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Brèves

L’actualité en bref

Trump est déçu, c’est finalement Maria Corina Machado qui est lauréate du prix Nobel de la paix. Présentée comme la principale « opposante » au régime vénézuélien, elle n’a rien à envier au président américain en termes de défense des intérêts de la bourgeoisie : riche héritière de droite surnommée « Augusta Pinocheta », Machado souhaite la privatisation de tous les services publics et la cession des ressources stratégiques aux grandes firmes américaines. Un prix Nobel qui n’est certainement pas celui de la paix entre les classes.

Aux États-Unis, c’est le « shutdown » depuis trois semaines : faute d’accord sur un budget fédéral, des centaines de milliers de fonctionnaires du pays sont placés en congé d’office et ne recevront pas leur salaire. Pour débloquer la situation, Trump a annoncé le licenciement de 4 000 fonctionnaires. Les travailleurs visés sont désignés comme proche des démocrates que Trump cherche à forcer à adopter son budget. La réduction massive des effectifs de la fonction publique fédérale est une priorité affichée de la politique du président américain et au-delà de la crise budgétaire, ce shutdown vient s’ajouter à l’offensive générale de Trump contre la classe ouvrière.

Même après le cessez-le-feu, vendredi 10 octobre, des bombes sont tombées sur les Gazaouis. Le bilan des massacres dépasse les 67 000 morts. Il n’y a aucune assurance que l’armée génocidaire ne reprenne les tueries après les échanges d’otages. Et les dirigeants internationaux ne se sont pas réunis au Caire ce lundi pour forcer l’État israélien à respecter le droit international : les Palestiniens de Cisjordanie subissent toujours le harcèlement et les assassinats de colons déchainés sur leur terre.

Le service de presse du président a fait savoir que Donald Trump et son épouse Melania venaient de recevoir un rappel du vaccin contre le Covid-19 après s’être fait vacciner une première fois le 19 janvier dernier, en toute discrétion. Ce qui n’empêche pas l’agité de la Maison-Blanche de conseiller à ses supporters complotistes et anti-vax de lutter contre le Covid-19 en suivant une alimentation saine et en utilisant… de l’eau de Javel. Des recommandations chaleureusement soutenues par son ministre de la Santé, Robert Kennedy Junior, qui veut supprimer la vaccination obligatoire en la réservant à certaines catégories de la population. Mais si Trump est démagogue, il n’est pas stupide. Et il est, à l’évidence, plus soucieux de sa santé que de celle de ses partisans.

Après plusieurs jugements contradictoires, la Cour de cassation vient de finalement décider que les salariés en télétravail ne pouvaient pas être privés de tickets restaurant. Les juges ont donné raison à un directeur commercial qui avait saisi les prud’hommes contre son patron qui avait refusé de lui fournir des tickets-restaurant pendant deux ans, au seul prétexte qu’il pratiquait le télétravail. Débouté, il s’était pourvu en cassation. L’employeur a finalement été condamné à lui verser plus de 1 700 euros de compensation. Et les juges de statuer que le télétravail ne justifie pas que le droit de bénéficier de cet avantage soit supprimé. Seule ombre au tableau : un salarié en arrêt maladie ou se trouvant en situation de chômage partiel ne peut pas bénéficier de ce droit. Ces personnes auraient-elles moins besoin de se nourrir que les autres ?

Le tribunal administratif a suspendu l’exécution de l’arrêté ordonnant la fermeture de la mosquée phocéenne des Bleuets pour deux mois, qui avait été pris pour des positions de son imam jugées « radicales ». Cette fermeture temporaire, décidée par le préfet de région, Georges-Francois Leclerc, porte « atteinte à la liberté fondamentale du culte », a estimé le juge des référés. La veille, la cour administrative d’appel avait confirmé l’illégalité de la fermeture définitive du collège Avicenne, à Nice, décidée par le préfet des Alpes-Maritimes pour de prétendues irrégularités financières. Il n’y a aucune sympathie particulière à avoir ni pour les lieux de culte, ni pour les établissements d’enseignement religieux, quels qu’ils soient. Mais il faut noter que l’on a jamais vu un préfet décider la fermeture d’une église parce que son prêtre desservant fait des sermons intégristes ou d’une synagogue parce que le rabbin exhorte ses fidèles à soutenir la guerre d’Israël contre Gaza. De même, ces derniers mois, nombre d’établissements catholiques ont été touchés par des scandales financiers, sexuels, sexistes ou autres. Aucun n’a été contraint de fermer ses portes. Seules les institutions musulmanes semblent être dans l’œil du cyclone. Ce dont ne peuvent que se réjouir Retailleau, Le Pen et les autres.

Le préfet de police de Paris a indiqué s’opposer à l’interdiction, réclamée par des élus et des associations, du concert du groupe de métal américain Disturbed qui doit se produire au Zénith. Le chanteur de ce groupe, David Draiman, avait fait parler de lui lors d’une visite, l’an dernier, sur une base militaire israélienne où il s’était fait filmer en train de dédicacer des bombes sur Gaza en écrivant en anglais : « Hamas va te faire foutre. » Pour le préfet, cette apologie du terrorisme ne constitue nullement un trouble à l’ordre public. Par contre, brandir un drapeau palestinien ou porter un keffieh peut vous valoir une arrestation et une interdiction de manifester. C’est ce qu’on appelle le « deux poids, deux mesures »…

Un peu partout dans le pays, des membres de milliers d’associations ont manifesté samedi 11 octobre pour dire : « Ça ne tient plus ! » Ils protestaient pour dénoncer la précarité des acteurs associatifs dans un contexte de réduction des subventions publiques. Sport, culture, musique, crèches, solidarité, services médico-sociaux, etc., les domaines d’intervention de ces associations sont très larges et elles suppléent souvent à la carence des pouvoirs publics. « Le temps que l’on consacre à rechercher des financements, c’est ça de moins pour les actions de terrain », regrette Morgane Raguenet-Pré, coordinatrice de la Fédération régionale de Nouvelle-Aquitaone des centres d’information sur les droits des femmes et des familles. « On est épuisés et dans l’incertitude totale », poursuit-elle. « Ce sont les personnes qu’on accompagne qui en paient le prix. » Car toutes les subventions qu’elles peuvent recevoir – des communes, des départements, des régions et de l’État – sont en baisse. Et la situation risque d’être encore pire l’an prochain. La seule façon de voir leurs crédits augmenter serait pour les associations de produire des canons, des chars d’assaut et des drones de combat…

Nouvel exploit de Jean-Noël Barrot, le ministre démissionnaire des Affaires étrangères.
Il a refusé de recevoir Pascal André, un médecin qui participait à la flottille humanitaire pour Gaza et qui avait été arrêté avec les autres militants pro-palestiniens par Israël. André souhaitait attirer l’attention du ministre sur le sort des humanitaires kidnappés par les Israéliens et qui ont subi mauvais traitements et humiliations en prison. Non seulement il n’a pas été reçu, mais lui et ses amis se sont heurtés à un barrage de policiers à leur arrivée au ministère. Tout un symbole. Rappelons que Paris n’a toujours pas protesté contre les actes de piraterie dans les eaux internationales commis à trois reprises par l’État sioniste et est resté indifférent au sort de celles et ceux qui avaient été arrêtés.