
La fête de LO, le plus grand rassemblement d’extrême gauche en Europe, a battu cette année des records avec plus de 10 000 entrées. Le beau temps a aidé, mais c’est surtout le résultat des effort militants des camarades de LO. Nous les remercions d’autant plus d’accueillir gracieusement un stand du NPA-R et de nous donner l’occasion d’y défendre nos idées.
Notre forum a lui aussi battu des records de fréquentation avec près de 800 personnes. Il a permis de continuer de vive voix un débat que nous avons entamé par écrit avec LO, à propos de la nécessité d’un pôle des révolutionnaires, dans les élections comme dans les luttes. Cette discussion se poursuivra lors de nos Rencontres d’été révolutionnaires, du 22 au 26 août dans le Vaucluse. Inscrivez-vous pour y assister – et contactez-nous pour aider au lancement de la campagne présidentielle du NPA-R !
Retrouvez l’ensemble des échanges écrits avec LO et la vidéo de notre forum.
Ken, ouvrier dans l’usine Stellantis Poissy
C’est impossible de faire confiance à des menteurs comme nos patrons. La direction veut cacher son plan de fermeture du site. La bataille à l’intérieur de l’usine est déterminante. Mais pour être convaincant à l’intérieur, il va falloir aussi se battre et se montrer à l’extérieur. Si nous parvenions à nous coordonner avec d’autres salariés en lutte, le rapport de force changerait à l’intérieur comme à l’extérieur de l’usine. Et ce qui changerait aussi, c’est ce que nous pourrions revendiquer et obtenir.
La CGT, le PCF, la France insoumise sont totalement incapables de mener cette politique et s’y opposent même. Leur politique à eux, ce sont les impasses électorales et parlementaires, le nationalisme économique, des projets industriels bidons qui sont la moindre garantie d’emploi et qui en plus sont refusés par les capitalistes.
Seule l’extrême gauche, le NPA-R et LO, proposent une politique de coordination aux travailleurs pour convaincre à l’intérieur de l’usine et peser à l’extérieur. Il va falloir tenter au maximum, les mois prochains, cette coordination.
Gaël Quirante, postier licencié et syndicaliste
On ne va pas arrêter de proposer l’unité des révolutionnaires. Parce qu’aujourd’hui, la situation politique, la guerre sociale et la guerre tout court l’exigent. Pas parce qu’on serait acculé, sur la défensive, à ne pas savoir quoi faire, mais pour des raisons politiques, qui sont d’ailleurs citées dans le courrier des camarades de Lutte ouvrière.
LO et le NPA-R considèrent qu’il est aujourd’hui essentiel de mettre au centre la classe ouvrière, l’indépendance de classe. Cette conviction que sans la classe ouvrière rien ne fonctionne, on la porte chevillée au corps dans toutes les luttes, dans les entreprises, dans les quartiers ou dans les lieux d’études. C’est la classe ouvrière qui a la force d’en finir avec l’exploitation et l’oppression.
Ce qui nous unit est aussi d’assumer pleinement une perspective révolutionnaire, de défendre une société communiste et de revendiquer le trotskisme.
Nous avons défendu en parallèle dans nos campagnes que tout était possible au travers de nos luttes, de nos grèves et de leur généralisation, sans pipoter sur la réalité du rapport de forces. Mais les camarades de Lutte ouvrière alourdissent le trait sur les reculs de la situation, pour justifier qu’il n’y aurait pas besoin de faire ensemble.
Évidemment qu’on n’a pas un boulevard, on n’est pas en 68. Mais en vérité, ce qui manque, ce ne sont pas des luttes, mais des militants et des militantes révolutionnaires capables d’y intervenir pour qu’elles aillent jusqu’au bout. On a aussi cette responsabilité, à notre échelle, de porter cette perspective.
Selma Labib, conductrice de bus
On peut se poser le problème de ce qui manque aux travailleurs qui baissent la tête et qui ne se sentent pas aujourd’hui la force de se battre, mais on peut aussi prendre le problème dans l’autre sens : qu’est-ce qui a manqué aux travailleurs qui, eux, ont relevé la tête et se sont battus ? Il a manqué une perspective autre que les impasses défendues par les centrales syndicales ou par la gauche.
Parce que cette gauche, elle ne s’en prend jamais au pouvoir des patrons. Quand Mélenchon s’intéresse aux usines de l’armement, c’est pour aller discuter avec Trappier, le patron de Dassault, pas avec les travailleurs du secteur ! Alors que le capitalisme nous emmène dans une nouvelle crise, qu’ils veulent encore nous faire payer, une crise financière, doublé d’un choc pétrolier, que nous promet la FI ? Une « économie verte » pour sortir de la dépendance au pétrole, et plus de « réglementation » du secteur financier.
La question qu’on veut discuter à cette fête, entre révolutionnaires, c’est : avons-nous un rôle à jouer là-dedans ? On pense qu’en agissant ensemble, on pourrait avoir un écho plus large que celui qu’on a aujourd’hui.
Dans sa réponse à notre proposition, LO prétend que rien n’indique qu’on ferait ensemble plus de voix que la somme de nos scores séparés. C’est vrai, personne ne peut l’affirmer. Mais qui peut nier que ça répondrait à une certaine aspiration à l’unité qu’on entend partout, tout en conservant une délimitation stricte avec la gauche institutionnelle et nationaliste, fût-elle radicale comme la France insoumise ? Ce serait un facteur de clarification politique.