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Brèves

L’actualité en bref

Les cadres de LFI reprochent systématiquement aux instituts de sondage de « sous-estimer » leurs candidats, en particulier lors de la présidentielle. C’est ainsi que chez eux l’Ifop a été rebaptisé « Iflop » ou « Opif ». Mais les choses viennent de changer. En effet, dans une enquête d’opinion de l’Institut Odoxa pour la chaîne Public Sénat, Jean-Luc Mélenchon gagne quatre points d’intentions de vote (à 16 %) et talonne désormais Édouard Philippe (17 %) pour la qualification au second tour. Il devance à gauche Raphaël Glucksmann (11 %) et Marine Tondelier (4 %). Il n’en fallait pas plus à la dirigeante LFI Clémence Guetté d’affirmer qu’il « se passait quelque chose » et que désormais « la gauche a son candidat, le peuple a son candidat ». Pas moins. Même optimisme chez son camarade Manuel Bompard qui parle d’une « puissante dynamique ». Quant à Paul Vannier il affirme : « Être à ce niveau à un an du scrutin confirme ce que bien d’autres signaux révèlent : nous pouvons gagner l’élection présidentielle. » Jusqu’à ce que le prochain sondage ne douche ce bel enthousiasme ?

Sophie Binet, la secrétaire générale de la CGT, a été mise en examen pour « diffamation publique » pour avoir dénoncé la « répression patronale violente » chez le fabricant d’articles de cuisine Tefal, lors d’un débat qui s’est déroulé à la dernière fête de l’Humanité. Le débat portait essentiellement sur la lutte contre les polluants éternels (PFAS), dont les produits Tefal sont farcis, mais aussi contre les sanctions qui frappaient des militants et des dirigeants CGT de l’entreprise. Elle avait notamment déclaré : « J’étais à Tefal la semaine dernière avec mes camarades pour soutenir la CGT qui fait face à une répression patronale violente, puisque notre camarade Ouria Belaziz, coordonnatrice de la CGT Tefal, a été sanctionnée par la direction. » Cette dernière avait fait l’objet d’un avertissement, après une prise de parole sur la présence de PFAS dans les accessoires fabriqués par le groupe. A également été mis en examen comme co-auteur de la diffamation Fabien Gay, directeur de publication de l’Humanité et à ce titre responsable de la fête. Au cours des trois dernières années, la CGT a dénombré plus de 1 000 militants et cadres syndicaux inquiétés par des poursuites judiciaires ou disciplinaires, dont cinq dirigeants confédéraux.

Plusieurs associations environnementales, et six particuliers habitant dans des points d’accumulation de la pollution aux polluants éternels (PFAS), ont saisi la justice afin que l’État soit condamné à agir sur le sujet. Ces polluants, quasi indestructibles, sont massivement utilisées dans l’industrie (cosmétiques, poêles, emballages, vêtements), s’accumulent avec le temps dans l’air, le sol, les eaux des rivières, la nourriture et jusqu’au corps humain. Certains ont des effets délétères pour la santé. Les plaignants mentionnent dans leur plainte un rapport publié en octobre 2025 par le Haut-commissariat au plan sur les politiques publiques de santé environnementale, qui souligne que 24 % des adolescents présentent des concentrations en PFAS dans leur sérum sanguin dépassant les recommandations de l’Agence européenne de sécurité alimentaire, contre 18 % en Allemagne ou 1 % en Espagne. Le gouvernement avait mollement appuyé en février 2024 une loi adoptée à l’initiative d’un député écologiste visant à protéger la population des PFAS. Mais depuis lors, les décrets d’application n’ont toujours pas été publiés, notamment ceux obligeant les industriels à payer pour réparer les pollutions qu’ils occasionnent. Malgré cette action en justice, il y a peu de chances que les choses changent.

Interrogé sur France Inter, l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal a affirmé « ne pas comprendre » pourquoi plusieurs dizaines d’auteurs avaient quitté la maison d’édition Grasset après le limogeage de son PDG, Olivier Nora, par l’actionnaire principal, le milliardaire Vincent Bolloré. Le fait que ce dernier intervienne de façon intrusive dans l’empire médiatique qu’il contrôle ne lui pose aucun problème. On apprend au passage que ce dernier lui avait proposé un million d’euros pour quitter sa maison d’édition primitive Gallimard, et passer chez Grasset pour publier son nouveau livre qui paraîtra début juin. Questionné sur comment il se sentait chez Grasset, il a affirmé : « Je me sens super bien, franchement. » Pas étonnant de la part d’un écrivain habitué de longue date à collaborer à des publications d’extrême droite et qui, avant même son incarcération en Algérie, était encensé par les médias les plus réactionnaires.

