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Brèves

L’actualité en bref

Alors que l’armée israélienne continue de massacrer les journalistes palestiniens (selon les sources entre 80 et 120 auraient perdu la vie à Gaza er en Cisjordanie), Reporters solidaires et l’ARIJ (Reporters arabes pour un journalisme d’investigation) organisent dimanche 18 février une manifestation de soutien en leur faveur. L’ARIJ utilise les fonds récoltés pour le remplacement des équipements (caméras, ordinateurs portables, téléphones…) de ses confrères, ainsi que pour leur procurer des produits de base : nourriture, vêtements, couvertures, etc. Cet évènement, qui se voudra tout à la fois solidaire, informatif et festif, se déroulera à l’espace « Le Hasard Ludique » dans le 18e arrondissement de 17 à 20 heures 30. Au programme : projections, discussions, poésie, musique, dabked (danse), expositions, etc. Entrée : 5 euros (en espèce uniquement).
Le Hasard Ludique, 128 avenue de Saint-Ouen. Métros : porte de Saint-Ouen et Guy Môquet.

La cour d’appel de Paris a condamné l’ancien président Sarkozy à un an de prison, dont six mois avec sursis, dans l’affaire Bygmalion concernant ses dépenses dans la campagne présidentielle de 2012. Les investigations avaient révélé que pour masquer l’explosion des frais de sa campagne – près de 43 millions d’euros pour un maximum autorisé de 22,5 millions – un système de double facturation avait été mis en place imputant ces dépenses à son ancien parti, l’Union pour un mouvement populaire (UMP), sous couvert de conventions fictives. Mais il ne va pas aller en prison. Car d’une part il a été statué qu’il pourrait purger sa peine à domicile, d’autre part son avocat a aussitôt porté l’affaire en cassation, ce qui suspend l’exécution de la peine. L’an prochain, il doit comparaitre dans un autre dossier, celui du financement libyen dont il aurait bénéficié en 2007. Mais il n’a pas trop de mauvais sang à se faire. Car la justice de ce pays, supposée être la même pour tous, envoie plus facilement un SDF derrière les barreaux qu’un ex-président de la République.

Après plusieurs débrayages pourtant réussis, la grève dans les technicentres n’aura finalement pas eu lieu. En cause, la levée du préavis de grève par la fédération SUD-Rail. Certes, des revalorisations du travail de nuit et une prime de 75 euros mensuels ont été obtenues en échange, mais cette dernière ne concerne que les technicentres TGV. La direction a dû faire quelques concessions, très insuffisantes, face à la pression imposée par toutes celles et tous ceux qui s’apprêtaient à faire grève. Si elle l’a fait, c’était de peur de perdre beaucoup plus. Pour cela il aurait fallu faire véritablement grève et construire le rapport de force indépendamment des calculs des appareils syndicaux. Ce n’est que partie remise, la contestation sur les salaires se poursuit dans d’autres métiers.

… d’après le bulletin SNCF Paris Sud-Ouest

Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, a déclaré solennellement : « Il est affligeant de voir des gouvernements dépenser sans compter dans l’armement, tout en réduisant en peau de chagrin les budgets consacrés à la sécurité alimentaire, à l’action climatique et au développement durable en général. » On peut difficilement lui donner tort sur ce triste constat. Sauf qu’il l’a fait devant les membres du Conseil de sécurité, qui compte dans ses rangs certains des États de la planète qui, depuis toujours, « dépensent sans compter pour l’armement », notamment les États-Unis, la Chine, la France, la Russie, la Grande-Bretagne, etc. Il leur a lancé « Il est temps d’agir » en sachant parfaitement qu’il ne serait pas suivi. Et pour cause. Les grands États qui dominent le monde ne sont pas disposés à se faire hara-kiri et avec eux on peut être sûr que la planète continuera à connaitre les guerres, les famines et le sous-développement. À croire que Guterres découvre, ou fait semblant de découvrir, ce qu’est le capitalisme.

Une preuve supplémentaire de la mégalomanie de Poutine : les autorités russes viennent de lancer des « avis de recherche » contre au moins trois responsables des pays baltes, dont la Première ministre estonienne Kaja Kallase, et trois Polonais, pour falsification de l’Histoire. « Ces gens sont responsables de décisions qui sont de facto une insulte à l’Histoire, ce sont des gens qui mènent des actions hostiles contre la mémoire historique, contre notre pays », a dénoncé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. Parmi les gens visés, le responsable polonais de l’Institut national de la mémoire, Karol Nawrocki. En résumé les pays baltes et la Pologne estiment avoir été occupés par l’Union soviétique alors que le Kremlin affirme qu’il s’agissait d’une « libération » et juge toute autre approche comme une « falsification de l’Histoire », un crime puni par la législation russe. Alors bien sûr, il y a peu de chance que ceux qui font l’objet d’avis de recherche soient inquiétés… à moins qu’ils aient la mauvaise idée de mettre le pied en Russie. Ce qui est peu probable. Mais Poutine utilise cette menace pour flatter le nationalisme de son opinion publique et lui suggérer qu’il n’a pas renoncé à faire rentrer ces pays dans le giron russe.

