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Brèves

L’actualité en bref

Dans le quartier de Golders Green de la capitale, où vit une importante communauté juive, un homme armé d’un couteau a poignardé deux passants avant d’être désarmé et arrêté par la police. Ce n’est que le dernier en date des actes antisémites enregistrés à Londres ces dernières semaines. Le premier avait eu lieu fin mars contre des ambulances d’une association communautaire juive qui avaient été incendiées. Il avait été suivi d’autres visant une synagogue dans le quartier de Harrow, ou encore le local d’une organisation caritative juive. Cependant jusqu’à l’attaque de Golders Green aucune n’avait fait de victimes. La multiplication de ces actes criminels est liée notamment au climat délétère créé par la politique criminelle d’Israël qui incite certains, islamistes ou militants d’extrême droite, à afficher un antisémitisme débridé et à passer à l’acte.

L’Europe a fait face à des situations climatiques extrêmes l’an dernier et les vagues de chaleur y sont « de plus en plus fréquentes et graves ». C’est ce que signale un rapport publié par le service européen Copernicus sur le changement climatique et l’Organisation météorologique mondiale. Il porte sur l’année 2025 et rappelle que depuis les années 1980, le Vieux Continent s’est réchauffé deux fois plus vite que la moyenne mondiale. « Les vagues de chaleur deviennent de plus en plus fréquentes et graves » sur au moins 95 % du territoire européen, souligne le rapport, de la mer Méditerranée au cercle arctique. La région de Fennoscandie, au nord de l’Europe et composée de la Finlande, la Suède et la Norvège, a par exemple enregistré la plus longue vague de chaleur depuis que les relevés existent, avec 21 jours à 30 °C ou plus en juillet, deux fois plus que le précédent record. En Turquie la température a dépassé pour la première fois 50 °C, et en Grèce 85 % de la population a été affectée par des températures proches ou au-dessus de 40 °C. L’ouest de l’Europe a aussi été largement affecté en juin et août avec l’Espagne, le Portugal, la France et une partie du Royaume-Uni. Si l’on ajoute à cela que les glaciers continuent de fondre et les océans de se réchauffer, il ne faut pas être grand clerc pour affirmer que la situation va encore s’aggraver.

Le Dr Hussam Abu Safiya, pédiatre et directeur de l’hôpital Adwan à Gaza, a été arrêté le 29 décembre 2024, lors d’un raid de l’armée israélienne sur cet hôpital. Il avait refusé l’ordre d’évacuation pour continuer à soigner ses patients et est considéré pour cela comme un « combattant illégal ». Maintenu en détention administrative, sans qu’aucune charge ne lui soit notifiée, il a comparu devant un tribunal, le 28 avril, qui a décidé son maintien en détention pendant six mois.

Un rassemblement a eu lieu devant l’Association médicale israélienne pour demander sa libération. Amnesty International et Physicians for Human Rights Israël ont organisé une campagne en sa faveur, et des experts de l’ONU ont également demandé qu’il soit libéré, en raison de tortures graves et de la détérioration de son état de santé, les autorités refusant de lui fournir les soins médicaux nécessaires. Selon une avocate qui a pu lui rendre visite, en juillet 2025, il avait perdu 35 kilos et souffrait de problèmes cardiaques ainsi que de multiples blessures subies lors d’interrogatoires.

Si le Dr Hassam Abu Safiya continue à être emprisonné et à faire l’objet de mauvais traitements, malgré une certaine médiatisation, on peut imaginer la situation des milliers de prisonniers palestiniens détenus arbitrairement et souvent clandestinement, sans même pouvoir informer leurs familles.

Plus d’un travailleur sur trois dans le monde travaille plus de 48 heures par semaine et près d’un sur quatre a déjà subi au moins une forme de violence ou de harcèlement, selon l’Organisation internationale du travail. Un rapport qu’elle vient de publier pour coïncider avec la Journée mondiale de la sécurité et de la santé au travail, fixée cette année au 28 avril, et qui estime que les risques psychosociaux (stress, harcèlement, journées de travail trop longues, etc.) tuent au moins 840 000 personnes par an dans le monde. Sans surprise les immigrés, les personnes handicapées, les seniors, les jeunes ainsi que les personnes au travail précaire ou employées dans l’économie informelle sont plus exposés aux risques psychosociaux que les autres travailleurs. Pour améliorer la situation, le texte recommande « de mieux faire coopérer les autorités chargées de la santé au travail, les établissements de santé publique et les partenaires sociaux pour améliorer la prévention et, sur le lieu de travail, d’améliorer la prise en compte des risques psychosociaux par les managers, en coopération avec les travailleurs ». Une recommandation qui restera lettre morte…

Le pays a enregistré en une décennie une baisse de plus de deux ans de l’espérance de vie en bonne santé, désormais inférieure à 61 ans, ce qui le place à l’avant-dernier rang parmi les pays riches, juste derrière les États-Unis, selon une étude de l’organisation Health Foundation. Entre la période 2012-2014 et 2022-2024, l’espérance de vie en bonne santé est passée de 62,9 ans à 60,7 ans pour les hommes et de 63,7 ans à 60,9 ans pour les femmes, soit plusieurs années avant l’âge légal de la retraite qui est fixé outre-Manche à 66 ans et qui va progressivement être relevé à 67 ans. Conclusion du rapport : « Dans la majeure partie du pays, on peut désormais s’attendre, en moyenne, à passer une partie de sa vie en mauvaise santé avant d’atteindre l’âge légal de la retraite. » Une des raisons de cette situation : la détérioration continue du Service national de santé, rogné jusqu’à l’os par les gouvernements successifs, conservateurs comme travaillistes, et qui aujourd’hui connait une crise profonde.

