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Brèves

L’actualité en bref

Le Lady Scarlet, un bateau de croisière à bord duquel se trouvaient 2 000 passagers LGBT, dont la moitié de nationalité américaine, s’est vu interdire d’accoster dans le port de Kuşadasi. Cette escale devait leur permettre de visiter la ville proche d’Istanbul. Pour expliquer cette interdiction, les autorités locales ont avancé explicitement des raisons homophobes, reprochant aux occupants du navire d’avoir des comportements incompatibles « avec les valeurs morales de la société turque ». La compagnie Atlantis, qui gère la croisière, a déploré l’incident, affirmant qu’elle n’a jamais été confrontée à une telle décision en 36 ans d’existence. Les deux escales turques annulées ont été remplacées par deux autres, en Crête et en Égypte. Si officiellement l’homosexualité n’est pas interdite dans le pays dans la vie courante, gays, lesbiennes et trans subissent depuis une dizaine d’années brimades, discriminations et répressions encouragées par les autorités tant nationales que régionales. Ainsi, depuis 2015, la marche des fiertés en interdite à Istanbul. Un incident qui illustre encore une fois l’homophobie d’Erdoğan et de sa clique islamo-nationaliste au pouvoir.

C’est accompagné de nombreux chefs d’entreprise, parmi lesquels Rodolphe Saadé, patron du géant mondial du transport maritime CMA CGM, et de Patrick Pouyanné, celui de TotalEnergies, que Macron s’est rendu en Syrie pour rencontrer le président Ahmed al-Charaa et discuter business avec cet ancien djihadiste d’Al-Qaïda, ce qui ne le gêne nullement. Car Paris espère bien que les industriels tricolores pourront décrocher de juteux contrats dans un pays où, après 14 années de guerre civile, tout est à reconstruire. Des accords ont été signés. Et les deux présidents ont souhaité que le pays devienne un carrefour énergétique, après le blocage du détroit d’Ormuz. Un vœu pieu. Si Paris n’oublie jamais de rappeler que jadis et la Syrie et le Liban furent dans son giron, il y a bien longtemps que l’impérialisme français n’a plus qu’une influence marginale dans la région. Et lorsque le président syrien appelle la France à jouer un « rôle actif » pour mettre fin aux « agressions israéliennes systématiques » dans son pays, Macron reste dans le vague en affirmant simplement que les « incursions », « ingérences » et « frappes » des pays voisins n’étaient « pas acceptables ». Quant à les empêcher, il en est bien incapable…

Le 14 mai dernier, huit militants écologistes, opposés à une déviation routière à Saint-Péray, en Ardèche, s’étaient suspendus à un pont et avaient bloqué une voie ferrée. Ils avaient été interpellés puis brièvement incarcérés pour « mise en danger volontaire de la vie d’autrui », et « entrave à la circulation ». Pour les identifier, la police les avait photographiés à leur insu puis utilisé un outil de reconnaissance faciale. Ce qui est rigoureusement interdit par la loi sauf dans le cadre d’enquêtes pour crime ou délit grave. C’est en s’appuyant sur ce « procédé déloyal » que le tribunal les a tous relaxés. Cela dit, il est de notoriété publique qu’un nombre grandissant de policiers et de gendarmes utilisent en toute illégalité la reconnaissance faciale lors de simples contrôles d’identité, leurs portables étant équipés d’un logiciel spécialement conçu à cet effet et contenant plusieurs millions de photos et de fiches d’identité. Et leur hiérarchie ferme les yeux. Entre respect des droits individuels et flicage à grande échelle de la population, elle a fait son choix.

L’association Que Choisir Ensemble a étudié les loyers des logements étudiants dans six villes ou agglomérations où l’encadrement est en vigueur à savoir Grenoble, Lyon, Montpellier, Lille, Bordeaux et Paris. Dans 95 % des cas, les loyers stipulés dépassent de 234 euros en moyenne le plafond autorisé. Pour arriver à ce résultat l’association s’est penchée, entre avril et mai 2026, sur 125 annonces – 50 à Paris et 15 dans les autres villes – de studios mesurant jusqu’à 18 m², sur les sites Se Loger, Le Bon Coin, De Particulier à particulier et Gens de confiance. Dans la majorité de ces annonces les propriétaires y appliquent des sommes de complément de loyer « très conséquentes, peu ou pas justifiées ». Et de citer l’exemple d’un 18 m² loué 984 euros par mois. Faute de logements disponibles dans les résidences universitaires du Crous, nombre d’étudiants sont contraints de se tourner vers le secteur privé alors même que les aides personnalisées au logement (APL) ne couvrent « en moyenne que 43 % du loyer ». Conclusion de Marie-Amandine Stévenin, la présidente de Que Choisir Ensemble : « Aujourd’hui, trop d’étudiants ne choisissent plus leurs études : c’est le prix du logement qui choisit pour eux. » Une façon de résumer le fait que certains étudiants sont contraints de sacrifier leur parcours scolaire pour pouvoir se loger.

