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Brèves

L’actualité en bref

Alors que le carnage continue à Gaza, l’Union européenne, premier partenaire commercial de l’État sioniste, a annoncé par la voix d’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, qu’elle envisageait de suspendre « partiellement » l’accord d’association UE-Israël. Cette suspension ne concernerait que 37 % des échanges, principalement ceux concernant les importations de produits agricoles comme les dates et les noix. Mais les produits à forte valeur ajoutée – comme les médicaments ou les articles de haute technologie – ne seraient pas concernés. En outre des ministres israéliens et des colons « extrémistes » seraient interdits sur le sol européen. Mais attention rien n’est fait. La suspension de l’accord commercial nécessite en effet une majorité qualifiée (15 États membres représentant 65 % de la population de l’UE) pour être adoptée et les sanctions contre les personnes l’unanimité des 27 États membres. Autant dire que Netanyahou n’a pas trop de mauvais sang à se faire de ce côté-là. Le génocide se poursuit et l’Union européenne continue de se croiser les bras.

La pétition lancée par le très réac Philippe de Villiers pour demander un référendum sur l’immigration aurait, parait-il, dépassé 1,6 million de signatures. Des chiffres absolument invérifiables, de nombreux journalistes d’investigation ayant montré que la même personne pouvait la signer des centaines de fois sans être détectée. Mais elle apparait de plus en plus comme une vaste opération médiatique lancée par le groupe Lagardère, Media News, maison mère des médias appartenant au milliardaire breton d’extrême droite Vincent Bolloré. Tous les titres qu’il contrôle – dans la presse écrite, télévisée et radio – invitent les lecteurs, téléspectateurs et auditeurs à la signer. Mieux, celles et ceux qui signent sont invités à cocher une case qui indique : « Je consens à ce que Philippe de Villiers communique mon adresse e-mail à la société Lagardère Media News afin qu’elle m’adresse des informations, offres, bons plans et avantages promotionnels pour les titres JDD et JDNews. » Bref, la pétition est surtout une opération de communication de Bolloré et compagnie.

Lors d’un échange avec des journalistes la présidente « socialiste » de la région Occitane, Carole Delga, a déclaré qu’à son avis Mélenchon « fait plus peur » que Marine Le Pen « sauf en Seine-Saint-Denis ». De là à penser que les habitantes et habitants de ce département le plus pauvre de la Métropole sont des veaux, il n’y a qu’un pas. Sa déclaration a provoqué des protestations indignées de La France insoumise qui a estimé, avec quelque raison, qu’elle « stigmatise les habitants des quartiers populaires […] perçus comme “étrangers” au reste de la population ». Mais il y a eu aussi des réactions au sein de sa propre formation où le président PS du 93, Stéphane Troussel a jugé que les propos de Delga « banalisent l’extrême droite » et « stigmatisent tout un territoire et ses habitants ». Venant d’une figure de proue d’un parti qui se veut de gauche cela la fiche plutôt mal.

Il y a huit ans, le journaliste Guillaume Coudray publiait un livre, Cochonneries. Comment la charcuterie est devenue un poison, sur le présence de nitrite dans le jambon et autres cochonnailles. Cet additif, utilisé pour faciliter la conservation des aliments, augmente, chez les consommateurs, les risques de cancer colorectal mais aussi de diabète et d’hypertension. Coudray récidive en dénonçant cette fois la présence d’un dérivé du pétrole, l’hexane, un solvant neurotoxique, dans les huiles de consommation courante. Dans son nouveau livre, De l’essence dans nos assiettes. Enquête sur un secret bien huilé, il montre du doigt l’hexane, un hydrocarbure massivement utilisé dans l’industrie pour l’extraction d’huile à partir de diverses graines (soja, arachide, colza, etc.). De plus les restes de graines, présentant également des traces d’hexane, sont utilisés dans l’alimentation animale. Or, la toxicité de ce solvant est connue depuis cinquante ans et peut être responsable de pathologies comme la maladie de Parkinson et la sclérose en plaques. Face à ce nouveau scandale, dénoncé par le quotidien Libération dès octobre 2024, les autorités sanitaires ne semblent pas pressées d’agir.

