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The Rebel Girl — de Elizabeth Gurley Flynn

The Rebel Girl
Souvenirs de jeunesse. Première époque, 1906-1916.
Elizabeth Gurley Flynn, Libertalia, 502 p., 13 €

 

 

Ce texte est le premier tome des mémoires d’Elizabeth Gurley Flynn, militante ouvrière américaine, passée notamment par les Industrial Workers of the World (IWW) et, plus tard, par le Parti communiste américain (pendant sa période stalinienne). Il couvre les années 1890 (date de sa naissance) à 1916.

Le début du livre retrace sa jeunesse en tant que femme issue d’une famille ouvrière irlandaise dans les quartiers pauvres de New York. Elle y découvre le mouvement ouvrier américain et s’engage politiquement dès ses 15 ans en prononçant un discours sur le socialisme et les femmes dans un club socialiste d’Harlem.

L’essentiel du livre retrace son parcours au sein des IWW, un syndicat fortement influencé par les idées révolutionnaires. Sa spécificité est d’organiser en son sein les ouvriers non qualifiés, les ouvrières, les ouvriers noirs et issus de l’immigration. Regroupant les éléments les plus combatifs de la classe ouvrière américaine, les IWW détonnaient dans le mouvement syndical américain. L’AFL (American Federation of Labor), principal syndicat de l’époque, regroupait surtout l’aristocratie ouvrière, et s’est pleinement intégré à l’État et aux négociations avec les patrons.

L’autrice est devenue organisatrice à plein temps dès 1907, et dirigea de nombreuses grèves. Elle raconte en particulier ses expériences dans le secteur textile à Lawrence en 1912 (la fameuse grève dite grève « du pain et des roses »). Elle y a lutté pied à pied contre la répression féroce de l’État. Face au racisme utilisé par les patrons pour diviser les ouvriers – les patrons veillaient à ce que les travailleuses sur des postes voisins ne parlent pas la même langue… et plus de quarante nationalités différentes étaient représentées ! –, elle organisa un comité de grève avec des meetings traduits en 25 langues. Une anecdote marquante concerne les enfants des grévistes : ils étaient envoyés par centaines à des familles socialistes d’autres villes, qui s’en sont occupé jusqu’à la fin de la grève. Ce qui a permis à leurs parents de se consacrer pleinement à leur combat.

L’autre point fort du livre vient des nombreuses rencontres de l’autrice avec des figures marquantes de mouvement ouvrier. On y croise notamment James Connolly, Mother Jones et Bill Haywood.

On ne peut qu’espérer que la suite de ces mémoires (qui retracent entre autres son opposition à la Première Guerre mondiale et son analyse du déclin des IWW) soit bientôt traduite en français.

Robin Klimt