Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

C’est le collectif Les Morts de la rue qui le précise. L’an dernier, 855 SDF sont morts faute d’abris adéquats. Et pas de vieillesse puisqu’ils avaient en moyenne 48 ans. Comme l’indique le Collectif : « Ces personnes sont mortes sur la voie publique, dans des abris de fortune tels qu’un parking, une cage d’escalier, une cabane de chantier ou dans le métro. » Un sur cinq a connu une mort violente due à une agression ou à un accident. En juillet 2017, Macron avait promis que personne ne serait plus à la rue à la fin de cette année-là. Neuf ans plus tard, on en est loin puisqu’on estime à 350 000 les personnes sans abri ou vivant dans des conditions précaires. Alors même qu’il y a des millions de logements libres et vacants. Mais pas question pour nos gouvernants de toucher à la sacro-sainte propriété privée…

Emmanuel Macron, à la manœuvre avec Bruno Retailleau, a présidé un Conseil de défense et de sécurité nationale consacré à « l’entrisme » des Frères musulmans dans la société. Cette supposée menace toucherait, selon le rapport officiel publié à cette occasion, « 7 % des 2800 lieux de culte musulman répertoriés ». Ce qui n’empêche pas Retailleau d’affirmer sans rire, et en reprenant le vocabulaire de l’extrême droite, que cela constitue « une menace très claire vis-à-vis de la République, une menace sur la cohésion nationale » voire « de submersion dont l’objectif ultime est de faire basculer toute la société française dans la charia ». Pour ne pas être en reste, Gabriel Attal, chef du parti macroniste Renaissance, a affirmé de son côté que sa formation allait défendre l’interdiction du port du voile dans les lieux publics pour les mineures de moins de 15 ans. Taper un jour sur les immigrés, le lendemain sur les musulmans et le surlendemain sur les deux est devenu une pratique courante de la droite qui pique désormais sans vergogne les idées nauséabondes des Le Pen, Bardella et autre Zemmour.

Une femme et un enfant sont décédés au large de Calais dans la nuit de mardi à mercredi en tentant de traverser la Manche clandestinement. Ils étaient à bord d’un canot clandestin transportant 85 personnes qui s’est retrouvé en difficulté. Dix autres passagers ont été pris en charge par les secours et l’embarcation a ensuite continué sa route vers les côtes anglaises. Au moins 15 personnes sont mortes dans les mêmes conditions depuis le début de l’année et 78 en 2024. Pour arrêter ce décompte macabre il faut ouvrir les frontières sans condition à tous les migrants.

Une quinzaine d’associations européennes de consommateurs, dont l’UFC-Que choisir et la Confédération de la consommation, du logement et du cadre de vie (CLCV) pour la France, ont demandé à la Commission européenne de lancer une enquête sur la politique de facturation des bagages à main de sept compagnies aériennes à bas coût. Easyjet, Norvegian, Ryanair, Transavia, Volotea, Vueling et Wizzair « facturent des frais indus aux consommateurs », dénonce dans un communiqué l’UFC-Que choisir. Et ces sept compagnies imposent des frais pour des bagages à main de taille raisonnable mais qu’elles considèrent comme « de grande taille » : 36 euros pour Ryanair, près de 43 euros pour EasyJet, voire jusqu’à 280 euros pour Vueling. Chaque compagnie fixe non seulement le montant des amendes à payer mais également la taille des bagages acceptés. Un véritable racket. Reste à savoir l’efficacité d’une telle action juridique. Dans le passé, des amendes importantes ont été infligées à plusieurs compagnies espagnoles pour facturation abusive, mais malgré tout ces pratiques ont persisté. Business is business.

C’est le site Capjpo-Europalestine qui nous l’apprend. Sept chercheurs renommés pour leurs travaux sur les génocides – venant d’Israël, des Pays-Bas, des États-Unis, du Royaume-Uni, d’Australie, de Croatie et du Canada – ont été interrogés par le quotidien néerlandais NRC Handelsblad qui leur a demandé si les actions israéliennes contre le peuple palestinien constituaient bien un génocide. Et tous sont unanimes pour qualifier ce massacre comme tel. Le chercheur israélien Raz Segal a notamment déclaré : « Puis-je citer quelqu’un dont je respecte le travail et qui ne pense pas qu’il s’agisse d’un génocide ? Non, il n’existe aucun contre-argument prenant en compte toutes les preuves. » Interrogé récemment sur cette question, Macron avait botté en touche en refusant de se prononcer. C’est être à la fois faux-cul et… complice.

Le procès du chirurgien Joël Le Scouarnec, accusé de viols et d’agressions sexuelles sur 299 victimes, en grande majorité mineures, se poursuit devant la cour criminelle du Morbihan. Un procès qui a mis en lumière que dans le milieu médical beaucoup de monde avait couvert le médecin pédophile malgré le fait qu’il avait été condamné en 2005 pour possession d’images pédopornographiques. Au courant de sa condamnation, l’Ordre des médecins du Finistère, la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales du même département et l’Agence régionale de santé de Bretagne n’avaient pas bougé le petit doigt lorsque Le Scouarnec avait été titularisé l’année suivante à la tête du service de chirurgie de l’hôpital de Quimperlé (Finistère) où il avait continué ses activités prédatrices. Un procès qui révèle l’esprit de caste, l’entre-soi et l’omerta qui règnent dans une partie du milieu médical et qui peuvent conduire à couvrir des comportements criminels.

La proposition de loi de Gabriel Attal pour durcir la justice des mineurs a définitivement
été adoptée par le Parlement après un ultime vote du Sénat. Soutenue par la droite et l’extrême droite, elle abolit le principe qui prévalait jusqu’alors : la primauté de l’éducation sur la répression. Désormais un mineur sera jugé comme adulte dès 16 ans et pourra être présenté en comparution immédiate, une justice expéditive où les droits de la défense sont minimes. Cela ne changera rien quant à la diminution de la délinquance chez les jeunes, mais il est toujours plus économique d’embaucher des matons plutôt que de former des éducateurs et des enseignants.

C’est à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine, que vient s’ouvrir le procès de Daniel Chapelier, ex-directeur du très huppé établissement d’enseignement catholique Saint-Jean-de-Passy, dans le 16e arrondissement de Paris, et qui avait également officié à la tête du lycée-collège Stanislas, connu pour ses dérives sexistes et homophobes. Sa carrière s’est terminée en 2021 lorsqu’il été accusé d’avoir agressé sexuellement un élève de 14 ans. Pour sa défense il pourra toujours faire citer comme témoin de moralité François Bayrou, qui viendra affirmer à la barre qu’en fait il ne s’est rien passer. La preuve : il n’était pas au courant.

Lors du sommet « Choose France », qui réunissait au château de Versailles 200 patrons de multi-nationales à l’invitation d’Emmanuel Macron, ce dernier a expliqué qu’à l’instar du chancelier allemand Friedrich Merz, il se battait pour demander la suppression pure et simple de la directive européenne sur le devoir de vigilance. Cette directive demande aux entreprises, et notamment aux plus importantes d’entre elles, de veiller dans toute leur chaine de production, et notamment chez leurs fournisseurs, au respect des droits en matière de salaire, d’horaires, de sécurité au travail et de défense de l’environnement. Elle est, dans les faits, très souvent ignorée par les grands donneurs d’ordre qui ne veulent, pour rien au monde, entraver leur profitabilité. Mais c’est encore trop pour Macron qui veut la voir purement et simplement disparaitre. Et rétablir l’esclavage ?