Nos vies valent plus que leurs profits

Brèves

L’actualité en bref

Après trois semaines de négociations, les pays réunis pour la conférence des Nations unies sur le climat (COP30) au Brésil ont adopté un accord final qui ne prévoit aucun plan de sortie des énergies fossiles (pétrole, gaz et du charbon), pourtant principales sources du réchauffement planétaire. Mais on a continué à blablater sur l’aide à apporter aux pays pauvres, l’importance du commerce mondial, la priorité donnée au multilatéralisme, etc. Rien de concret. Ce qui n’a pas empêché l’accord d’être salué par Lula da Silva, le président brésilien, par le commissaire européen au climat, Wopke Hoesktra, par le chef de la délégation chinoise, Li Gao, et par Monique Barbut, la ministre française de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat (ouf !). Rien n’avance vraiment mais tout le monde est content. Comme d’habitude…

Les sénateurs ont rejeté une mesure du budget de la Sécurité sociale visant à rendre obligatoire l’affichage du Nutri-score sur les emballages des aliments. Le Nutri-score est un logo qui évalue la qualité nutritionnelle, de A à E, des denrées comestibles en boites ou en paquets pour éclairer les consommateurs sur leur choix. Il est devenu une des bêtes noires de l’agrobusiness. Dans leur refus d’étendre cet indicateur de qualité des aliments, les membres de la Chambre haute ont reçu, sans surprise, le soutien du gouvernement qui ne veut gêner en rien les industriels de la mal-bouffe tricolore.

On n’arrête pas la régression sociale. Nouvelle interprétation du Code du travail par la Cour de cassation. Elle a statué que le jour de repos hebdomadaire prévu par la législation sociale pouvait s’interpréter de façon large, surtout au bénéfice des entreprises. Elle a ainsi débouté un salarié qui avait porté plainte aux prud’hommes contre son patron qui le faisait travailler douze jours consécutifs. En effet, sur une période de deux semaines, le salarié se voyait attribuer comme jours de congé le lundi de la première semaine et le dimanche de la seconde. La Cour a estimé que dans la mesure où il avait eu un jour de repos chaque semaine il n’avait pas à se plaindre et que son patron était dans les clous. Encore une fleur des juges aux patrons.

Les dernières déclarations de Macron sur l’institution d’un service militaire volontaire font suite aux propos bellicistes du général Fabien Mandon, appelant la population à accepter de voir ses enfants mourir et de se serrer la ceinture en vue de la prochaine guerre contre la Russie. Elles ont suscité à juste raison une certaine émotion dans l’opinion. Mais elles ont été soutenues sans surprise par le président de la République qui a estimé que la phrase du chef d’état-major des Armées avait été « détournée » et « sortie de son contexte » pour « faire peur ». Le haut gradé a aussi reçu le soutien… de Raphaël Glucksmann, le leader de Place publique et qui se rêve candidat de la gauche social-démocrate à la prochaine élection présidentielle. Il a apporté sans réserve son appui au galonné jugeant qu’il avait raison d’alerter sur cette question, soulignant la nécessité de changer d’état d’esprit face aux menaces géopolitiques et que le pays devait se préparer à des sacrifices, y compris humains, pour protéger ses valeurs et son intégrité. Bref la guerre n’est pas encore là que Glucksmann est déjà aux avant-postes de la propagande belliciste et franchouillarde. On ne se refait pas.

Macron a annoncé la volonté de Zelensky d’acheter 100 Rafale. Si la vente se faisait, d’une manière ou d’une autre, la population ukrainienne en paierait le prix, on sait que nos dirigeants ne font jamais rien sans arrière-pensée. Dette à payer, pillage des ressources ou juteux contrats, les capitalistes français seront sûrement rincés. Les travailleurs ukrainiens, eux, auront de beaux avions pour survoler leurs ruines.

Même si l’intention de vente des 100 Rafale à l’Ukraine pourrait ne rien donner de concret, le roublard Macron veut piocher dans les prêts européens pour la reconstruction de l’Ukraine et les avoirs russes pour financer le deal. Pas sûr que ses copains de l’Union européenne acceptent que le PDG de Dassault, Éric Trappier, fasse main basse sur le magot.

Il a beau avoir passé moins de trois semaines en prison au régime de faveur que l’on sait, Sarkozy estime avoir quelque chose à en tirer. Il vend son Journal d’un prisonnier 20,90 euros pièce. On espère que les juges lui donneront bien vite de quoi écrire le deuxième tome. Quant à ceux qui veulent vraiment savoir ce qu’est la vie d’un taulard, ils liront plutôt les rapports de l’Observatoire international des prisons (OIP).

Le rapport annuel du Secours catholique dénonce l’aggravation de la pauvreté. Parmi les 1,1 million de personnes aidées, les enfants sont surreprésentés : 39 %. Et pourtant, « les gens ont honte de demander », constate l’association. Voilà le résultat des préjugés rendant les pauvres, soi-disant « assistés », responsables de leur situation !

Les pesticides à base de néonicotinoïdes sont interdits en France depuis seulement quatre ans. Une étude publiée dans la revue Environmental Pollution le 15 novembre dernier, et portant sur 57 espèces d’oiseaux, montre que ce délai a suffi à faire remonter leurs populations. La loi Duplomb, votée cet été à l’Assemblée, prévoit de ré-autoriser les pesticides tueurs d’oiseaux. Une pétition massive (plus de deux millions de signatures) a bloqué le processus cet été. Pour empêcher les capitalistes de bousiller la nature, nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes.