Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a voulu interdire à Maxime Sirvins, un journaliste d’investigation de l’hebdomadaire Politis, de couvrir pour son journal le salon Eurosatory, qui se déroulait à Villepinte, en Seine-Saint-Denis, et se présentait « comme une référence mondiale pour la défense et la sécurité ». Il s’était vu confisquer son badge d’entrée et le ministère avait indiqué que cet avis défavorable avait été pris « non pas parce que Maxime Sirvins est identifié comme un journaliste dans un journal de gauche, mais parce qu’il est considéré comme un militant ayant participé à des événements d’extrême gauche ». De ce fait, sa présence pouvait être « de nature à porter atteinte à la sécurité des personnes, à la sécurité publique ou à la sûreté de l’État ». Rien de moins. Finalement Sirvins, soutenu par le Syndicat national des journalistes, avait saisi le tribunal administratif de Paris dans le cadre d’un référé liberté, et les juges lui ont donné raison en dénonçant « une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression et à la liberté de travailler ». Ce qui, venant de la part de Nuñez, ne peut pas vraiment étonner.