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Brèves

L’actualité en bref

On pensait que les choses s’étaient un peu calmées après la pandémie de Covid-19. Mais l’accalmie a été de courte durée. Depuis quelques semaines, certaines stations de radio et de télévision recommencent à répandre des doutes sur l’efficacité de la vaccination, allant même jusqu’à affirmer qu’elle pouvait s’avérer mortelle. Elles invitent sur leur plateau le professeur Didier Raoult, pourtant disqualifié dans l’affaire de l’hydroxychloroquine. Sur les réseaux sociaux, les chercheurs et autres scientifiques sont vilipendés, voire menacés de mort alors que sont mis en avant des « remèdes miracles » farfelus. À tel point que la Société française de pharmacologie et l’Ordre des médecins ont lancé des appels aux pouvoirs publics pour intervenir alors que les représentants des sociétés savantes et des organisations de médecins publiaient à ce propos une tribune dans L’Express. Il est malgré tout symptomatique d’une société malade qu’en plein 21e siècle on utilise les moyens de communication les plus sophistiqués pour diffuser des idées rétrogrades tout droit sorties du Moyen Âge.

Selon une enquête du Monde et de la cellule investigation de Radio France, Nestlé et d’autres industriels ont caché au public que l’eau qu’ils pompaient était contaminée. Pour continuer de la mettre en bouteille, ils ont eu recours à des systèmes de purification interdits. 30 % des marques seraient concernées. Le gouvernement, mis au courant dès 2021 des pratiques interdites de Nestlé, a assoupli la réglementation nationale, passant outre les directives européennes, pour permettre à la multinationale suisse de continuer ses activités en toute tranquillité. Bien plus, il a refusé de rendre publique une étude accablante de l’Inspection générale des affaires sociales sur le sujet car « ce rapport contient des données relevant du secret des affaires. » Business d’abord, santé ensuite.

Comme on l’a vu ces derniers jours, les différents courants politiques de droite et d’extrême droite essaient de récupérer le mécontentement des agriculteurs en multipliant les annonces supposées les brosser dans le sens du point. Dernière en date de ces propositions démagogiques : celle du patron des Républicains, Éric Ciotti. Il propose de récupérer l’enveloppe allouée à l’aide médicale d’État, destinée à prendre en charge les dépenses médicales des étrangers en situation irrégulière, pour financer un salaire minimum de 1 500 euros pour chaque agriculteur. Et qu’importe si cela est très éloigné de ce que revendiquent les paysans. L’important pour Ciotti est, encore et toujours, de profiter de chaque occasion pour taper sur l’immigration.

Le président du British Post Office a été démis de ses fonctions : entre 1999 et 2015, des centaines de responsables des guichets avaient injustement été poursuivis pour vol, 236 ont fait de la prison et 4 se sont suicidés. À cause d’un logiciel baptisé Horizon qui provoquait des erreurs de comptabilité, mais que la direction refusait de mettre en cause, ces postiers ont été traînés dans la boue et vécu plus de 20 ans de procédures judiciaires. Le Premier ministre Rishi Sunak a été obligé de reconnaître « une des plus grandes erreurs judiciaires » du pays… mais seulement après qu’une série télévisée, Mr Bates vs. The Post Office, a récemment dénoncé le scandale et soulevé l’indignation dans tout le pays.

Le tribunal de commerce de Hong Kong vient de mettre en liquidation le géant immobilier chinois Evergrande, faute d’avoir présenté un plan de restructuration convaincant. Symbole des déboires du secteur immobilier chinois, Evergrande a été le plus grand promoteur de Chine continentale. Mais il a accumulé les dettes jusqu’à présenter un passif de plus de 300 milliards de dollars (277 milliards d’euros). Après l’annonce de sa mise en liquidation, son action a dévissé de plus de 20 % et la Bourse de Hong Kong a suspendu la cotation du titre. Evergrande est l’exemple type d’un grand groupe capitaliste privé qui s’est développé avec l’aide et à l’ombre du régime pseudo-communiste de Pékin grâce notamment à des libéralités, des passe-droits, des combines de toutes sortes et des liens avec les dignitaires du régime. Mais, au final, ces patrons « rouges », qui ont ruiné des millions de familles qui avaient investi dans un appartement, ressemblent à s’y méprendre à ceux de chez nous.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a exhorté les pays ayant suspendu leur financement à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) à « au moins garantir la poursuite de ses opérations, dont deux millions de personnes dépendent pour leur survie au quotidien ». À la suite des États-Unis, neuf pays, dont désormais la France, ont annoncé suspendre leurs financements à l’UNRWA, 12 membres de ses salariés (sur 30 000) étant soupçonnés par Israël d’avoir été impliqués dans l’attaque du Hamas du 7 octobre. Ce qui va se traduire dans l’immédiat par une aggravation des conditions de vie des Palestiniens de Gaza. Dans le même temps, Israël continue d’envoyer ses troupes massacrer les Gazouis, laisse les colons de Cisjordanie tirer sur les paysans palestiniens, er, cerise sur le gâteau, encourage des militants d’extrême droite à bloquer l’entrée de l’aide humanitaire à Gaza… sans encourir la moindre sanction de ses alliés occidentaux. Et là ce ne sont pas douze personnes qui sont impliquées mais des milliers.

