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Brèves

L’actualité en bref

La Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), citée par le média en ligne Les Jours, soupçonne neuf candidats du Rassemblement national aux législatives de 2024 en Nouvelle-Aquitaine d’avoir tenté de se faire rembourser des frais kilométriques exorbitants par l’État, soit au total 79 000 euros. À eux neuf, ils déclarent ainsi avoir parcouru une distance équivalente à trois fois le tour de la terre, le tout en seulement trois semaines de campagne. L’une a sollicité un remboursement pour des déplacements effectués aux mêmes dates et à la même heure dans deux circonscriptions différentes. Une autre aurait parcouru plus de 6 500 kilomètres en onze jours pour des collages d’affiche, sans être capable de produire une seule affiche. Un troisième a demandé le remboursement de frais kilométriques hors de sa circonscription. Quant à un quatrième il ne peut présenter aucun justificatif. Après la condamnation de Marine Le Pen et de 23 ex-membres du Front National pour détournement de fonds publics le 31 mars dernier, le Rassemblement national se montre digne de son prédécesseur dans les magouilles. L’extrême droite n’est pas encore au pouvoir mais elle cherche déjà à se mettre plein les poches d’argent public.

L’OMS et l’Unicef, les agences des Nations unies chargées de la santé et de l’enfance, estiment qu’une personne sur quatre dans le monde (soit environ 2 milliards de personnes) n’avait pas, en 2024, accès à une eau potable gérée de manière sûre, et que plus de 100 millions de personnes dépendaient encore de l’eau de surface, provenant par exemple de rivières, d’étangs et de canaux, souvent pollués. Les deux agences considèrent aussi que l’objectif d’un accès universel à l’eau potable en 2030 est encore loin d’être atteint. Au contraire, cette ambition devient « de plus en plus hors de portée », selon elles. L’an dernier, seuls 89 pays (sur 195) disposaient d’un service de base d’alimentation en eau potable, parmi lesquels 31 bénéficiaient d’un accès universel à ce service géré de manière sûre. Les 28 pays dans lesquels une personne sur quatre n’avait pas toujours pas accès aux services de base étaient principalement concentrés en Afrique et étaient parmi les plus pauvres. Un peu partout sur la planète on trouve de l’argent pour la guerre, mais pas pour aider les plus nécessiteux.

Selon le média indépendant israélien +972 Magazine, l’armée israélienne utilise une unité secrète pour façonner le discours autour de Gaza, présentant les reporters palestiniens comme des agents du Hamas afin de justifier leurs assassinats. « La tâche principale de la “cellule de légitimation” est de discréditer le travail des journalistes palestiniens et de fournir une excuse pour les tuer », explique le politologue israélien Ahron Bregman. Cette cellule surveille aussi les reportages provenant de Gaza et diffuse des contre-discours sur les réseaux sociaux et les ondes internationales, souvent repris tels quels par les médias. Un bourrage de crâne qui, venant du gouvernement israélien, ne peut étonner, lui qui, dans le même temps, interdit à tout journaliste étranger d’entrer dans le territoire palestinien. Rappelons qu’environ 200 journalistes ont été tués en près de deux ans de guerre, faisant de Gaza le conflit le plus meurtrier pour cette profession dans l’histoire moderne.

La justice grecque n’a pas autorisé l’expulsion de quatre ressortissants soudanais du pays, après un recours en référé d’une ONG, le Conseil grec pour les réfugiés (GCR), contre une récente loi du gouvernement grec qui suspend pour trois mois le droit d’asile pour les migrants arrivant à bord de bateaux en provenance des pays d’Afrique du Nord. Cette loi avait été condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. Plus de 10 000 migrants ont débarqué en Crète et à Gavdos, petite île située à proximité, depuis le début de l’année 2025, contre 4 935 en 2024, selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Près de 27 % des exilés arrivant par cette route sont des ressortissants soudanais tandis que 47 % sont Égyptiens. Le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis, arrivé au pouvoir en 2019, ne cesse de durcir sa politique migratoire à l’unisson des autres membres de l’Union européenne. Dans le passé, Mitsotakis avait déjà été épinglé pour avoir expulsé clandestinement et illégalement vers la Turquie des migrants arrivés en Grèce.

