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Brèves

L’actualité en bref

Par arrêté pris la semaine dernière, et là encore sous prétexte de rigueur budgétaire et d’économies, la dotation de l’État en faveur de l’apprentissage va passer cette de 268 à 33 millions d’euros, soit une baisse record de 88 %. Sur ces 33 millions, 11 millions serviront au financement des dépenses de fonctionnement des centres de formation des apprentis (CFA) et 22 millions au financement des dépenses d’investissement. Cela risque de se traduire, notamment dans les zones rurales, par la fermeture de CFA, qui sont gérés par les régions. Beaucoup d’apprentis (on en compte environ un million) risquent de se retrouver sur le carreau.

Le chancelier Merz et le président Macron se sont entendus pour « ne plus poursuivre la construction d’un avion de combat commun » et enterrer le projet Scaf (système de combat aérien du futur) qui comprenait non seulement un aéronef mais aussi des drones reliés entre eux par un système de communication numérique. Lancé en 2017 par Macron et Angela Merkel, rejoint ensuite par l’Espagne, le Scaf devait montrer au monde entier l’indépendance, la puissance et la maîtrise technologique de l’Europe en matière de production d’armement, face notamment aux États-Unis. C’est tout vu. Mais dès l’origine, les industriels qui devaient collaborer au projet, principalement Airbus côté germano-espagnol et Dassault côté français, n’ont cessé de se tirer dans les pattes, chacun voulant s’assurer la maîtrise d’ouvrage de l’ensemble. Ce qui a finalement conduit à l’abandon du projet mais surtout montré la féroce compétition que se livrent les capitalistes entre eux, en Europe comme ailleurs.

Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années la migration clandestine depuis les côtes de leurs pays en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique pour gagner l’Europe, principalement via l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes. En l’espace de dix jours, 1 076 d’entre eux, venant principalement de Gambie et de Guinée-Conakry, ont été secourus dans les eaux mauritaniennes. Tous les migrants ont été accueillis dans des centres d’accueil temporaires pour étrangers, à Nouakchott et Nouadhibou (nord-ouest), centres financés… par l’Union européenne qui fait tout pour éloigner les migrants de ses côtes. Ils ont été enregistrés pour déterminer s’ils sont vulnérables ou éligibles à la protection internationale. Dans le cas contraire, ils resteront détenus ou seront renvoyés vers leurs pays d’origine. À la recherche d’un avenir meilleur et au péril de leur vie, nombre d’exilés africains sont forcés d’emprunter la voie clandestine, l’Europe ayant drastiquement restreint la délivrance de visas et contrôlant de plus en plus ses frontières. Conséquence : des milliers de personnes sont mortes ou disparues en tentant de rejoindre le Vieux Continent ces dernières années.

Lehbib Mohamed Abdelaziz, un dirigeant du Front de libération du Sahara occidental (Polisario) et deux autres militants de cette organisation ont été tués lors d’une frappe contre le mur des Sables, une immense structure fortifiée érigée par le Maroc et qui scinde le Sahara occidental sur une longueur de 2 700 kilomètres. Depuis maintenant plus d’un demi-siècle, le peuple sahraoui se bat pour son indépendance et contre l’occupant marocain qui a annexé une grande partie de ce territoire semi-désertique riche en phosphates et aux eaux poissonneuses. Une partie de la population autochtone a été obligée de se réfugier en Algérie, dans la région de Tindouf. Ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, le Sahara occidental a ensuite été occupé par l’armée marocaine. Une annexion non reconnue par la majorité de la communauté internationale, mais qui a reçu la bénédiction des principales puissances impérialistes, au premier rang desquels les États-Unis et la France. Le Maroc est en outre signataire des « Accords d’Abraham » avec Israël et traite les Sahraouis comme l’État sioniste les Palestiniens.

Le maire PS de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), Karim Bouamrane, vient d’ajouter son nom à la liste des candidats de la mouvance social-démocrate à la présidentielle. Comme ses concurrents, il se voit comme un homme « qui fédère ». Il va donc rejoindre la cohorte de ceux qui ont déjà laissé entendre qu’ils pourraient se présenter à savoir Raphaël Glucksmann, François Hollande, Bernard Cazeneuve ou Jérôme Guedj. Son objectif : écarter « le dilemme » d’un duel entre Jordan Bardella et Jean-Luc Mélenchon, qu’il assume de renvoyer « dos-à-dos ». Quand à son programme, il est des plus vagues. Il affirme simplement : « On est majoritaires à vouloir une France humaine, forte, qui protège, qui sécurise. » Une phrase que pourrait faire sienne n’importe quel candidat macroniste genre Gabriel Attal ou Édouard Philippe. La gauche liée au Parti socialiste est, de ce point de vue, toujours égale à elle-même.

