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Lutte du personnel du périscolaire : « des moyens pour les agents, et pour protéger les enfants ! »

Mardi 19 mai, tous les syndicats locaux appelaient les travailleurs et travailleuses des services périscolaires de la ville de Paris, à être en grève et manifester. Un pari réussi avec 400 écoles parisiennes touchées sur 620, et un record de participation avec plus de 1 500 personnes dans la rue. Un cortège très dynamique, malgré la pluie, reflétant bien la colère des salariés du secteur.

Les violences patronales ne sont pas une réponse aux violences sexuelles

Le scandale des violences sexuelles contre des enfants dans les écoles, amplifié médiatiquement par la campagne municipale, n’a pourtant pas eu pour effet que les alertes répétées des personnels et des syndicats – qui se mobilisent plusieurs fois par an depuis 2023 pour l’amélioration de l’accueil des enfants et des conditions de travail –, soient enfin prises au sérieux.

Aucune mesure annoncée par le Grégoire, nouveau maire, mais vieux routier de l’équipe sortante, ne va dans le sens d’une réelle sécurité : ni celle des enfants, ni celle des personnels. Grégoire assume une véritable politique d’exception en matière de répression, y compris les « erreurs » que cela générerait. Les agents, eux, ne s’opposent pas aux suspensions en cas d’agression, sexuelle ou non, contre des enfants. Mais elles et ils relèvent depuis début 2026, que sur les 78 suspensions prononcées, 43 ont d’autres motifs. Les agents sont parfois suspendus sans en connaître la raison, ou sur des vieux dossiers, sans possibilité de se défendre. Cette purge est une aubaine pour écarter les plus récalcitrants.

Cette situation, en plus d’amplifier la pression déjà forte sur les personnels et de faire jurisprudence pour s’étendre à tous les services de la mairie, ne répond en rien aux problèmes de fond dans les écoles : sous-effectifs, taux d’encadrement intenable, manque de formation des animateurs, contrats précaires, bas salaires.

Lutter contre les violences c’est améliorer les conditions de travail

Le temps périscolaire, augmenté par la réforme des rythmes scolaires de 2013, est encadré par 15 000 personnels de l’animation, dont 10 000 en vacation, payés au lance-pierre. Les services fonctionnent en sous-effectifs, avec une partie des personnels non formés à l’accueil des enfants. Un animateur témoignait avoir déjà dû encadrer, seul, un groupe de 80 – la norme étant déjà de 32 enfants pour seulement deux professionnels. Impossible d’avoir une posture adaptée dans ces conditions, même avec une formation, et de lutter contre les violences « ordinaires ».

Grégoire, pour se faire élire, a annoncé un budget de 20 millions d’euros pour le périscolaire. Des postes en plus, des formations de qualité, des recrutements sérieux et attractifs, le retour des psychologues et médecins solaires ? Rien de tout ça. Une grande partie de ce budget sera dédié au bâti, comme poser des cloisons vitrées dans les toilettes des 620 écoles…

Seules nos luttes permettront de décrocher les moyens pour accueillir les enfants

Pour une fois, la parole des enfants qui dénoncent les maltraitances n’est pas d’emblée remise en cause. Tant mieux. Mais l’instrumentalisation qui en est faite par ceux qui pratiquent la gestion capitaliste des services publics, vise à jeter le discrédit sur tout une profession.

Les syndicats appellent à une nouvelle semaine de grève du 8 au 16 juin, avec une manifestation le 16 juin à Paris. Les grévistes auront tout intérêt à poursuivre et à organiser eux-mêmes leur lutte, en assemblées générales. C’est en s’affrontant à ceux qui décident, que les personnels de l’animation pourront arracher leurs revendications. C’est aussi en s’alliant avec les travailleurs des autres secteurs, qui subissent des logiques similaires d’économies, d’exploitation et de répression, qu’un rapport de force pourra s’engager.

C’est le sens de de la manifestation du 20 juin contre la répression, initiée par les postiers réprimés, et rejointe par plus de 40 organisations syndicales, des partis politiques et des personnalités. Le personnel du périscolaire y aura toute sa place.

Flora Morand