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Brèves

L’actualité en bref

Dans le cadre de la crise qui, depuis des années, touche le périscolaire parisien, un animateur de 47 ans comparaît en correctionnelle. On lui reproche du harcèlement sexuel sur neuf fillettes et des agressions sexuelles sur trois d’entre elles. L’agent avait été suspendu en octobre 2024 et placé sous contrôle judiciaire. Depuis le début 2026, 78 agents de la ville ont été sanctionnés dans les écoles parisiennes, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles. Le nouveau maire, Emmanuel Grégoire, a affirmé que lutter contre ce fléau était pour lui « une priorité absolue ». Fort bien. Mais il faut noter qu’il n’a pas fait grand-chose lorsqu’il était Premier adjoint d’Anne Hidalgo. Les 14 000 animateurs parisiens sont, dans leur grande majorité, des vacataires payés au lance-pierre. Et depuis longtemps les syndicats et parents d’élèves demandent des mesures, notamment financières, pour professionnaliser une filière largement précarisée, un meilleur contrôle du recrutement et la création d’équipes mixtes.

Si la plupart des humanitaires de la flottille Global Sumud, arraisonnée par la marine de guerre israélienne au large de la Crête, ont été conduits en Grèce avant d’être rapatriés chez eux, deux d’entre eux sont toujours entre les mains des militaires israéliens. Il s’agit du brésilien Thiago Avila et de l’espagnol Saif Abukeskek. Selon l’ONG israélienne de défense des droits humains Adalah, ils font l’objet de « mauvais traitements » et d’« abus psychologiques » en prison, notamment des interrogatoires de huit heures, un éclairage puissant en cellule 24 heures sur 24, un isolement total et des déplacements systématiquement les yeux bandés, même durant les visites médicales. En outre ils sont arrivés au tribunal de la ville côtière d’Ashkelon les pieds entravés. Selon le juge, ils sont soupçonnés d’« assistance à l’ennemi en temps de guerre, de contacts avec un agent étranger, d’appartenance à une organisation terroriste et d’assistance à une organisation terroriste ». Leur avocat a dénoncé « une tentative de criminaliser toute solidarité avec le peuple palestinien ». Des pacifistes israéliens ont organisé une manifestation devant l’immeuble du gouvernement à Tel Aviv pour protester contre leur emprisonnement. Libérez Thiago et Saif !

Pour fêter ses 50 ans le ministre de la Sécurité nationale, l’ultra-nationaliste Itamar Ben Gvir, a invité des personnalités politiques de haut rang, des activistes de droite, mais aussi de nombreux officiers supérieurs de la police et du service pénitentiaire. À cette occasion, rapporte The Times of Israël, les gâteaux d’anniversaire étaient décorés de nœuds coulants et d’armes à feu, une référence à peine voilée à la nouvelle loi adoptée en mars dernier par le Parlement et imposant aux seuls Palestiniens condamnés pour terrorisme la peine de mort. Son épouse, Ayala, avait fait ajouter une inscription disant « Bonne chance au ministre Ben Gvir, parfois les rêves deviennent réalité ». De son côté son collègue des Finances, Bezalel Smotrich, a déclaré sur la chaine TV7 Israel News : « Mon fils blessé a exprimé le souhait que la guerre au Liban ne prenne pas fin, afin qu’il ait encore quelque chose à détruire [là-bas] une fois guéri. Je lui ai répondu : “Ne t’inquiète pas, il y en aura pour tout le monde.” »

Des dangereux psychopathes qui reflètent on ne peut mieux ce qu’est le gouvernement Netanyahou.

Dans un article du 4 mai, le Washington Post dit avoir pris connaissance de centaines de mails internes de l’Immigration et des douanes (ICE) concernant des cas de violence dans les centres de détention où sont enfermés les migrants en attente d’expulsion. Ces centres, souvent gérés par des sociétés privées, existaient déjà sous l’administration Biden, mais leur nombre a fortement augmenté depuis l’investiture de Trump. Le Washington Post a pu recenser 1460 personnes ayant subi des agressions physiques, entre janvier 2024 et février 2026, en soulignant que le nombre réel est sans doute plus élevé. Il suffit que les détenus protestent contre le manque de nourriture, d’eau ou des soins pour qu’ils se fassent tabasser par les gardiens ou asperger de gaz au poivre.

Bien que le Washington Post lui ait fourni des informations détaillées, le porte-parole du département de la Sécurité intérieure, qui supervise l’ICE, a déclaré « ne pas être en mesure de vérifier les données ».

