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Brèves

L’actualité en bref

À celles et ceux qui auraient encore des illusions sur les pseudo-négociations de paix au Moyen-Orient, le ministre israélien de la Défense, a tenu à mettre les points sur les i. Il a déclaré lors d’une cérémonie militaire : « Les forces de défense israéliennes resteront dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza pour une durée indéterminée afin de protéger nos habitants et nos communautés contre les éléments jihadistes. » Mais plus le temps passe, plus ces « zones de sécurité » ressemblent à s’y méprendre à des zones d’occupation qui ont pour vocation, à plus ou moins long terme, d’être purement et simplement annexées à l’État sioniste. Ce qui laisse présager, sans grand risque de se tromper, que l’accord-cadre signé vendredi dernier aux États-Unis pour une « paix durable » entre le Liban et Israël ne verra jamais le jour.

Le neuvième congrès mondial pour l’abolition de la peine de mort se tient à Paris jusqu’au 2 juillet. Il a lieu tous les trois ans. Le premier s’était déroulé en 2001 à Strasbourg à l’initiative de l’ancien ministre de la Justice Robert Badinter, qui avait fait abolir la peine de mort en France. Supplice d’un autre âge, qui est en fait un véritable assassinat légal, la peine de mort fait toujours des ravages à travers le monde. 47 pays continuent d’exécuter des prisonniers et Amnesty International a enregistré au moins 2 707 exécutions capitales dans 17 pays en 2025, contre 1 518 en 2024, soit une augmentation de 78 %. Mais ces chiffres sont sans doute sous-estimés, certains États comme la Chine, la Corée du Nord et le Vietnam, exécutant les condamnés en secret. Dès ses origines le mouvement ouvrer et socialiste s’est battu pour l’abolition de la peine de mort, survivance d’une justice barbare et inhumaine née avec la société de classes et qui ne disparaitra définitivement qu’avec elle.

Le bétonnage de la nature continue de plus belle. Entre deux vagues de chaleur, le Conseil d’État a donné son feu vert à la construction de l’A69 entre Toulouse et Castres qui va permettre aux automobilistes de gagner… entre dix et vingt minutes entre les deux villes. C’est que les magistrats du Conseil appellent sans rire « une raison impérative d’intérêt public majeur ». Côté nature, la note va être salée : pas moins de 224 grands platanes abattus, 10 hectares de bois saccagés avec la perte d’environ 1 000 arbres par hectare, 366 hectares de culture et 20 hectares de zone humide détruits, 162 espèces protégées rayées de la carte, etc. À l’heure où la canicule nous rappelle la réalité du changement climatique, l’État continue de détruire la nature et de bétonner à tout-va en aggravant un peu plus les choses. Un exemple supplémentaire que pour lui les intérêts du business priment sur ceux de la population.

À l’appel d’un collectif réunissant une vingtaine d’associations solidaires, humanitaires et d’organisations syndicales, une manifestation est organisée le 1er juillet à 18 h 30 devant la préfecture, place de la République, pour protester contre la décision du préfet de supprimer d’ici la fin de l’année 822 places d’hébergement d’urgence dont bénéficiaient jusqu’à présent des familles sans titre de séjour. Il y a un an, un premier rassemblement de protestation avait été organisé alors que plus de 700 places avaient déjà été supprimées. Comme l’écrivent les signataires de l’appel : « Sur le terrain, les conséquences sont déjà visibles et dramatiques. Chaque semaine, nos collectifs rencontrent des familles laissées sans solution d’hébergement. Des enfants, parfois très jeunes, sont contraints de passer leurs nuits sous des tentes, dans des véhicules, dans des halls d’hôpitaux ou encore dans la gare, après avoir passé leur journée à l’école. » Mais de cela le préfet s’en moque. Pour lui l’important est de faire du chiffre en s’en prenant aux familles migrantes alors même que le droit à l’hébergement d’urgence est inscrit dans la loi. Une attaque ignoble de plus contre les migrants.

