Au moment même où les incendies ravagent de nombreuses régions françaises et que l’on manque cruellement de pompiers, Mediapart publie un reportage qui montre que tous les profils ne sont pas forcément les bienvenus dans les casernes. Il cite l’exemple de Mohamed El Mimouni qui est sapeur-pompier volontaire depuis vingt-cinq ans, une longue période durant laquelle il a du subir toutes sortes de discrimination. Il commence sa carrière en 1997 en Seine-et-Marne où, explique-t-il, « au départ, je me suis fait tout petit. Les agressions verbales racistes, je les laissais passer. » Il s’installe dix ans plus tard dans l’Orme où, pendant deux ans, le chef de centre ne donne pas de réponse à sa candidature. Et il affirme à ses hommes, dont quatre ont témoigné par la suite pour l’enquête interne du service départemental d’incendie et de secours (Sdis) et lors de la procédure judiciaire : « Il n’y aura pas un Arabe dans ma caserne » Et ce n’est pas un cas isolé. Plusieurs plaintes et signalement ont mis en lumière un problème de racisme systémique au sein des pompiers à l’égard notamment de ceux d’origine maghrébine. Mais pas seulement. Lors d’une intervention à Lannion, dans les Côtes d’Armor un pompier d’origine camerounaise avait été victime d’injures et de menaces en raison de la couleur de sa peau. Et généralement la hiérarchie laisse faire laissant se développer un climat raciste nauséabond.