Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Derniers médicaments en date à manquer : des antibiotiques basiques comme l’amoxicilline. Des laboratoires ont promis aux autorités de santé de garantir des stocks, mais contre une augmentation des prix de 10 % ! La loi du profit qui régit les labos pharmaceutiques met notre santé en danger : ils ne veulent plus fabriquer des médicaments de base car ça ne leur rapporte pas assez. Ou bien rackettent l’assurance maladie et les malades avec des prix hallucinants de produits dont ils ont seuls le brevet. Le capitalisme ou notre santé, il faut choisir : la seule solution est d’exproprier ces monopoles du Big Pharma à commencer par Sanofi et de mettre la production sous le contrôle des travailleurs.

Les migrants déboutés du droit d’asile devront désormais verser une caution de 5 000 euros sous peine d’être envoyés en centre de rétention pendant l’examen de leur recours, prévoit un décret paru au Journal officiel. Cette garantie financière, qualifiée de « rançon » par le quotidien de gauche La Repubblica, est censée couvrir les frais de logement et de subsistance pour une personne pendant un mois, ainsi que le coût de son rapatriement en cas de rejet définitif de sa demande. Elle sera exigée aux personnes ayant tenté de se soustraire aux contrôles à la frontière ainsi qu’à celles provenant d’un pays dit « sûr » et qui, en principe, ne peuvent donc prétendre à l’asile. Si le requérant « disparaît indûment », la caution dont il s’est acquitté sera confisquée, précise le texte. Ce décret paraît quelques jours seulement après l’annonce du gouvernement d’extrême droite de son intention de porter à 18 mois la durée maximale de rétention des demandeurs déboutés, contre 138 jours maximum actuellement. La très catholique Première ministre, Giorgia Meloni, n’a pas dû entendre l’appel du pape demandant de tendre la main aux migrants. Elle n’est d’ailleurs pas la seule parmi les politiciens de l’Union européenne.

Trois mois près la mort de Nahel et le coup de colère des quartiers et banlieues populaires, la « réponse complète et profonde », promise pour la rentrée par Emmanuel Macron en Conseil des ministres se fait attendre. Élisabeth Borne a chargé la quasi-totalité des ministres (ville, intérieur, justice, éducation, sport, culture, écologie) d’élaborer des propositions. On en connait quelques-unes. Ainsi la ministre des Sports, Amélie Oudéa-Castéra, propose de développer les activités et les clubs de sport dans les banlieues et de conforter le lien entre sport et emploi. Sa collègue de la Culture, Rima Abdul Malak, veut renforcer la culture des jeunes de milieux défavorisés, élargir les horaires d’ouverture des médiathèques et consacrer quinze minutes de lecture par jour à l’école « pour le plaisir », sans toutefois contraindre les établissements par « une décision venue d’en haut ». On ne connait pas encore ce que proposent les autres ministres, mais cela risque d’être de la même eau. Encore une opération de communication et des emplâtres sur une jambe de bois en lieu et place d’une politique capable d’améliorer la situation sociale, économique et humaine dramatique dans laquelle vivent des millions de jeunes et leurs familles.

Le parquet de Châlons-en-Champagne a indiqué avoir ouvert « deux enquêtes pour traite d’êtres humains », dans le cadre des vendanges de Champagne, après la fermeture par la préfecture de la Marne d’hébergements collectifs de vendangeurs à Nesle-le-Repons, dans la Marne, jugés « insalubres » et « indignes ». Auparavant le comité régional CGT avait dénoncé dans une lettre ouverte à la préfète du Grand Est, « des méthodes intolérables concernant l’utilisation des saisonniers ». Et de poursuivre : « Les donneurs d’ordre font appel à des sous-traitants en cascade sans aucun contrôle, mettant en danger la vie des saisonniers issus d’Afrique de l’Ouest », pointant des situations de « malnutrition » et de « santé précaire ». Cerise sur le gâteau, à la fin du mois d’août, les vignerons de Champagne avaient obtenu de l’État un assouplissement des règles d’hébergement des travailleurs saisonniers pendant les vendanges, qui les autorisaient désormais à accueillir jusqu’à dix saisonniers par chambre, contre six auparavant. Quant aux poursuites pénales, elles touchent toujours des sociétés sous-traitantes mais jamais les propriétaires des grands vignobles. Ainsi en septembre 2020, quatre gérants de trois sociétés de prestations viticoles avaient été condamnés à des peines de six mois à trois ans de prison avec sursis, pour avoir fourni de la main-d’œuvre employée dans des conditions indignes. Également mis en cause dans cette affaire le responsable des prestations viticoles et vendanges de la maison de champagne Veuve Clicquot (du groupe de luxe LVMH de Bernard Arnault) avait lui été relaxé alors même que ce sont les grands groupes qui bénéficient de cette surexploitation éhontée de la main-d’œuvre immigrée.