Huit associations environnementales (Alerte des médecins sur les pesticides, Fondation pour la nature et l’homme, France nature environnement, Générations futures, Humanité et biodiversité, Ligue de protection des oiseaux, Réseau environnement santé, WWF France) ont claqué la porte de la réunion du Comité d’orientation stratégique consacré au plan Écophyto, supposé définir la stratégie publique de réduction de l’usage des produits phytopharmaceutiques à l’horizon 2030. Mais, en pleine crise agricole, Gabriel Attal avait suspendu le plan sans consulter les membres dudit Conseil qui comprend les représentants du secteur agricole, les associations, les collectivités, et les instituts scientifiques. « On n’avait pas de raison de participer à cette réunion qui pour nous était une mascarade, alors même que les décisions avaient déjà été annoncées par le Premier ministre », a résumé, François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures. Et de rappeler que « le vrai problème des agriculteurs, ce n’est pas ce plan qui vise à réduire de 50 % l’usage des pesticides, mais bien l’absence d’une juste rémunération, les importations non soumises aux normes européennes, les effets du changement climatique, etc. Faire d’Écophyto un bouc émissaire pour calmer la crise, c’est faire de la santé publique – à commencer par la santé des agriculteurs – et de la biodiversité, les victimes collatérales d’une crise qui est d’abord économique et sociale », mais aussi et surtout celle du système capitaliste.

Interrogé sur France 2 sur l’article de L’Humanité montrant que plus de la moitié des ministres du gouvernement Attal sont des millionnaires, le nouveau ministre de la Santé, Frédéric Valletoux, a déclaré qu’il ne voyait pas où était le problème. Son raisonnement : ce sont des ultra-riches mais ancrés dans la réalité. Une réalité quotidienne qui pourtant n’a rien à voir avec celle des migrants, des demandeurs d’emplois, des mal logés, des smicards ou des patients sur listes d’attente des hôpitaux. La « réalité » dont il parle, c’est celle des conseils d’administration, des dîners en ville et des voyages en jets privés. Un autre monde, celui des exploiteurs.

Le Conseil d’État a demandé à l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom), le régulateur des médias, de renforcer son contrôle sur la chaîne d’information CNews, propriété du milliardaire Vincent Bolloré, à la suite d’un recours de l’ONG Reporters sans frontières (RSF). « Le Conseil d’État juge que, pour apprécier le respect par une chaîne de télévision, quelle qu’elle soit, du pluralisme de l’information, l’Arcom doit prendre en compte la diversité des courants de pensée et d’opinions représentés par l’ensemble des participants aux programmes diffusés, y compris les chroniqueurs, animateurs et invités, et pas uniquement le temps d’intervention des personnalités politiques », indique un communiqué de la plus haute autorité administrative. Ce qui fait dire à Christophe Deloiré, le secrétaire général de Reporters sans frontières : « C’est une grande victoire pour RSF mais surtout une décision historique pour la démocratie et le journalisme. » C’est aller un peu vite en besogne. Tant que les médias, sous toutes leurs formes, seront largement contrôlés par des capitalistes, la liberté d’informer restera aléatoire et soumise au bon vouloir d’un petit nombre de patrons de presse.

Les garde-côtes tunisiens ont annoncé la disparition en mer de 17 Tunisiens, candidats à l’émigration, partis clandestinement il y a une semaine depuis la zone de Bizerte, dans le nord du pays, pour tenter de rejoindre l’Italie. Des familles de ces disparus ont manifesté dans le centre de Bizerte pour exiger que les autorités recherchent leurs proches. Déjà, la semaine dernière, les autorités avaient annoncé le naufrage d’une embarcation de fortune devant les côtes de Sfax, au centre du pays, dans lequel avaient péri 13 ressortissants soudanais tandis que 27 autres étaient portés disparus. L’hécatombe continue. D’après l’Organisation internationale pour les migrations, plus de 2 498 personnes sont mortes ou ont disparu en 2023 en Méditerranée centrale en tentant de rallier clandestinement l’Europe, soit 75 % de plus qu’en 2022. Et pendant ce temps, l’Union européenne, insensible à ces drames, continue de se barricader derrière ses frontières.