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Brèves

L’actualité en bref

Treize fédérations de nations qualifiées pour le Mondial 2026 ont dénoncé les propos d’Aleksander Ceferin, le patron de l’Union européenne de football (UEFA) qui a estimé que l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes entraînait des matchs « sans intérêt ». Dans son viseur, nombre d’équipes de pays émergents. La réaction n’a pas tardé. Dans un communiqué à l’Agence France-Presse, les fédérations du Cap-Vert, de Curaçao, d’Ouzbékistan, de la République démocratique du Congo, d’Haïti, d’Algérie, de Tunisie, du Maroc, d’Égypte, du Ghana, du Sénégal, de Côte d’Ivoire et d’Afrique du Sud ont protesté contre ces propos et cette attitude méprisante. Entre les pitreries de Trump, cautionnées par Giani Infantino, le président de la fédération internationale (Fifa), et les déclarations de Ceferin, cette coupe du monde n’a décidément pas grand-chose à voir avec une grande fête du sport.

Pokémon GO, le jeu mobile phénomène de 2016 aux 500 millions de téléchargements, refait parler de lui. Pour cause, Niantic Spatial, l’entreprise derrière l’application, a collecté une quantité ahurissante de données GPS et d’images via les smartphones des joueurs, demandant même de prendre des vidéos en échange de récompenses. Puis, non content des milliards générés par le jeu, elle a revendu ces données… à l’armée américaine, dans le cadre d’un juteux contrat conclu en décembre dernier avec l’entreprise Vantor, la société d’intelligence spatiale, visant à « offrir des visualisations 3D air-sol précises dans des zones soumises aux brouillages GPS ». Les joueurs seront ravis d’apprendre que les données de leurs chasses aux monstres virtuels nourrissent désormais les IA des drones engagés dans la guerre, en Ukraine notamment. United24, plateforme ukrainienne liée au gouvernement ayant relayé l’information, précise que ce virage militaire de l’entreprise était indiqué dans les conditions générales d’utilisation dès 2021, et que ces données ont donc été transmises volontairement par les utilisateurs. Ouf !

C’est dans la ville d’Évian (Haute-Savoie), transformée en forteresse imprenable par les différentes forces de sécurité, que se déroule jusqu’au 17 juin la réunion du G7, le club qui regroupe les principales grandes puissances occidentales. À l’origine, ce regroupement, né après le premier choc pétrolier des années 70, se voulait un organisme capable de prévoir les principales évolutions économiques, d’instaurer une collaboration étroite entre ses membres et de trouver des stratégies communes afin d’affronter les crises, etc. Un demi-siècle plus tard il a échoué sur toute la ligne. De plus les membres du G7 sont des puissances impérialistes déclinantes qui représentaient plus de 60 % du PIB mondial à l’origine contre seulement 28 % aujourd’hui. Elles se sont fait tailler des croupières au fil des ans par des pays émergents et sont désormais concurrencés par d’autres clubs du même genre comme les Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Ce qui n’empêchera évidemment pas Trump et Macron de faire leur cinéma habituel pour amuser la galerie.

Lors de la tenue du conseil municipal d’Ivry, un élu du RN a pris prétexte de la présence de deux femmes portant le foulard pour se livrer à tout un cirque. Il a brandi un crucifix, comme s’il voulait exorciser des vampires, et s’est mis à réciter un « Je vous salue Marie ». Le maire PCF a donc mis fin à la séance qui devenait grotesque. Il n’en a pas fallu davantage pour que toute une campagne médiatique se déclenche contre lui sous prétexte que la laïcité républicaine aurait été bafouée. Les mêmes médias ne s’indignent pourtant pas quand des crèches sont installées dans certaines mairies et encore moins quand des écoles catholiques sont financées par l’État. La laïcité, qui devrait en principe assurer la neutralité de l’État face aux religions, a une fois de plus bon dos pour s’en prendre en fait aux adeptes d’une seule religion : les musulmans. L’extrême droite reste nostalgique de l’époque coloniale, quand ceux-ci devaient raser les murs.