Les autorités israéliennes utilisent l’accès à l’eau comme une « arme » contre la population gazaouie, en la privant de cette ressource essentielle dans le cadre d’une « campagne punitive collective », dénonce un rapport de Médecins sans frontières (MSF). Selon des données de l’ONU, de l’Union européenne et de la Banque mondiale, Israël a détruit ou endommagé près de 90 % des infrastructures d’eau et d’assainissement, notamment les usines de dessalement, les forages, les canalisations et les réseaux d’égouts. Dans le même temps, ses troupes ont bloqué de manière constante l’entrée des équipements liés à l’eau dans le territoire palestinien. En mars 2026, MSF fournissait plus de 5,3 millions de litres d’eau par jour, l’équivalent des besoins minimum de plus de 407 000 personnes, soit environ un habitant sur cinq. Mais les ordres de déplacement imposés par l’armée israélienne ont empêché ses équipes d’accéder à des zones où elles procuraient de l’eau à des centaines de milliers de personnes. En outre un tiers des demandes de l’ONG pour faire entrer des unités de dessalement, des pompes, du chlore et d’autres produits de traitement de l’eau, des réservoirs, des répulsifs anti-insectes ou des latrines « ont été refusées ou sont restées sans réponse ». Et de conclure : entre destruction d’infrastructures et obstacles à l’approvisionnement, « la privation délibérée d’eau infligée aux Palestiniens fait partie intégrante du génocide perpétré par Israël ».

Le 19 avril dernier, dans le village d’Espaly-Saint-Michel, un retraité tirait à la carabine à plomb sur des enfants qui jouait au ballon en criant : « Dehors les nègres et les Arabes. » Interpellé peu après, il ressortait libre du commissariat du Puy-en-Velay, les policiers affirmant que rien, dans les déclarations des témoins et des victimes, ne venait accréditer la thèse d’un acte raciste. Or, plusieurs journaux révèlent que le père d’un enfant visé affirme que les injures racistes proférées par le tireur ont disparu de sa déposition ainsi de celle de son fils. Le parquet dit « faire le point » sur un éventuel refus de transcription. Déjà, la veille de cet incident, une habitante du quartier venue déposer plainte pour injures racistes contre le même individu s’était fait éconduire « le commissariat étant débordé ». De là à conclure que les policiers ne font pas d’efforts surhumains pour lutter contre le racisme…

Le rapport de la commission d’enquête parlementaire sur la neutralité, le financement et le fonctionnement de l’audiovisuel a été adopté par 12 voix contre 10 et 9 abstentions. Il devrait donc être publié le 4 mai prochain. Durant des semaines qu’ont duré les auditions de ladite commission, son rapporteur, Charles Alloncle, proche d’Éric Ciotti et en phase avec le Rassemblement national, s’est livré à des attaques en règle contre le service public, demandant des suppressions de chaînes et se livrant à une campagne de dénigrement systématique à l’égard de ses responsables, animateurs et journalistes. Ce qui lui a valu plusieurs rappels à l’ordre de la présidente de l’Assemblée nationale mais aussi du président de la commission, le député Horizons du Calvados, Jérémie Patrier-Leitus. Dans le même temps, Alloncle profitait des audiences pour servir la soupe à Bolloré et à ses médias qui lui ont ouvert largement leurs colonnes et leurs antennes. Ce qui n’a d’ailleurs pas empêché le même Patrier-Leitus d’affirmer qu’il voterait en faveur de la publication de ce tissu d’âneries et de calomnies avant même de l’avoir lu, au nom, bien sûr, de la « démocratie ». Preuve que la macronie est toujours prête à faire la courte échelle à la droite de la droite en attendant un retour d’ascenseur.

Vendredi 24 avril, la Fédération syndicale étudiante (FSE) organisait un rassemblement devant le Crous Bretagne pour exiger un logement pour un étudiant étranger, qui lui est refusé pour des raisons racistes et xénophobes. La réponse du Crous à ce rassemblement a été de fermer les grilles devant les étudiants mobilisés, puis d’appeler les flics pour les dégager. Ces derniers se sont permis de faire des remarques à vomir, en disant notamment d’une militante « qu’elle a sûrement dû sucer un Maghrébin », puis de matraquer les jeunes mobilisés et même d’arrêter l’un d’entre eux pour lui infliger une amende de plusieurs centaines d’euros. L’objectif presque assumé de cette répression : faire passer l’envie de se révolter contre les coupes budgétaires, que les étudiants étrangers sont les premiers à subir. Mais cela ne suffira pas à éteindre les protestations.