Nos vies valent plus que leurs profits

Tefal (groupe Seb) : procédures-bâillon et chantage à l’emploi pour continuer à exploiter et empoisonner

Nos lecteurs nous ont informé que le logo du NPA-R avait été utilisé dans un tract de FO Tefal que nous reproduisons ici. Ce syndicat pro-patronal (qui s’est paré de l’étiquette FO comme il aurait pu en choisir une autre) profite d’une de nos brèves pour stigmatiser quiconque, et en particulier les salariés qu’il prétend représenter, oserait dénoncer les risques de maladies professionnelles et de pollution liées à l’usage des PFAS (substances dont la pollution est permanente).

Réactions en chaîne

Janvier 2025, comité France du groupe Seb, dont Tefal est une marque : plusieurs témoignages décrivent une direction qui menace ceux qui briseraient l’omerta qu’elle cherche à imposer. Joignant le geste à la parole, elle sanctionne une coordinatrice CGT accusée d’avoir tenu des propos menaçants à l’égard de FO (repris dans leur tract). La déléguée nie toute menace (c’est même exactement le contraire) et a porté l’affaire aux prud’hommes.

Fête de l’Humanité septembre 2025 : Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, dénonce la répression patronale chez Tefal. Comme pour lui donner raison, la direction la poursuit en diffamation, ainsi que Fabien Gay, le directeur de l’Humanité.

Juin 2026 : le syndicat FO du site Tefal de Rumilly (74) publie ce tract qui appuie les procédures-bâillon et les sanctions disciplinaires contre des salariés du groupe.

Les casseroles de Tefal

La répression est une spécialité de la direction de Tefal, tristement célèbre pour s’être acharnée contre un salarié lanceur d’alerte et avoir fait muter une inspectrice du travail afin qu’elle cesse des contrôles. 10 ans de procédures où le patron s’est fait passer pour une victime, alors qu’il cherchait à enterrer le fond de l’affaire, en l’occurrence du surtravail non payé.
Si Tefal a obtenu la condamnation de l’inspectrice – alors même que la justice a dû reconnaître en 2022 que celle-ci n’avait commis aucune faute personnelle – c’est grâce à l’acharnement du parquet local, travaillant main dans la main avec la hiérarchie de l’inspection du travail.

Fort de ces appuis des pouvoirs publics, le groupe Seb emploie les mêmes méthodes pour tenter d’enterrer sa responsabilité dans la contamination par les PFAS, ces polluants éternels utilisés dans les ustensiles de cuisine mais au-delà dans de nombreuses productions de la chimie et de la métallurgie.

Un emploi pour tous, sans pour autant perdre sa vie à la gagner, c’est trop demander ?

Si l’une de ces substances, le PFOA est interdit depuis 2012, des milliers d’autres de la famille des PFAS sont toujours utilisées dans les procédés du groupe Seb. C’est le cas du PTFE (téflon), qui est cité dans le tract FO, et qui a remplacé le PFOA dans les poêles. Et dans les autres usines du groupe ? Et dans le reste des sites de chimie et de métallurgie ?

Les militants CGT du groupe Seb participent, aux côtés d’autres salariés du couloir de la chimie lyonnais, au « collectif PFAS » qui dénonce l’usage de ces molécules dont la dangerosité est avérée ou suspectée. Ces produits pourraient être toxiques pour les usagers, les populations environnantes et en premier lieu pour les salariés qui sont les plus exposés. L’exposition devrait au moins impliquer un suivi médical avec des tests sanguins réguliers, mais il est scandaleux de continuer de produire des substances !

Les patrons mentent quand ils prétendent défendre l’emploi. Ils défendent leurs profits. Ils savent qu’un jour ou l’autre ces produits seront interdits, ils cherchent seulement à retarder l’échéance et à payer le moins possible. Les industriels qui défendaient l’amiante ont condamné 100 000 ouvriers à mourir du cancer, rien qu’en France, avec ce genre de manœuvres qui ont retardé son interdiction de dizaines d’années.

Seule la lutte collective pourra imposer nos vies avant leurs profits. Il n’y a pas de fatalité à choisir entre un travail qui expose à des cancerogènes ou bien être jeté à la rue. C’est au groupe Seb de payer pour les maladies auxquelles il expose ses salariés, ses clients et la population voisine des usines. C’est dans ses caisses que les salariés et la populations, unis, pourront puiser pour financer la transition vers des industries sans polluants éternels. Tout l’acharnement répressif de la direction doit être combattu pour exiger l’essentiel : ne pas perdre sa vie à la gagner !

9 juin 2026. Correspondant