Si l’annonce il y a une semaine que les députés avaient augmenté leurs frais de mandat de 300 euros par mois avait suscité un certain malaise – conduisant même certains élus de gauche à protester contre cette augmentation – on a appris, grâce à Mediapart, que leurs collègues du Sénat avaient fait de même en douce en majorant le plafond de leurs dépenses de 700 euros par mois (+ 12 %) pour le porter à 6 600 euros. Ce qui établit leur rémunération mensuelle totale à 14 237 euros, soit plus de dix fois un smic mensuel net. À noter que le Sénat, très largement ancré à droite, est toujours en pointe pour limiter les salaires, allonger les retraites ou s’en prendre aux chômeurs et aux migrants. Mais les mêmes se votent des rallonges sans hésiter, y compris ceux étiquetés de gauche, qui cette fois-ci ont observé la loi du silence. L’expression « un train de sénateur », appliqué aux revenus de ces élus, désigne un TGV, pas un tortillard.

Accueilli avec des pancartes et des appels à démissionner, le directeur de Sciences Po Paris, Mathias Vicherat, a reçu une réception bruyante pour son retour à la tête de la prestigieuse école, après quelques semaines d’absence liée à une affaire de violences conjugales à l’égard de son ex-compagne. Les étudiants et leurs organisations syndicales demandent sa démission pure et simple et considèrent son maintien comme une insulte aux victimes de violences sexistes et sexuelles. Devant l’entrée du principal bâtiment de Sciences Po, au 27 rue Saint-Guillaume dans le 7e arrondissement, poubelles, barrières, vélos et palettes avaient été entassés par une trentaine d’étudiants présents. Sur les murs du bâtiment, des affiches sur lesquelles on pouvait lire « Vicherat démission » et une banderole qui affirmait : « Professeurs protégés, victimes délaissées », et « Sciences Po, paradis de l’impunité ». Outre deux sites de Sciences Po Paris, les campus de Reims, Nancy, Poitiers et Le Havre ont également été bloqués.

Le magazine Forbes France a publié il y a quelques semaines, et comme chaque année, son classement des « 40 femmes de l’année 2023 ». Une publication qui n’intéresse en général que le lectorat de la presse « people ». Mais cette fois ce classement fait quelques vagues, car l’animateur affairiste de radio et de télévision, Arthur, par ailleurs soutien de Netanyahou et du gouvernement israélien, est parti bille en tête contre une femme qui figure sur cette liste, l’avocate Rima Hassan, 32 ans. Qui est-elle ? Originaire de Syrie, où elle est née dans le camp de réfugiés palestiniens de Neyrab, elle est arrivée en France à l’âge de 9 ans, puis a été naturalisée en 2010. Depuis, elle a été diplômée du master en droit international de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, a fondé l’Observatoire des camps de réfugiés, en 2019, et le collectif Action Palestine France. Souvent invitée sur les plateaux télé au sujet de la guerre entre Israël et le Hamas, elle y parle régulièrement d’apartheid pour qualifier le système de domination mis en place par l’État hébreu sur les Palestiniens et y défend la création d’un État binational. C’en était trop pour Arthur qui utilise son influence pour tenter de la faite sauter de ce classement en l’accusant, c’est classique, d’ « antisémitisme » et de soutien au Hamas. Sans aucune preuve évidemment. Un pauvre type tout à la fois raciste et sexiste.