Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

La Cnam a découvert que des fraudeurs se trouvent chez les professionnels de santé qui surfacturent leurs actes. Les assurés vont-ils pouvoir souffler ? Certainement pas ! Ils vont recevoir un courriel tous les dix jours pour les inviter à vérifier que leur médecin n’a pas fraudé. Quand on sait que beaucoup sont déjà angoissés face aux sollicitations de France Travail et de la CAF cette campagne de harcèlement ne risque pas d’améliorer leur bien-être psychologique ! On nous affirme que cette démarche vise à responsabiliser les patients quant au coût de la santé, qu’en est-il de la responsabilisation des fraudeurs ? Plutôt que d’augmenter ses effectifs, la Cnam préfère faire travailler les assurés bénévolement en leur imposant ce travail de contrôle. Il n’y a pas de petites économies !

Deux Somaliennes sont mortes lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche au sud de Boulogne-sur-Mer, à hauteur des plages de Neufchâtel-Hardelot (Pas-de-Calais). Le drame s’est produit alors qu’une centaine de migrants tentaient de prendre la mer sur une embarcation de fortune qui n’a pas pu démarrer, a dérivé et a pris l’eau. D’où la panique à bord. Une soixantaine de personnes ont été prises en charge par la protection civile. D’autre part le corps d’un autre migrant a été découvert dans un canal à Gravelines (Nord). Cela porte à au moins 26 le nombre de morts lors de ces tentatives de traversées clandestines de la frontière franco-britannique depuis le début de l’année. Selon des associations d’entraide, plus de 500 migrants ont péri dans la Manche depuis 1999. Mais malgré le renforcement régulier des moyens français et britanniques pour empêcher ces traversées, ces départs ne faiblissent pas, bien au contraire : plus de 32 000 personnes sont parvenues à rejoindre les côtes britanniques depuis le début de l’année. Un nombre record. Londres et Paris continuent, par démagogie et sous la pression de l’extrême droite, de durcir la législation anti-migrants qui ne freine pas les traversées mais les rend toujours plus périlleuses et augmente le nombre de victimes. Solidarité avec les migrants, ouverture des frontières !

Après le Medef, c’est au tour de l’Association française des entreprises privées, qui regroupe
les 117 plus grosses sociétés du pays, de s’élever contre toute taxation supplémentaire des entreprises et de vanter « la contribution économique et sociale » du patronat à la vie du pays. Et de souligner que ses membres, qui emploient 2,1 millions de salariés en France, versent 85,1 milliards d’euros de prélèvements obligatoires et réalisent 50 % de la recherche privée française. Mais pas question de rappeler que lesdites entreprises empochent chaque année pour plus de 210 milliards de subventions publiques. Sans doute par pudeur…

Serge Halimi, le fils de Gisèle Halimi, conteste le choix de Charlotte Gainsbourg pour interpréter le rôle de sa mère dans le film qui lui est consacré et qui doit sortir courant 2026. A priori cela pourrait passer pour une anecdote ou un fait divers « people ». Ce n’est pas le cas. La position de Serge Halimi n’a rien à voir avec l’esthétique et tout avec le fait que Charlotte Gainsbourg a signé une tribune dans Le Figaro, aux côtes de l’animateur de radio Arthur et de Bernard-Henri Lévy. Le texte s’élève contre la reconnaissance de la Palestine par Macron et s’aligne sur Israël. « Ma mère aurait lu cette tribune collective avec dégoût », a dénoncé Serge Halimi auprès du média indépendant Blast, regrettant que le texte ne mentionne pas « les crimes de guerres israéliens » dans la bande de Gaza. Il rappelle notamment qu’au-delà de son combat pour le droit l’avortement, ou encore pour l’indépendance de l’Algérie et de la Tunisie, Gisèle Halimi avait toujours apporté son soutien à la cause palestinienne. Il souligne son engagement pour le Tribunal Russel sur la Palestine, fondé en 2009 pour « mobiliser les opinions publiques » sur le sort des Palestiniens et aussi sa défense comme avocate de Merwan Barghouti, membre du parti politique Fatah arrêté par Israël et emprisonné depuis le début des années 2000. Auprès du journal L’Humanité, elle avait également appelé à mettre « fin à l’occupation israélienne ». Dans ces conditions, on comprend que Serge Halimi estime que le casting choisi trahit complètement les combats et la mémoire de sa mère.

