Nos vies valent plus que leurs profits

Royaume-Uni : dix ans après le Brexit, la situation économique et sociale toujours aussi difficile

Lors d’un référendum organisé le 23 juin 2016, les Britanniques décidaient, à une faible majorité de 52 %, de quitter l’Union européenne. C’est ce qu’on a appelé le Brexit. À l’époque, l’économie était en berne, la croissance faible, les services publics sous pression et les classes populaires voyaient leur niveau de vie stagner, voire baisser. C’est sur ces faits que s’appuyèrent nombre de politiciens, appartenant à l’extrême droite mais aussi au Parti conservateur et au Parti travailliste, en promettant que le Brexit, en rompant avec « la dictature » de Bruxelles, amènerait une nouvelle ère de prospérité et de plein emploi. Une décennie plus tard, le constat est accablant et les plus modestes n’ont jamais eu autant de mal à joindre les deux bouts, à se loger décemment, ou à avoir un système de santé efficace. Le Brexit n’y a rien changé et pour cause. L’exploitation féroce dont souffrait une bonne partie de la population laborieuse n’était pas due à l’appartenance à l’Union européenne, mais à une classe dominante britannique avide et impitoyable. Aujourd’hui, l’histoire risque de se répéter puisqu’un peu partout en Europe des partis de droite et d’extrême droite accusent l’Europe de tous les maux pour mieux détourner l’attention du combat contre les exploiteurs « nationaux ». Un piège dans lequel il ne faut pas tomber…