À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée cette année le 3 mai, le Centre palestinien pour les personnes disparues et victimes de disparition forcée a attiré l’attention du monde sur les 263 journalistes tués à Gaza depuis le début du conflit et sur la disparition de certains d’entre eux, dont Nidal Al Wahidi et Haitham Abdul Wahed toujours portés disparus depuis 939 jours, sans qu’aucune information fiable ne soit disponible concernant leur lieu de séjour ou leur état de santé. Outre les journalistes tués 420 ont été blessés, dont beaucoup restent handicapés, tandis qu’une quarantaine d’autres seraient toujours emprisonnés par Israël. Par ailleurs l’occupant sioniste continue d’interdire l’entrée de Gaza aux journalistes étrangers. Comment dit-on « liberté de la presse » en hébreu ?

Face à l’augmentation des « violences visant les infrastructures, les moyens de transport et le personnel de santé » lors des conflits, les dirigeants de l’Organisation mondiale de la santé, du Comité international de la Croix-Rouge et de Médecins sans frontières ont dénoncé, dans une déclaration commune, « un échec de la volonté politique » et lancé un « appel urgent à l’action ». Les maux que dénoncent ces organisations sont bien réels et que ce soit en Ukraine, au Liban, à Gaza, en Iran ou ailleurs dans le monde on ne compte plus le nombre de médecins, d’infirmières, d’humanitaires pris pour cibles, les hôpitaux détruits ou endommagés, les ambulances détruites par les missiles, etc. Il y a déjà dix ans, dans une déclaration commune, le Conseil de sécurité des Nations unies avait adopté à l’unanimité la résolution 2286 qui condamnait les attaques et les menaces visant les blessés et les malades, le personnel médical, les hôpitaux ainsi que les autres installations civiles. Une résolution sans lendemain car aujourd’hui la situation est bien pire qu’en 2016. Ce sont en priorité les plus grandes puissances du monde qui se livrent à ces massacres, les États-Unis et leurs alliés d’une part, la Russie de l’autre. Demander à ces gens-là d’agir pour les faire cesser est un coup d’épée dans l’eau.

Deux femmes sont décédées lors d’une tentative de traversée clandestine de la Manche pour rejoindre le Royaume-Uni au large de la ville de Neufchâtel-Hardelot, dans le Pas-de-Calais. Elles se trouvaient dans une embarcation de fortune transportant quatre-vingts personnes qui a chaviré puis s’est échouée sur la plage. Outre les deux jeunes femmes décédées, trois personnes ont été admises en urgence absolue et quatorze autres en urgence relative. Le bilan des migrants décédés en tentant la traversée s’alourdit chaque jour.

Les deux principaux fabricants de traitements anti-obésité dans le monde Novo Nordisk (Danemark) et Eli Lilly (États-Unis) ont été sanctionnés par les autorités sanitaires françaises pour des publicités incitant le grand public à se tourner vers leurs médicaments. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a annoncé des sanctions financières à l’encontre des deux labos pour un montant proche de 2 millions d’euros au total. Il leur est reproché des campagnes de communication relatives à l’obésité mettant en avant leurs produits (Saxenda, Wegovy et Mounjaro). Or la réglementation interdit toute promotion et publicité auprès du grand public de médicaments soumis à prescription médicale obligatoire. Mais l’un et l’autre ont les reins suffisamment solides pour payer sans rechigner des amendes qui écorneront à peine leurs colossaux bénéfices. Et à la première occasion ils recommenceront. Car dès l’instant où le médicament devient un produit marchand comme un autre, tous les moyens sont bons pour promouvoir ses ventes. C’est la logique même du capitalisme.

Le député ciottiste Charles Alloncle, qui était le rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel, fait l’objet d’une plainte déposée par l’association AC ! Anti-Corruption qui estime qu’il a tenté de biaiser les débats par des questions qui lui avaient été directement suggérées par la direction de Lagardère News, qui dépend du milliardaire breton Vincent Bolloré. Pendant les mois qu’ont duré les auditions, Alloncle n’a pas ménagé ses efforts pour tenter de mettre en pièce l’audiovisuel public tout en servant la soupe aux grands groupes médiatiques privés. Ce qui lui a valu de se faire un nom et d’être encensé par la presse de droite et d’extrême droite. La plainte le vise pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence. Rappelons que même le président de la Commission, le député Jérémie Patrier-Leitus (Horizons), s’était interrogé à France Inter sur l’impartialité d’Alloncle et avait suggéré qu’il ait pu agir par commande « de personnes qui veulent racheter l’audiovisuel public à vil prix » ou le voir « disparaître ». La messe est dite !