C’est Mediapart qui l’a révélé. À l’invitation de l’ambassade d’Israël à Paris, des journalistes de cinq titres de la presse hexagonale (Le Journal du dimanche, Le Figaro, La Croix, L’Express et Marianne) se sont rendus du 20 au 24 juillet dans le pays, tous frais payés (avion, hôtel, repas etc.) pour écouter des hauts gradés de l’armée récuser la responsabilité israélienne dans la famine à Gaza. « Hormis le quotidien catholique et L’Express, aucun des trois autres n’a jugé utile de préciser que leurs articles avaient été rédigés dans le cadre d’un voyage concocté par l’ambassade israélienne », signale Mediapart. Et de poursuivre : « S’agissant des articles de Marianne, du JDD et du Figaro, les récits produits sont souvent à sens unique, accordent une large place aux arguments israéliens, sans chercher à les confronter aux faits ou à d’autres sources interrogées de manière indépendante ». Et, bien entendu, aucun ne s’est rendu à Gaza dont l’État sioniste interdit, depuis le 7 octobre 2023, l’entrée aux professionnels étrangers des médias. Dans le même temps, l’armée israélienne a tué plus de 200 journalistes palestiniens. On se demande comment de tels « journalistes » peuvent encore se regarder dans la glace et avoir une carte de presse.

L’hebdomadaire d’extrême droite Valeurs actuelles va changer de propriétaires mais pas de ligne. Il était jusqu’alors propriété du milliardaire franco-libanais Iskandar Safa, décédé l’an dernier. Depuis lors, sa famille cherchait à se débarrasser du titre. Elle a finalement trouvé acquéreurs : un trio d’investisseurs dont le plus médiatisé est Pierre-Édouard Stérin, connu pour son projet Périclès qui consiste à mettre une partie de sa fortune à la disposition de l’extrême droite pour qu’elle parvienne au pouvoir dans les années qui viennent. Dans le passé il avait déjà tenté de mettre la main, sans succès, sur un autre hebdomadaire, Marianne. Soyons sûrs qu’avec lui Valeurs actuelles continuera de déverser sa haine raciste, sexiste et homophobe. C’est ce que les nouveaux propriétaires appellent sans rire « le respect de la liberté d’expression et du pluralisme ».

Le Parlement slovaque vient de voter une révision constitutionnelle réaffirmant qu’il n’existe que deux genres et réservant l’adoption aux seuls couples hétéros. Cette décision est en parfaite opposition avec les traités européens, preuve s’il en fallait de leur peu d’effet. Également dans le viseur du gouvernement réactionnaire, l’impossibilité pour les personnes intersexes, donc dont les traits biologiques ne collent vraiment avec aucune des deux cases, d’échapper à des traitements ou chirurgies pour correspondre à une norme qui, visiblement, n’a rien de naturel. Une attaque réactionnaire de plus bien dans l’air du temps.

Le militant écologiste Paul Watson, détenu au Groenland pendant cinq mois pour son combat contre la pêche à la baleine, a vu sa demande d’asile politique refusée par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra). Le fondateur de nationalité américaine et canadienne de l’ONG Sea Sheperd, avait été arrêté le 21 juillet 2024 à Nuuk, capitale du Groenland, après la relance d’une demande émise par le Japon en 2012 via une notice rouge d’Interpol. Le Japon l’accusait de conspiration pour l’abordage d’un navire baleinier nippon, d’obstruction à la pêche et de blessures infligées à un marin en 2010. En octobre 2024, il avait adressé une lettre manuscrite à Emmanuel Macron pour demander l’asile politique en France expliquant être sous la menace permanente d’une extradition vers le Japon. Mais l’Ofpra a rejeté sa demande jugeant que les craintes de Paul Watson d’une extradition vers le Japon « s’avèrent insuffisantes ». Ses opinions sont certes malthusiennes et sa connivence avec l’extrême droite détestable, mais qui a dit que notre beau pays était une terre d’asile ?

Dans le but affiché de concurrencer Elon Musk et son système de satellites Starlink, les dirigeants d’Airbus (groupe franco-germano-espagnol), du français Thales et de l’Italien Leornado envisagent de fusionner leurs activités satellites. Si cette fusion arrive à son terme elle donnera naissance à un géant européen des satellites, baptisé Bromo, qui affichera plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et une valorisation proche de 10 milliards d’euros. Mais, revers de la médaille, comme l’indique un rapport de la commission de la Défense nationale publié en mai dernier, « la fusion entraînera très probablement une nouvelle vague de suppressions de postes, voire la disparition d’un site français ». Et comme l’analyse Thomas Meynadier, représentant CGT chez Thales Alenia Space : « Si l’objectif était vraiment de concurrencer Starlink, on y intégrerait aussi Ariane, des opérateurs comme SES ou Eutelsat, voire STMicroelectronics pour les composants. En réalité, la fusion vise surtout à gonfler les marges d’un secteur moins rentable que les activités militaires. » C’est encore une fois au nom du profit que plusieurs centaines de salariés risquent de se retrouver sur le carreau.