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Sénégal : les rois de la démagogie toujours au pouvoir

Au Sénégal, le Parlement a voté le 11 mars dernier, très majoritairement, une loi qui allonge (jusqu’à dix ans) les peines de prison qui visent les homosexuels.

En plus des relations homosexuelles, cette loi criminalise la promotion de l’homosexualité. Ce qui équivaut d’une part à la censure de discours qui défendent l’égalité entre tous et toutes (et en premier lieu entre les femmes et les hommes) et, d’autre part, à la mise en danger des organisations sanitaires et humanitaires qui luttent contre le VIH. Après la promulgation de la loi de Sonko, les consultations médicales ont diminué de 34,4 % selon une étude du Conseil national de lutte contre le sida.

En avril, près de soixante personnes se trouvent derrière les barreaux pour « actes contre nature, propagation volontaire du VIH et association de malfaiteurs ». Le gouvernement sénégalais joue sur la confusion entre homosexualité et pédocriminalité, surfant sur une sordide affaire de trafic d’enfants, dont le commanditaire français a été arrêté ainsi que ses complices sénégalais. Le Pastef, le parti de Sonko, flatte à peu de frais un sentiment anti-impérialiste affirmant que l’homosexualité serait une gangrène inoculée par l’Occident. Sonko choisit donc la démagogie dans une situation où le taux de chômage ainsi que les prix augmentent.

Cette loi est d’ailleurs la seule promesse qu’a tenue ce gouvernement, qui, sur les questions de niveau de vie est incapable de répondre aux aspirations de la population pauvre. Malgré la revendication d’une ligne souverainiste, Ousmane Sonko a choisi de se plier aux desiderata du FMI et de rembourser la dette colossale qui étrangle le Sénégal. Cela au moyen d’un « plan de redressement économique et social » qui est évidemment une attaque contre les classes populaires. Cette politique d’austérité ne lui aura même pas permis de se maintenir au poste de Premier ministre, puisqu’il a été remplacé le 25 mai par un partisan du franc CFA assumé. Ce qui ne présage rien de meilleur pour les exploités et les opprimés… jusqu’à ce qu’ils décident de renverser toute cette bourgeoisie réactionnaire.

Mona Netcha