
La petite phrase de Poutine, affirmant que la guerre en Ukraine « touche à sa fin » n’est pas passée inaperçue – bonjour le cynisme ! Bonjour celui de Trump aussi, qui s’est payé le luxe d’annoncer un cessez-le-feu temporaire entre Russie et Ukraine (peu respecté d’ailleurs) à l’occasion des festivités des 8 et 9 mai de fin d’une Seconde Guerre mondiale où les populations d’Union soviétique (dont Russes, Ukrainiens et bien d’autres) ont laissé leur peau par millions contre l’hitlérisme fasciste. Mais la guerre continue en Ukraine, dans sa cinquième année. Les missiles de Poutine visent les populations civiles. En retour l’armée ukrainienne vise des sites énergétiques russes.
Poutine, au prix de lourds sacrifices imposés à la population, persiste et signe dans ses visées impérialistes. Il persiste aussi dans son obsession à maintenir l’ordre impérialiste contre tous ceux qui contestent son pouvoir, avec une certaine fébrilité à l’approche d’élections en Russie, qu’il s’apprête à gagner en redoublant de mesures répressives. Des milliers d’opposants à sa politique sont en exil, d’autres en prison ou en camp. Nous continuons à dire : « Hors d’Ukraine, les troupes russes ! »
Trump prétend faire œuvre de paix par un retrait affiché d’une bonne partie de l’aide américaine à l’Ukraine, mais après avoir pris soin d’imposer à Zelensky un « contrat » pour s’assurer la mainmise sur les richesses minières du pays. Si les grandes puissances occidentales, dont la France de Macron, alliées dites historiques des États-Unis, se disent dépitées par le lâchage américain, leurs marchands de canons Dassault ou Rheinmetall peuvent se féliciter que l’alliance militaire de l’Otan continue de pousser à des dépenses militaires de 5 % des PIB, afin que l’Europe finance l’engagement militaire ukrainien. Cela n’a rien à voir avec l’intérêt des classes populaires ukrainiennes qui paient tragiquement le prix de cette guerre, mais tout avec les carnets de commande des marchands d’armes européens et américains (auxquels les Européens achètent beaucoup).
Quant à Zelensky, sa politique est de plus en plus agressive contre des classes populaires où il capture littéralement de la chair à canon. Les capitalistes ukrainiens dont il est le serviteur, de leur côté, deviennent les rois du drone. L’Ukraine en fabrique et en exporterait vers les pays du Golfe. Au détriment de l’Ukraine qui en serait privée ? Non, car ça rapporte, donc ça aiderait à produire davantage d’armes et à mieux se défendre.
Guerre sans fin, profits capitalistes sans fin… c’est la situation contre laquelle les travailleurs et les peuples de tous les pays doivent s’unir et se dresser.
Michelle Verdier