Nos vies valent plus que leurs profits

Stellantis Poissy : 300 emplois supprimés dès la rentrée, un pas supplémentaire vers la fermeture

La direction a annoncé pour début novembre le passage de deux équipes de 30 véhicules par heure à une seule équipe à 38 véhicules par heure. La production passera donc de 420 voitures par jour à 266 (−37 %). Elle parle de 300 salariés en trop sur les 2 000 du site.

La production de véhicules doit s’arrêter officiellement en 2028. La direction promet de nouvelles activités industrielles, mais en réalité rien de concret ni durable (peut-être un maintien de 200 emplois ? quelques années ? et encore…).

Pour l’instant, avec le passage à une équipe, elle ne propose pour cet automne que dix nouveaux postes pour une casse automobile interne et 80 pour une ligne d’assemblage moteurs, des déplacements vers d’autres sites, mais il faudra bien revenir un jour et tout cela n’éponge pas son sureffectif de 300 salariés. Elle espère des départs volontaires, accélère les licenciements arbitraires des handicapés qu’elle prétend inemployables (trois salariés virés en un mois), et veut se débarrasser des sous-traitants internes.

Dans l’immédiat, la direction fait exprès de ne donner quasiment aucun détail pour éviter la contestation, elle attend les derniers jours de juillet, avant les vacances.

Les salariés, qui travaillent depuis des décennies en horaires alternés par semaine, se demandent quels seront les horaires du matin permanent pour pouvoir organiser leur vie de famille. Faudra-t-il se lever à 2 h 30, 3 h ou 4 h du matin pour embaucher à 5 h 15 ? Ne travailler que le matin épuise vite, surtout quand on a plus d’une heure de trajet.

La direction refuse de dire si les salariés vont perdre des dizaines d’euros par mois avec ce changement d’horaire et la perte d’une prime de doublage. Peu de salariés savent s’ils vont conserver ou non leur poste, comment sera-t-il transformé avec la hausse de cadence ?

Ce passage en une équipe cache une étape décisive vers la fermeture : les travailleurs doivent absolument se battre pour défendre leur salaire et leurs conditions de travail dans les semaines à venir. Mais il est surtout urgent d’imposer au patron des garanties, et ils seront plus forts à lutter ensemble avec les salariés de sous-traitants et, au-delà, des autres boîtes menacées.

Correspondant