François Bayrou a annoncé qu’il allait engager le 8 septembre la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée nationale réunie en session extraordinaire. Une façon de tenter de faire passer en force son projet de budget, deux jours avant le déclenchement du mouvement de blocage du pays. Dans le même temps, selon les sondages, le nombre de personnes hostiles à ce budget ne cesse d’augmenter. Ils étaient 79 % début août dans une enquête réalisée par YouGov pour le Huffpost. Ils sont désormais 83 % dans un sondage Odoxa réalisé pour Le Parisien. En outre, 80 % considèrent que la suppression de deux jours fériés est un « impôt déguisé », quand 66 % « ne voient pas le rapport entre le fait de travailler plus et l’amélioration de la dette et des déficits de la France ». Quelles que soient les arrière-pensées et les calculs de Macron et Bayrou, notre perspective de travailleurs ne réside pas dans ces péripéties institutionnelles, mais dans la lutte résolue pour nos revendications, à commencer par le 10 septembre.

L’Ocean Viking, navire ambulance affrété par l’ONG SOS Méditerranée pour secourir les migrants en mer, a été la cible d’une attaque menée par des garde-côtes libyens alors qu’il réalisait une opération de sauvetage dans les eaux internationales. Les gardes-côtes ont ouvert le feu pendant plus de vingt minutes contre le bâtiment à bord duquel se trouvaient, outre l’équipage, 87 personnes qui venaient d’être secourues. « Ce n’est pas un acte isolé », insiste l’ONG, qui pointe « un long passé de comportements irresponsables » et de « mépris total pour le droit maritime international » des garde-côtes libyens. Elle déplore également un soutien des États européens au service libyen des garde-côtes, avec « l’Italie en première ligne ». Là encore, l’Union européenne sous-traite à la Libye, et à d’autres États de la région, le sale boulot de se débarrasser des migrants.

Malgré l’interdiction de la police, plus de 3 000 manifestants se sont retrouvés le week-end dernier sur la place Habima de Tel Aviv. Organisé conjointement par la Coalition pour la paix et le Haut Comité de suivi des citoyens arabes d’Israël, le rassemblement avait comme objectif de dire non « à la guerre d’extermination et de famine ». À l’issue de la manifestation, Mohammad Barakeh, président du Haut Comité de suivi, a déclaré : « L’organisation de ce rassemblement à Tel Aviv est importante pour que les Israéliens juifs prennent également conscience de ce qui se passe à Gaza en leur nom. » Une prise de conscience qui progresse lentement alors que le génocide se poursuit.

Depuis des mois, les salariés de Radio France sont confrontés à des économies budgétaires imposées au détriment de la qualité des programmes. Les rapprochements imposés entre les rédactions d’Ici (ex-réseau France Bleu) et les équipes télévisées de France 3 en région se sont notamment traduits par la suppression de certaines émissions et font peser une menace sur l’emploi. Par exemple, la radio Mouv’ doit devenir en cette rentrée « 100 % musicale et 100 % digitale ». Ne resteront en poste que deux salariés, dans cette radio expérimentale, née voici 28 ans. L’intersyndicale CGT-CFDT-SNJ-FO-Unsa indique que « pour l’heure, la direction refuse la moindre concession ou de revenir sur les projets les plus néfastes pour les équipes et les antennes ». D’où l’appel à la grève illimitée. La dernière fois qu’un tel mouvement avait été lancé, c’était en juin dernier au moment du passage en force de Rachida Dati pour la loi sur l’audiovisuel public.

Alors que les vacances scolaires se terminent, l’Unapei, un réseau de 38 associations représentant des personnes avec des handicaps intellectuels et cognitifs et leur famille, alerte sur l’accompagnement insuffisant, voire parfois inexistant, à l’école de milliers d’enfants porteurs d’un handicap. Leur rentrée ne se fera pas dans de bonnes conditions. L’an dernier 519 000 enfants handicapés étaient scolarisés à l’école ordinaire et plusieurs milliers d’autres en instituts médicaux éducatifs. Pour beaucoup la scolarisation se résumait à moins de douze heures d’école par semaine. Dans le détail, 13 % de ces enfants n’ont eu aucune heure de scolarisation, 38 % moins de six heures par semaine, 30 % entre six et douze heures et 19 % seulement ont plus de douze heures. De plus, 4 410 enfants sont toujours sur liste d’attente pour obtenir une place en institut médico-éducatif. En attendant, ils sont « soit chez eux, soit scolarisés par défaut dans une école ordinaire », selon la vice-présidente de l’Unapei, Sonia Ahehehinnou. Et, faute de crédits, l’Éducation nationale laisse faire.