tape fort en demandant la révocation d’Alexandre Pignon, en outre secrétaire du CSE d’Occitanie. Un syndicaliste CGT combatif, non sectaire et très connu dans les bureaux de poste.
La Poste ne tolère que les syndicats qui accompagnent ses projets nocifs pour les postiers et pour la population. Un syndicalisme qui s’adapte à la direction, qui parle à la place des collègues… sans jamais tracer la moindre perspective pour gagner.
C’est l’exact opposé de ce que font les camarades dans le 66. Lors du mouvement des retraites en 2023, elles et ils avaient mené une grève dans le cadre d’assemblées générales, en occupant un site de tri pendant plusieurs semaines : la « barricada » est alors devenue un carrefour pour les luttes dans la région.
C’est ce que leur reproche La Poste. Elle monte de toutes pièces des dossiers pour harcèlement de patron. À force de procédures disciplinaires, elle a fini par obtenir le licenciement de Sam Toutain, secrétaire de SUD PTT 66, après plusieurs refus de l’Inspection du travail. Le ministre du Travail est venu à la rescousse. Un recours a été introduit au tribunal pour annuler ce licenciement en service commandé.
Le 30 juin, Alexandre passait une nouvelle fois en commission disciplinaire en vue d’une révocation de la fonction publique. La direction lui avait tendu un piège, ainsi qu’à cinq autres camarades CGT et SUD. Alors qu’ils voulaient exprimer leur rejet du licenciement de Sam, plusieurs militants ont organisé un « jubilé » sur le parking du bureau où travaillait Sam… en pensant être entre eux. Un huissier était tapi dans l’ombre pour noter tous les propos, faits et gestes des syndicalistes… pendant plus de six heures. C’est sur la base de ce constat établi sans information préalable que La Poste veut révoquer Alexandre.
Christophe Musslé, de la CGT Fapt Calvados, vient d’obtenir sa réintégration plus de quatre ans après sa révocation. Empêcher de nouveaux licenciements implique de donner des suites à la manifestation du 20 juin dernier à Paris : « Contre toutes les répressions, ils ne nous empêcheront pas de lutter ! »
Pedro Ciné