Deux ans et demi après son dépôt, le Parlement a définitivement adopté une proposition de loi visant à enrayer l’essor de la mode éphémère (ultra fast fashion). Alors que le secteur textile représente près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les plateformes chinoises (Shein, Temu et AliExpress) sont accusées d’inonder le marché de produits bas de gamme à prix cassés, générant des montagnes de déchets et une importante pollution. L’objectif du texte est donc de lutter contre cette surproduction. Noble intention. Sauf qu’il ne s’applique qu’aux plateformes asiatiques et sans y inclure des enseignes françaises et européennes. Or, comme l’a expliqué le député écologiste Charles Fournier, « sous le poids des lobbies, l’ambition initiale du texte a été considérablement réduite » alors même que « Zara, H&M, Primark, Uniqlo ne sont pas devenus des modèles de la mode durable », a-t-il lancé. Quant à la coalition d’associations Stop fast fashion, qui regroupe notamment Emmaüs, Max Havelaar (commerce équitable) et Les Amis de la terre, elle a aussi dénoncé « une version très amoindrie ». Mais comme l’a dit un intervenant, il s’agissait avant tout « de préserver l’emploi français ». La défense de l’écologie n’a pas grand chose à voir dans cette affaire.

Dans son dernier rapport, l’ONG B’Tselem (Centre israélien d’information pour les droits de l’homme dans les territoires occupés) dénombre 240 enfants palestiniens tués depuis le 7 octobre en Cisjordanie, en très grande majorité par l’armée israélienne mais aussi par les colons. L’ONG souligne que cette escalade meurtrière est le résultat direct de la politique du gouvernement israélien, qui ne cesse d’encourager l’implantation des colons dans la région. De plus, l’ONU a dénombré un grand nombre de situations au cours desquelles l’armée s’opposait à l’arrivée de secours venus aider des enfants et des adolescents blessés par balles et qui ont finalement succombé à leurs blessures. Crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocide ? On ne sait plus trop comment qualifier l’action de l’armée et des colons sionistes qui infligent un martyre quotidien au peuple palestinien.

Même dans un pays qui a souffert pendant des décennies du système d’apartheid, la population n’est pas vaccinée contre le racisme. Depuis des mois, des groupes hostiles aux « étrangers », c’est-à-dire à celles et ceux venus de pays voisins (notamment Malawi, Zimbabwe, Mozambique, Nigeria, Ghana, etc.), mènent campagne en affirmant que le pays est submergé par ces immigrés qui priveraient les Sud-Africains d’emploi, satureraient les services publics et seraient responsables de taux de criminalité élevés. Refrain entonné par l’extrême droite de tous les pays du monde. Ces groupes, dont l’action a déjà fait cinq morts, avaient fixé au 30 juin un ultimatum aux migrants pour quitter le pays et avaient organisé ce jour-là manifestations et rassemblements un peu partout. Au cours de ce seul mois, plus de 25 000 d’entre eux ont préféré, sous la pression, rentrer chez eux par leurs propres moyens. C’est beaucoup, mais finalement assez peu lorsqu’on sait que quelque trois millions d’étrangers, soit 5,1 % de la population, vivent dans le pays, attirés par des perspectives d’emploi de la première économie du continent. Ce flux migratoire n’est pas près de cesser malgré la propagande xénophobe dont le premier résultat est de diviser les classes laborieuses d’Afrique du Sud, par ethnies ou nationalités.

Un an après la mobilisation contre la loi Duplomb, et dans le cadre du projet de « loi d’urgence agricole », le Sénat vient de voter la réintroduction de deux insecticides (l’acétamipride et le flupyradifurone), considérés comme dangereux pour la santé, interdits en France mais autorisés ailleurs en Europe. La Chambre haute, largement dominée par la droite, ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle prévoit notamment d’alléger les obligations environnementales pour le captage de l’eau ou de faciliter les élevages intensifs de poules et de porcs. Un agenda qui lui est dicté par la principale organisation agricole, la FNSEA, dominée par l’agrobusiness et dont le sénateur Laurent Duplomb, qui mène la danse, est un dirigeant actif.

Les étudiants non européens et non boursiers vont être privés d’aides personnalisées au logement (APL) à compter du 1er juillet. Cette nouvelle mesure, inscrite dans le projet de loi des Finances et validée par le Conseil constitutionnel, prévoit de « limiter l’accès au droit à une aide personnelle au logement pour les étudiants extra-communautaires à ceux remplissant les conditions pour être titulaires d’une bourse d’enseignement supérieur sur critères sociaux ». Les étudiants en apprentissage ou exerçant une activité professionnelle en parallèle de leurs études pourront en revanche conserver leur aide au logement. Le gouvernement entend ainsi décourager nombre d’étudiants étrangers de venir faire leurs études ici. La mesure est dénoncée par les associations d’accès au logement et les organisations étudiantes, dont certaines parlent de l’instauration d’une « préférence nationale », à la limite du racisme et de la xénophobie.