C’est aujourd’hui et demain que se tient à Ankara, la capitale, le somment de l’Alliance atlantique auquel participent les dirigeants des 32 pays membres, dont Donald Trump. Mais la tenue de cette réunion a entraîné un vaste coup de filet chez les opposants au président Erdoğan. Plusieurs centaines de personnes ont été arrêtées parmi lesquelles des islamistes de diverses organisations, des militants de gauche et du parti d’opposition CHP, des universitaires, des membres de l’association des avocats progressistes (CHD), régulièrement la cible des autorités, et, pour faire bonne mesure Yildiz Tar, rédacteur en chef de Kaos GL, un magazine LGBT+. À part ces rafles policières, on estime à plus de 400 le nombre de prisonniers politiques détenus, depuis de nombreuses années, dans les geôles du pays. Ce qui ne semble pas gêner les membres de l’Otan qui s’affichent pourtant comme de farouches défenseurs de la « démocratie » et de la « liberté ».

Alors que l’armée israélienne poursuit ses opérations dans le pays et que plusieurs ministres ont affirmé leur intention d’annexer une partie du territoire libanais, Benyamin Netanyahou a accordé une interview à la chaîne américaine Fox News. Il a affirmé sans rire que ce n’est pas l’État sioniste qui voulait s’emparer d’une partie du pays du Cèdre mais que ce sont « plusieurs villages chrétiens au Sud Liban qui ont demandé à être annexés » à l’État hébreu. Aussitôt les maires de quinze localités chrétiennes, conduit par Hanna al-Amil, celui du village de Rmeish, ont publié un communiqué affirmant qu’envisager une telle idée est « absolument hors de question ». Plus le mensonge est gros…

Après l’affairisme, le racisme, et les combines de toutes sortes, le Mondial est désormais touché par la triche. Après trois coups de fil de Donald Trump au président de la Fédération internationale de foot (Fifa), Gianni Infantino, ce dernier a décidé d’annuler le carton rouge pour faute qui frappait Folarin Balogun, un joueur de l’équipe américaine, suspendu pour un match. Ce qui a provoqué des réactions indignées notamment de l’Union des associations européennes de football (UEFA) mais aussi de nombreuses équipes présentes dans la compétition. Infantino, qui ne cesse de flatter Trump auquel il avait remis l’an dernier un prix de la paix de la Fifa, spécialement créé pour lui, n’est plus à une compromission près. Prochaine étape : c’est le président américain qui décidera dans le bureau ovale de la Maison-Blanche quel sera le vainqueur de la compétition. Cela évitera aux joueurs de se fatiguer sur le terrain par ces temps de canicule !

L’ancien Premier ministre Édouard Philippe, patron du petit parti de droite Horizons et candidat à la présidentielle, a tenu dimanche dernier son premier meeting de campagne à l’Adidas Arena à Paris. Devant cinq mille personnes, dont un millier d’élus, il a ébauché un vague programme. En ce qui concerne le rétablissement des comptes publics, il a prévenu que la population devrait faire des sacrifices, en tentant de les minimiser. « Il ne s’agit pas de sang ou de larmes, il s’agit peut-être d’un peu de sueur », a-t-il estimé. Dans le même temps, il a promis plus de « liberté pour les entreprises ». En résumé plus de sueur pour les uns, plus de profits pour les autres.

L’euro-députée insoumise Rima Hassan comparait devant le tribunal correctionnel de Paris mardi 7 juillet. La militante franco-palestinienne est poursuivie pour « apologie de terrorisme commise en ligne » pour des tweets dans lesquels elle affirmait sa solidarité avec le peuple palestinien et dénonçait la politique meurtrière menée par le gouvernement de Netanyahou. Ce n’est pas la première fois que la justice tente de la museler, tout comme d’ailleurs de nombreux autres militants de gauche, syndicalistes, intellectuels et artistes dont le seul tort est de dénoncer le génocide en cours à Gaza, l’apartheid qui s’aggrave en Cisjordanie et les bombardements du Liban. À l’occasion de sa comparution, 200 personnalités ont signé un texte de soutien intitulé « Non au délit de Palestine ». Solidarité avec Rita Hassan !