L’association de consommateurs UFC-Que Choisir vient de dénoncer dans son dernier rapport, intitulé Industrie pharmaceutique sous tensions, l’accès aux soins menacé, les tarifs exorbitants, les marges colossales et les superprofits de l’industrie pharmaceutique. Elle souligne notamment « les dérives d’un modèle pharmaceutique insoutenable » et met en lumière les mécanismes qui ont permis, par exemple, au Keytruda, l’anticancéreux du laboratoire Merck, de devenir le médicament le plus profitable du monde. Ce médicament coûte jusqu’à 70 000 euros par an et par patient, avec un prix public de 2 000 euros le flacon. Son remboursement a coûté plus de 2 milliards d’euros en 2024 à l’Assurance maladie, soit 5,2 % des dépenses de médicaments remboursables. Les remises négociées entre l’État et les industriels sont gardées secrètes. Des analyses indépendantes estiment qu’un prix équitable du Keytruda pourrait se situer autour de 885 euros, très loin des montants actuellement facturés. Ponctionner les profits de Big Pharma (Merck a réalisé un bénéfice net de 2,777 milliards d’euros en 2024) serait un premier pas vers l’équilibre des comptes de la Sécu.

Ali Rabeh, le maire de gauche (Génération.s) de la cité, n’a jamais caché sa sympathie pour la cause palestinienne. C’est pourquoi, depuis juin 2024, il a fait installer au fronton de sa mairie une banderole qui affirme : « Trappes solidaire avec Gaza, pour une paix juste et durable ». De plus, il a fait jumeler la ville avec le camp de réfugiés d’Al-Fawwar, au sud d’Hébron, en Cisjordanie. Le ministre de l’Intérieur menace de le poursuivre devant la justice administrative. Réaction de l’édile : « On peut censurer une banderole, mais on ne peut pas bâillonner une ville engagée pour la paix et la dignité humaine. » Bien dit !

Le National Institute of Justice, la branche du ministère du même nom dédiée à la recherche, avait publié sur son site un document soulignant que « les radicaux d’extrême droite ont commis beaucoup plus de meurtres motivés par l’idéologie que les radicaux d’extrême gauche ou les islamistes radicaux » de 1990 à aujourd’hui. Une affirmation qui contredisait celle de Trump qui, après l’assassinat de Charles Kirk, avait affirmé que c’est « la gauche radicale » qui alimentait la violence politique dans le pays. Le président américain a donc fait disparaître cette étude purement et simplement. C’est un habitué de ce genre d’attitudes qui illustre le vieil adage : « Si la température ne vous convient pas, cassez le thermomètre ! »

Trois associations – France Nature environnement, Consommation, logement et cadre de vie et l’ONG anglo-saxonne ClientEarth – ont déposé un recours pour inaction contre l’État devant le tribunal administratif de Paris. Elles l’accusent d’avoir fermé les yeux sur le scandale dit du « Dieselgate » qui avait éclaté en 2015 lorsque l’on avait découvert que des constructeurs du secteur automobile, Volkswagen en tête mais aussi Peugeot et Citroën, trichaient sur le niveau réel de pollution des moteurs diesel qui équipaient leurs véhicules. Ces associations reprochent aux autorités leur inaction dans la gestion de ce scandale, avec notamment l’absence de rappels massifs pour la plupart des modèles de véhicule à moteur diesel concernés qui ont donc continué à rouler et à polluer. Mais obliger les constructeurs à modifier 2,5 millions de véhicules pour les mettre aux normes aurait coûté très cher. L’État a donc préféré fermer les yeux pour ne pas toucher les industriels aux portefeuilles. Et au diable la pollution !

Dans deux jugements différents rendus les 2 et 16 septembre la Cour de cassation a confirmé des condamnations définitives d’Éric Zemmour pour « provocation publique à la haine ou à la violence » et « injure publique à raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion ». En 2018 il avait qualifié « d’insulte à la France » le prénom de l’ancienne chroniqueuse de C8, Hapsatou Sy, qui est d’origine sénégalaise. L’année suivante, lors d’une convention de la droite, il avait accusé les immigrés d’être des « colonisateurs » et décrit le voile et la djellaba comme les « uniformes d’une armée d’occupation ». Malgré ces condamnations, qui ne sont que les dernières en date, Zemmour va continuer de sévir et de répandre son poison raciste, notamment dans les médias Bolloré où il est toujours le bienvenu et où on lui sert la soupe. L’alliance entre le facho et le milliardaire fonctionne à fond.