Le salon de l’armement Eurosatory qui se tiendra du 15 au 19 juin en Seine-Saint-Denis connaît un succès sans précédent. 2600 industriels y présenteront leurs engins de mort, contre 2000 en 2024 et 1800 en 2022. Parmi ceux-ci, les fabricants d’armes ukrainiens, dopés par la guerre, seront en cinquième position par le nombre d’exposants. Les ministres de la Défense de dix-sept pays y viendront en personne faire leur marché. Tout ce beau monde va sabler le champagne avec une douzaine de grands banquiers qui se proposent de financer bombes, drones et missiles. Pour les capitalistes, peu importent les destructions, les souffrances, les victimes, la guerre n’est qu’un business comme un autre et, en période de stagnation économique, c’est même celui qui marche le mieux.

Le meurtre horrible de Lyhanna jeté une lumière crue sur les failles de la protection de l’enfance dans ce pays. Aujourd’hui, Darmanin, ministre de la Justice et ancien ministre de l’Intérieur, fait mine de « sonner la mobilisation générale » et tente de se défausser de ses responsabilités. Mais les écoles et établissements scolaires sont en pénurie de psychologues et d’infirmières, qui pourraient recueillir la parole des enfants et donner l’alerte ; les services sociaux et les centres d’hébergement sont noyés sous les demandes et ne peuvent accueillir des victimes qu’il faudrait éloigner d’urgence de leur agresseur ; la psychiatrie est trop exsangue pour accompagner les victimes.

Politiciens et médias réclament le renforcement de l’appareil de répression. Pourtant il ne manque pas de juges pour condamner des jeunes à la prison ferme en comparution immédiate, il n’en manque pas non plus pour poursuivre des militants qui défendent les conditions de travail ou réprimer les soutiens du peuple palestinien. La police n’a jamais fait défaut pour matraquer et gazer les manifestants, ni pour tenter de faire régner la peur dans les quartiers populaires à coup d’insultes et de contrôles vexatoires au faciès.

Car la raison d’être de l’État, des gouvernements capitalistes, de la police et de la justice, c’est la défense de l’ordre social et de la propriété des plus riches. Malgré les coups de menton démagogiques à l’occasion de chaque crime atroce, jamais la protection des plus vulnérables ne sera leur priorité.

SpaceX a été fondée en 2002 par Elon Musk avec pour mission d’établir une colonie sur Mars. Vendredi, elle a fait une entrée fracassante en bourse, vendant sans difficulté 75 milliards de dollars d’actions. Sa valorisation totale pourrait atteindre 1 800 milliards de dollars et a déjà fait de Musk le premier trillionaire (1000 milliards) de l’histoire. À l’occasion, le Nasdaq a dérogé à sa propre règle et l’a immédiatement coté dans son Nasdaq-100, ce qui oblige les fonds de pension américains à acheter des actions SpaceX. Autrement dit, si SpaceX n’arrive pas à décoller, les retraites des travailleurs américains s’effondrent. Il fallait y penser !

Mutares est un fonds d’investissement spécialisé dans le rachat d’entreprises en difficulté. Selon ses dirigeants, l’objectif est « d’acheter des ordures […] pour en faire des diamants ». Les salariés de Walor (ex Ford Blanquefort) apprécieront… Ceux-ci ont vu le groupe siphonner 50 millions d’euros de trésorerie, dont une partie réservée à leur pré-retraite. Les patrons jurent que ce ne sont que manœuvres comptables. Pourtant, sur les 25 entreprises rachetées depuis 2012, 11 sont allées en redressement judiciaire. Chaque fois, le fonds vautour récupère la trésorerie, puis supprime les emplois car il n’y a plus d’argent, et vend enfin les machines et les murs. Carré !

Mardi, les salariés du centre de relation client de Nespresso à Lyon se sont connectés à une réunion en visioconférence… pour apprendre la fermeture de leur site ! 180 postes seront supprimés, dans un groupe pourtant en croissance. Cela répond à la demande de la maison-mère, Nestlé, qui prévoit de supprimer plus de 12 000 postes dans le monde. Le PSE intervient quelques mois après les 40 ans du groupe, où les salariés avaient été remerciés pour leur investissement. On voit ce que vaut la gratitude des patrons. Et lorsque la colère est montée, le directeur s’est tout simplement déconnecté. Courageux !