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Brèves

L’actualité en bref

Régulièrement, le ministère canadien des Affaires étrangères attire l’attention des membres de la communauté LGBT+ (qui représente un million de personnes sur une population de 40 millions) contre les risques qu’ils peuvent encourir en se rendant dans des pays reconnus pour des violations de leurs droits, comme la Russie, l’Égypte, l’Ouganda, voire l’Iran ou l’Afghanistan, ou leur instabilité politique. Mais c’est la première fois que le gouvernement ajoute à cette liste les États-Unis, mettant en garde ses citoyens gays sur les risques qu’ils pourraient rencontrer dans certains États. Ottawa leur recommande notamment de « vérifier les lois locales » en faisant référence à « des lois et des politiques qui pourraient affecter » les membres de cette communauté dans certains États américains. Cet avis est rendu public au moment où la rhétorique anti-LGBT+ s’intensifie aux États-Unis avec une avalanche de lois contre les personnes transgenres portées par des élus conservateurs et des boycotts ciblés de marques, comme celui des supermarchés Target, qui ont soutenu les causes LGBT+. En juin, la Cour suprême a autorisé pour la première fois certains commerces à écarter les clients LGBT+ pour des motifs religieux. Un grand bond en arrière.

Mohammed al-Ghamdi, un enseignant à la retraite de 54 ans, va être exécuté pour avoir posté des tweets hostiles aux autorités sur son compte suivi par seulement neuf abonnés. Il avait été condamné à mort en juillet par la Cour pénale spécialisée, une juridiction établie en 2008 pour traiter officiellement les affaires liées au terrorisme, mais aussi largement utilisée pour juger des dissidents politiques et des militants des droits humains. Les charges retenues contre lui incluaient le complot contre les dirigeants saoudiens, l’atteinte aux institutions de l’État et le soutien à l’idéologie terroriste alors qu’il s’était contenté de critiquer le gouvernement et d’exprimer son soutien aux « prisonniers d’opinion ». Selon Lina al-Hathloul, responsable de la communication de l’association saoudienne de défense des droits humains ALQST, basée à Londres, « les tribunaux saoudiens intensifient leur répression et lèvent le voile sur leurs fausses promesses de réformes ». Après la Chine et l’Iran, l’Arabie saoudite est le troisième pays au monde quant au nombre d’exécutions capitales réalisées chaque année.

Les patrons des entreprises de l’index FTSE 100 (l’équivalent outre-Manche du CAC40) ont vu, en 2002, leur rémunération moyenne augmenter de 500 000 livres sterling (585 000 euros). Les grands gagnants sont à la tête des compagnies pétrolières, gazières, d’armement et de l’industrie pharmaceutique. Au cours de cette période, leur rémunération est passée de 3,41 millions de livres (4 millions d’euros) en 2021 à 3,91 millions en 2022 (4,57 millions d’euros), soit une hausse de 16 %. Le mieux loti est le patron des laboratoires pharmaceutiques AstraZeneca qui s’est vu octroyer 15,3 millions (17,9 millions d’euros) alors que dans le même temps le pouvoir d’achat des plus modestes connaissait une chute sévère. On a calculé que ces patrons empochaient grosso modo 118 fois le salaire d’un travailleur à plein temps. Et, dans ce domaine, la Grande-Bretagne n’est pas une exception.

Sous le titre Comment certains navires desservant les ports français sont devenus des lieux de précarité pour les marins étrangers, le service enquête de France 2 a réalisé un reportage – toujours visible sur Internet – qui suit pas à pas, à Cherbourg puis à Calais, Laure Tallonneau, inspectrice maritime mandatée par la CGT et la Fédération internationale des ouvriers du transport. Elle enquête à bord sur les conditions de vie des marins (généralement originaires de pays du tiers-monde) embauchés sur des ferries, notamment britanniques, qui effectuent la traversée trans-Manche et qui utilisent des pavillons de complaisance – souvent ceux de Chypre et de la Barbade – pour priver ces derniers de tous droits. On découvre ainsi que beaucoup reçoivent des salaires de trois à quatre euros de l’heure, ne sont pas payés pendant des mois et n’ont pas de fiche de paie. En outre ils effectuent des journées de travail de dix heures et plus, sans jours de congés pendant quatre à six mois, vivent dans des conditions insalubres et doivent se contenter d’une nourriture insuffisante. Rappelons qu’en mars de l’an dernier la compagnie britannique P&O, dans la maison mère est… à Dubaï, avait licencié du jour au lendemain 800 marins du Royaume-Uni en les remplaçant par d’autres venus de Colombie et du sous-continent indien et par des intérimaires payés moitié moins cher. La rapacité capitaliste n’a pas de bornes.

Le président de la Fédération des chasseurs de ce département de l’Est, Pierre Lang, vient de demander à ses adhérents de rester sur le qui vive entre le 3 et le 11 septembre pour surveiller un rassemblement évangélique de gens du voyage qui va se tenir sur l’ex-base aérienne de Gristenquin. Il doit réunir environ 30 000 personnes. Selon lui « l’Office français de la biodiversité (OFB) et la gendarmerie souhaitent associer les chasseurs locaux au dispositif de surveillance mis en place ». Mais, interrogés par des journalistes, tant l’OFB que la gendarmerie, voire la préfecture, nient avoir demandé quoi que ce soit à Lang. L’initiative de transformer les nemrods locaux en auxiliaires du maintien de l’ordre – en leur demandant de repérer et d’épier « toute personne ou véhicule suspect » – revient entièrement au très réac Lang, maire de la petite ville de Freyming-Merlebac et ancien député de droite (UMP). Lang ne fait d’ailleurs que suivre l’exemple de son président national, Willy Schraen, grand copain de Macron, qui, en son temps, avait confié au Journal du dimanche que ses adhérents avaient « un rôle à jouer en matière de police de proximité ». À quand des chasseurs pour encadrer les jeunes des quartiers ?