7,1 °C, c’est l’écart entre la température en France aujourd’hui et la température moyenne à cette époque de l’année. Les conséquences sur nos vies sont déjà là : le gouvernement vient d’annoncer sept morts liées directement ou indirectement à la chaleur ce week-end. Ce même gouvernement qui organise des coupes dans les budgets de l’écologie au profit des budgets militaires et qui encourage Total à faire des profits faramineux sur le dépeçage des ressources de la planète et dernièrement sur la guerre au Moyen-Orient. Pour faire face à la chaleur, le ministre de l’Éducation encourage à boire de l’eau, ventiler, fermer les stores… des « consignes de bon sens » selon lui. Le vrai bon sens, c’est de s’organiser pour renverser le système capitaliste !

À l’appel des syndicats, les salariés de Samsung, le géant sud-coréen des semi-conducteurs, étaient appelés à cesser le travail pour une grève de 18 jours pour des augmentations de salaire d’au moins 7 %. Avant même de débuter, la grève avait ébranlé le pays. La présidence de la République avait exprimé « ses profonds regrets » après un premier échec des négociations entre les syndicats et la direction et le Premier ministre estimé qu’« un seul jour de débrayage à l’usine de semi-conducteur de Samsung Electronics coûterait jusqu’à 1 000 milliards de wons [environ 574 millions d’euros] de pertes directes ». Finalement, sans aucun arrêt de travail, la direction a accordé une augmentation de 6,2 % de la masse salariale et 12 % des bénéfices reversés sous forme de primes. Ce qui a entrainé de vives protestations… d’un groupe d’actionnaires qui a annoncé user « de tous les moyens légaux disponibles » pour « bloquer tout décaissement de fonds ». Mauvais perdants…

Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a annoncé que « plus de 900 cas suspects d’Ebola ont été identifiés à ce jour, dont 101 confirmés » en république démocratique du Congo. Pour sa part, dans un dernier bilan diffusé samedi, le ministère de la Santé du pays indiquait que l’épidémie avait causé 204 décès sur 867 cas suspects. Et quelques cas ont été détectés dans les pays voisins. Selon l’OMS, Ebola a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années avec une mortalité fluctuant entre 25 % et 90 %. Pour l’instant, il n’existe ni vaccin, ni traitement spécifique pour ce variant de la fièvre hémorragique. Quant aux pays riches, ils ne se mobilisent que très lentement pour venir en aide aux autorités médicales congolaises débordées. Ils ne seront vraiment concernés que lorsqu’Ebola atteindra l’Europe et l’Amérique du Nord, comme ce fut le cas pour le Covid-19. Mais alors il sera un peu tard pour réagir…

Une manifestation s’est déroulée ce lundi dans la capitale de la province basque de Biscaye pour protester contre les violences utilisées par la police régionale contre des militants et des sympathisants de la Flottille de la liberté de Gaza. Deux jours auparavant, six militants espagnols étaient arrivés à l’aéroport en provenance de Turquie après avoir été emprisonnés puis expulsés d’Israël. Ils avaient été accueillis par plusieurs dizaines de sympathisants venus manifester leur soutien. Mais cela n’avait pas plu à certains policiers qui avaient demandé à la foule de se disperser. Devant son refus ils avaient matraqué à tout-va, y compris une partie des membres de la Flottille qui descendaient d’avion. Finalement, quatre personnes avaient été arrêtées pour refus d’obtempérer, rébellion et agression contre les forces de l’ordre. Plusieurs organisations internationales, comme Amnesty International et l’Observatoire euro-méditerranéen des droits de l’homme ont demandé leur libération immédiate et l’abandon de toute poursuite à leur égard. Devant le tollé provoqué par l’affaire, la direction de la police autonome basque a décidé d’ouvrir une enquête interne.

Le week-end dernier devait avoir lieu à Nantes, en Loire-Atlantique, la rencontre des musulmans de l’Ouest, organisée par l’Association islamique de l’Ouest de la France (AIOF). Mais sur décision du préfet du département elle a été annulée, annulation confirmée ensuite par le tribunal administratif. Une décision dont s’est aussitôt réjoui le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, en croisade contre les musulmans. Officiellement, l’arrêté d’interdiction a été pris « en raison de la présence d’intervenants, en particulier de cadres dirigeants des Musulmans de France, susceptibles de tenir des propos constitutifs d’infractions pénales ou portant atteinte à la dignité humaine, aux principes et valeurs de la République ». Sauf que l’on fait un procès d’intention à des gens avant même qu’ils aient parlé. Début avril, le même Nuñez avait tenté, sans succès, d’interdire une autre réunion de musulmans qui se tenait au Bourget, en région parisienne.