Le 18 mai s’est ouverte l’enquête publique sur le futur centre de stockage des déchets radioactifs à 500 mètres sous terre à Bure, une petite commune d’une centaine d’habitants située à la frontière entre la Meuse et la Haute-Marne. Des rebuts dont certains resteront radioactifs pendant des milliers d’années. La promesse, faite à l’origine, de choisir démocratiquement la façon de gérer ces déchets n’a pas été respectée. Les pouvoirs publics veulent passer en force, car le problème ne cesse de s’aggraver. Fin 2024, 1,9 million de mètres cubes de ces déchets étaient répertoriés sur le territoire, constituant l’un des plus gros stocks au monde, après celui des États-Unis. La France détient à elle seule presque un tiers de tous les rebuts radioactifs d’Europe. Et Macron veut encore ajouter quelques dizaines de réacteurs aux cinquante-sept déjà existants dans l’Hexagone. Alors que cette technologie n’est toujours pas entièrement maîtrisée, et les problèmes qu’elle pose loin d’être résolus, notamment en matière de sécurité, la fuite en avant continue. Pourtant les exemples passés de Three-Mile Island (États-Unis), Tchernobyl (Ukraine), et Fukushima (Japon) montrent que la question de la sécurité est loin d’être anecdotique.