Les putschs qui se succèdent en Afrique ces dernières années portent au pouvoir des dirigeants aussi corrompus que les précédents, qui ont, à l’égal des dictateurs qu’ils renversent, profité du pillage des ressources par les multinationales occidentales et notamment françaises et qui, s’ils décident de tourner la page de la Françafrique, ne le feront que pour se tourner vers d’autres puissances impérialistes.

Le coup d’État militaire qui vient de renverser le président Ali Bongo au Gabon a été pour la gauche l’occasion de montrer de nouveau de qui elle défend les intérêts. Pour Mélenchon, « Macron a encore une fois compromis la France dans un soutien jusqu’au bout à l’insupportable ». C’est donc l’image de la France en Afrique qui le préoccupe, et surtout les affaires qui en dépendent. François Hollande est encore plus clair sur la question : il déplore carrément « le manque de réaction suffisamment nette, y compris de la France, lorsqu’il y a eu le premier coup d’État au Mali », ce qui conduirait aujourd’hui, selon lui, d’autres États africains à suivre l’exemple du Mali. Le problème serait donc la faiblesse voire l’absence d’interventions militaires françaises en Afrique pour conserver son pré-carré. Tout un programme !

Quelques heures après la réélection d’Ali Bongo à la tête du pays, un groupe d’une douzaine de militaires a annoncé à la télévision son renversement et la dissolution de « toutes les institutions de la République », du gouvernement à l’Assemblée nationale en passant par la Cour constitutionnelle. Ali Bongo et sa famille ont été placés en résidence surveillée. Il avait succédé en août 2009 à son père le dictateur Omar Bongo, resté aux commandes pendant quarante ans. En 2016 il se maintenait au pouvoir après des fraudes massives et avait fait tirer sur la foule faisant 35 morts. Et cette nouvelle élection était du même acabit avec 15 morts recensés. Autant dire qu’il ne risque pas d’être regretté par la population gabonaise qui, d’un autre côté, n’a pas grand-chose à attendre d’un régime militaire. Mais cela ne fait pas l’affaire de Macron qui s’était rendu à Libreville en mars dernier à l’occasion d’un sommet sur l’environnement pour adouber Bongo à l’approche de la présidentielle et avait réaffirmé la présence de l’impérialisme français dans le pays. Une présence que les nouveaux maîtres du pays – à l’instar de leurs confrères du Burkina Faso, du Tchad, de la Guinée, du Mali ou du Niger – risquent de remettre en question. Sale temps pour la Françafrique !

Dans une enquête publiée le 23 août, traçant l’origine de la viande vendue par Carrefour, le magazine d’investigation brésilien Reporter Brasil a découvert que le groupe Frialto, l’un des principaux fournisseurs en viande du géant de la distribution, s’alimentait en bétail auprès d’un éleveur, Bruno Heller, considéré comme le plus grand destructeur de l’écosystème de la forêt amazonienne. Il est soupçonné d’avoir déboisé illégalement 6 500 hectares de forêt dans l’État du Para, dans le nord du pays. La famille Heller est connue des autorités environnementales : depuis 1990, les fermes en sa possession ont cumulé 43 amendes, s’élevant à un total de 27 millions de réaux (5,12 millions d’euros), pour des cas de déforestation illégale et d’achat de bétail issu de zones protégées. Carrefour nie tout et plaide la bonne foi. Mais ce n’est pas la première fois que le groupe est accusé de participer à la déforestation amazonienne. Le 5 septembre 2022, l’ONG environnementale américaine Mighty Earth (Terre puissante) avait lancé une campagne « Carrefour nous enfume ! » sur les réseaux sociaux. Elle dénonçait le fait qu’en dépit de l’engagement de Carrefour à cesser d’acheter de la viande issue de « zones critiques » d’ici à 2030, l’entreprise continuait à se fournir auprès de deux abattoirs de la multinationale brésilienne JBS, qui s’approvisionnaient auprès de fermes ayant déboisé un territoire autochtone dans l’État de Rondônia, dans le nord-ouest du Brésil. Pour Carrefour, le « respect de l’environnement » est un slogan de supermarché qui n’engage à rien.

Au moins 1 990 enfants sont sans solution d’hébergement à quelques jours de la rentrée scolaire, selon le baromètre des enfants à la rue, publié par l’Unicef France et la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS). Par rapport à la rentrée 2022, ce sont 20 % d’enfants en plus qui sont sans hébergement et 2,5 fois de plus qu’il y a 18 mois, précisent les associations. Elles ont recensé 3 735 personnes et familles qui avaient sollicité le 115 dans la nuit du 21 au 22 août et qui n’ont pas pu être hébergées faute de places disponibles dans les structures d’hébergement pouvant les accueillir. Parmi ces personnes, 1 990 avaient moins de 18 ans, dont 480 moins de trois ans. Pour la FAS, la hausse du nombre d’enfants sans hébergement est due à un ensemble de facteurs : « une panne du logement social », mais aussi « une politique migratoire telle que des familles n’ont pas accès au travail ». Toutes choses qui ne risquent pas de s’améliorer dans les mois qui viennent. Pourtant « un toit, c’est un droit ».