Omar Artan est un arbitre de classe internationale, il a officié en Ligue des champions ou lors de la CAN. Il a été nommé meilleur arbitre d’Afrique en 2025 et devait logiquement participer à la Coupe du monde. Mais la police américaine l’a refoulé à la frontière, avec comme seul motif sa nationalité : il est Somalien. L’administration Trump mène une guerre sans merci contre les migrants somaliens, même ceux qui ont une renommée internationale. Il menace de les renvoyer au pays en dépit des risques qu’ils y courent. La Fifa s’aplatit comme d’habitude et les protestations contre cette injustice sont pour le moins timides dans le monde du foot. Certains lisent moins bien le jeu dès qu’ils ont quitté le terrain.

L’acteur et chanteur Patrick Bruel, visé par de multiples accusations d’abus sexuels, a été placé en garde à vue par le parquet de Nanterre (Hauts-de-Seine) qui regroupe l’ensemble des plaintes et des signalements portés contre lui. Pour l’instant, au moins 13 victimes seraient concernées. Les premiers faits qui lui sont reprochés remontent à… 1991, c’est-à-dire à plus de 35 ans. Depuis lors, Bruel a continué à agresser des femmes au vu et au su de son entourage immédiat mais aussi de tous ceux qui le côtoyaient, depuis la troupe des Enfoirés, en passant par les journalistes des médias qui l’interviewaient, les organisateurs des spectacles, le personnel des hôtels où il descendait, ses partenaires à la scène ou à l’écran, etc. Chacun a laissé faire, contraignant les victimes au silence sous peine d’être accusées de mensonges et d’affabulations. Les rares plaintes ont été classées sans suite et Bruel n’avait jamais été entendu par la police jusqu’à ce jour. Une affaire qui résume on ne peut mieux le machisme et le sexisme qui imprègnent la police, la justice et l’ensemble de la société.

C’est jeudi 11 juin qu’a lieu le coup d’envoi de la Coupe du monde de football 2026. Elle se déroule dans trois pays : les États-Unis, le Canada et le Mexique. Les organisateurs ont vu grand en organisant 104 matchs joués par 48 équipes dans 16 stades différents répartis sur tout le continent nord-américain. Les équipes, mais aussi les journalistes et les spectateurs qui les suivront, joueront dans des stades distants parfois de 4 600 kilomètres les uns des autres. Selon les spécialistes en pollution du CNRS et du Shift Project, un groupe de réflexion sur le climat, la compétition, qui ne dure qu’un seul mois, devrait relâcher dans l’atmosphère neuf millions de tonnes de CO2, soit l’équivalent d’une ville comme Rome durant toute une année. Cette pollution sera quatre fois plus importante que celle suscitée par les JO de Paris 2024, et près de deux fois plus que la précédente Coupe du monde de 2022 qui avait eu lieu au Qatar. Et la Fédération internationale de foot (la Fifa) compte faire encore plus fort en 2030, année où l’on célébrera le centenaire de la compétition. Elle se tiendra cette fois dans six pays (Maroc, Espagne, Portugal, Argentine, Uruguay, Paraguay) répartis sur trois continents. De quoi faire exploser les compteurs. Le ballon rond est à la fête, pas la planète.

Le projet de « loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricole » a été votée en première lecture à l’Assemblée nationale. Il devrait être examiné par le Sénat à la fin du mois. Il donne entièrement satisfaction à l’agrobusiness, notamment en ce qui concerne la question de l’eau utilisée en agriculture. Désormais, les comités locaux de l’eau n’auront plus leur mot à dire et tout sera, en dernière analyse, décidé par le préfet qui pourra ignorer certaines contraintes administratives. On va donc voir se multiplier les méga-bassines. De même l’obligation de tenir des réunions publiques d’information avant l’obtention des autorisations environnementales est abolie. Enfin le texte allège les obligations des agriculteurs pour préserver les captages d’eau potable. Il a été voté massivement par la droite et l’extrême droite, à l’instigation de la principale organisation agricole, la FNSEA.