Près 300 personnes ont manifesté samedi devant la mairie de cette ville de 10 000 habitants proche de Mulhouse en opposition au maintien, confirmé par le gouvernement cette semaine, de 42 000 tonnes de déchets ultimes enfouis à 500 mètres de profondeur dans le sous-sol de cette commune sur le site de Stocamine, une ancienne mine de potasse. L’enfouissement a été confirmé aux élus du département par Christophe Béchu, le bien mal nommé ministre de la Transition écologique. Selon le collectif Stocamine, un stockage définitif mettrait en péril à terme la nappe phréatique d’Alsace qui alimente près de huit millions d’habitants. Une préoccupation qui ne semble guère émouvoir Béchu. La manifestation avait reçu le soutien d’Extinction Rebellion, de la Confédération paysanne et de divers partis de gauche. Les opposants au confinement vont poursuivre leurs actions, notamment devant la justice. En 2021, devant la cour d’appel administrative, ils avaient obtenu l’annulation d’un arrêté préfectoral qui autorisait le stockage illimité des déchets.

À l’initiative de l’université Jules Verne, en collaboration avec l’Académie de police, 50 policiers de 25 à 62 ans, tous volontaires et de tous grades – de simples gardiens de la paix à commissaires divisionnaires – vont plancher sur les rapports police-population sous la direction de 23 sociologues, au long d’un cursus de 120 heures réparties sur l’année. Le but : « trouver des pistes » pour sortir de « l’entre-soi » et « combler le fossé qui se creuse avec la population ». Au programme, introduction à la méthodologie, « polices comparées » avec des études de cas sur l’Allemagne, l’Angleterre et les États-Unis, sociologie de la déviance, construction de l’identité de policier, « poids du genre dans les sociabilités policières » ou encore rapports police-médias. Pour décrocher leur diplôme universitaire, ils devront rédiger un mini-mémoire sur un sujet de leur choix. Quelques évidences pour ces étudiants d’un genre un peu spécial pour « combler le fossé avec la population » : cesser les matraquages intempestifs et les gazages des rassemblements et autres manifestations, arrêter les contrôles au faciès des jeunes issus de l’immigration, respecter les migrants et arrêter de tirer à tout-va lors des contrôles routiers. Ce ne serait bien sûr qu’un début mais qui irait dans le bon sens. Mais, comme l’aurait chanté Georges Brassens, « ce n’est pas ce qu’on prêche en latin à la Sorbonne »… ni à l’université Jules Verne.

Début septembre, un professeur a été renvoyé pour avoir lu des extraits du Journal à ses élèves en classe de quatrième. Selon le district scolaire concerné, cette version graphique du Journal d’Anne Frank contiendrait des « éléments pornographiques ». L’un de ces passages concerne une description du clitoris et, dans un autre, l’adolescente mentionne son attirance pour une autre fille. Après que des parents d’élèves se sont plaints de la lecture de ces passages « inappropriés », le professeur a été licencié. Dans cet État, mais aussi en Floride, plusieurs bibliothèques avaient déjà retiré cet ouvrage de leurs rayons. Le Fonds Anne Frank, qui gère les droits d’auteur des différentes éditions du Journal, s’était déjà défendu sur le contenu de ce roman graphique, expliquant qu’un livre écrit par une jeune fille de 12 ans était parfaitement approprié pour ses pairs. Un exemple parmi tant d’autres aux États-Unis, où les bibliothèques scolaires font face à une vague de censure grandissante depuis 2021. Des lois de restrictions, votées par des élus républicains se multiplient, et sans aucune surprise, visent les livres concernant des communautés marginalisées et traitant de sujets comme les discriminations, l’anti-racisme, le genre ou la sexualité qui sont alors interdits. Le Journal d’Anne Frank n’est qu’une victime parmi d’autres de cette politique réactionnaire.

À l’appel de partis de gauche et de syndicats et d’organisations de base, des milliers de personnes ont défilé dans les grandes villes du pays à l’occasion d’une journée de grève générale contre un projet de loi porté par le gouvernement conservateur de Kyriakos Mitsotakis. Cette législation, si elle est adoptée, va encourager la flexibilité du travail, avec la possibilité d’aller au-delà de la semaine de 40 heures en travaillant notamment six jours au lieu de cinq, et légaliser la journée de 13 heures pour deux patrons différents et le travail du dimanche dans toutes les branches. Elle vise aussi à criminaliser les piquets de grève en prévoyant des amendes et des peines d’emprisonnement pour ceux qui « intimident » leurs collègues, physiquement ou psychologiquement, lors d’un mouvement social. Fonctionnaires, marins, médecins, pompiers, travailleurs des transports, enseignants et hospitaliers ont été les principaux secteurs mobilisés. La principale organisation syndicale du pays, la Confédération générale des travailleurs grecs (GSEE), avait refusé d’appeler à une grève générale public-privé s’en tenant au seul secteur public dans l’espoir « d’ouvrir un dialogue » avec le gouvernement en suggérant « des changements et des améliorations » au projet de loi. Preuve qu’en Grèce, comme dans d’autres pays, la combativité des travailleurs est crainte à la fois par le gouvernement et par les bureaucraties syndicales.

Le quotidien britannique The Guardian vient de collecter des données qui montrent que presque tous les Européens respirent un air pollué qui dépasse les recommandations de l’Organisation mondiale de la santé. Selon cette analyse, 98 % de la population européenne vit dans des zones où le niveau de pollution aux particules fines est très dangereux. La carte interactive mise en ligne par le journal montre qu’un écart important existe entre les différentes régions. L’Europe de l’Est connait une pollution de ce type plus importante que la partie ouest du Vieux Continent. Mais pratiquement partout l’air est vicié. Merci aux dirigeants des pays européens.