Nos vies valent plus que leurs profits

[TRACT] Merci aux camarades de Lutte Ouvrière pour l’invitation à leur fête

Ci-dessous le texte d’un tract du NPA-Révolutionnaires pour la fête de Lutte ouvrière [Le tract en PDF]

 

Merci, sincèrement et chaleureusement, d’offrir à notre NPA-Révolutionnaires, pour la quatrième année consécutive, un stand et un espace de forum, dimanche à 19h. Merci plus largement à elles et eux de vouloir que leur fête soit non seulement un moment de convivialité communiste entre travailleurs et jeunes aspirant à renverser ce système d’exploitation capitaliste et les oppressions qu’il charrie, mais aussi « un grand rassemblement d’extrême gauche », tel qu’ils le précisent dans leur journal : « Plusieurs dizaines de groupes politiques de différents pays tiennent un stand. Tous ne partagent pas l’ensemble de nos convictions, et c’est l’occasion de débattre. »

Oui, face aux nouveaux visages et crimes de la barbarie impérialiste, face aux guerres qui ensanglantent des continents, face à une exploitation capitaliste forcenée et à la montée d’un fatras réactionnaire, il y a besoin de débattre entre révolutionnaires pour agir. De débattre pour savoir où nous en sommes, nous les révolutionnaires communistes internationalistes trotskystes (et avec nous, ceux appartenant à d’autres courants), de nos liens avec la classe ouvrière qui reste la seule force révolutionnaire et comment nous pouvons agir pour qu’elle assume sa tâche historique.

Démoralisation et absence de réactions ouvrières ?

Les camarades de Lutte Ouvrière constatent, dans un courrier de réponse à notre proposition de campagne commune pour la prochaine présidentielle, pour en minimiser l’enjeu, « une certaine démoralisation de la classe ouvrière et l’absence de réactions face à l’offensive que les capitalistes et le gouvernement mènent contre elle. » « Une certaine démoralisation », la formule est à juste titre tempérée. « Une absence de réactions » ? Celle-ci aussi serait à tempérer : nos journaux respectifs consacrent régulièrement plusieurs pages aux luttes en cours. Absence pas si absolue donc : les réactions sont nombreuses, on ne manque pas de luttes mais de révolutionnaires pour y participer. Même si ces explosions de colère et journées de grève pour de meilleurs salaires, pour ne pas perdre son emploi, sont le plus souvent défensives, parce qu’elles sont isolées. Et bien souvent isolées parce les directions syndicales, éloignés de la lutte de classe, professent le dialogue avec le patron plutôt que la grève, instille les mensonges protectionnistes et nationalistes de la gauche institutionnelle plutôt que l’internationalisme prolétarien. Analyser un peu finement la situation serait indispensable, entre révolutionnaires qui ont choisi l’implantation et l’intervention en entreprises, pour nous donner les meilleurs moyens d’agir, et si possible les additionner.

Progression de l’extrême droite, y compris dans les milieux populaires ?

Toujours dans ce même courrier, les camarades de Lutte Ouvrière décrivent la période actuelle comme « marquée par une progression des idées réactionnaires et l’influence de l’extrême droite, y compris dans les milieux populaires ». Mais encore ? Les racismes et xénophobies, les nationalismes, ne tombent pas du ciel. Avec la répression et la criminalisation des luttes, ils sont aujourd’hui un instrument politique majeur des classes dominantes contre des « classes laborieuses » qu’elles considèrent toujours comme dangereuses et qu’elles cherchent à affaiblir en tentant de diviser selon les couleur de peau, origines ou sexes. Des cliques de milliardaires capitalistes organisent cette propagande par leur mainmise grandissante sur les medias. Des États, des partis et énergumènes de droite et d’extrême droite, et bourgeois qui se disent de gauche, la relaient. Mais tous les travailleurs ne sont pas acquis à l’extrême-droite, loin de là. Nous aurions intérêt à apprécier au plus près et ensemble l’exacte emprise des venins réactionnaires et nationalistes dans le milieu ouvrier et participer et/ou susciter les ripostes éventuelles. Oui nous voulons construire un pôle des révolutionnaires capable d’être une alternative à cette gauche dite radicale : à la fois institutionnelle et nationaliste qui prétend qu’on conjurerait le danger de l’extrême-droite et plus largement du capitalisme par des bulletins de vote. La gauche institutionnelle au pouvoir n’a fait que paver la voie à l’extrême droite.

Nous sommes le NPA-Révolutionnaires

Notre organisation a des racines dans un NPA qui n’existe plus depuis décembre 2022, quand sa direction l’a quitté et définitivement choisi d’apporter son soutien à LFI et ensuite au NFP. Nous étions des fractions et courants minoritaires dans le NPA de 2008, nous n’avons cessé de militer et construire sur des bases ouvrières et révolutionnaires. Certaines de ces fractions et courants étaient issues de Lutte Ouvrière (exclues, entre autres quand LO choisissait une alliance électorale aux municipales de 2008 avec la gauche, PS en tête – ce qui tempère l’assurance que met LO à nous accuser d’erreurs de l’ancien NPA). D’autres étaient issues de la LCR (son organisation de jeunesse en particulier, qui comme LO avait refusé d’appeler à voter Chirac en 2002). Ces fractions et courants révolutionnaires, trotskystes et internationalistes, sont devenues la moitié d’un NPA dont nous avons gardé l’étiquette car nous n’en avons pas honte, surtout une histoire qui a notamment permis le brassage de différents courants et fractions révolutionnaires jusqu’à la fusion politique qui se construit aujourd’hui. En effet, depuis quatre ans, dans le NPA-Révolutionnaires, nous forgeons une nouvelle tradition issue de ce passé.

C’est donc le NPA-Révolutionnaires qui remercie vivement les militants et sympathisants de Lutte Ouvrière qui lui offrent les moyens de participer aux débats de cette fête. Nous les menons avec l’espoir qu’ils puissent aboutir à des actions et interventions communes, ce qui dans la période serait de notre responsabilité et de l’intérêt des exploités et opprimés. D’où l’intitulé du forum que nous organisons le dimanche à 19h : « Dans l’intérêt des travailleurs et des travailleuses, un front des révolutionnaires dans les élections et dans les luttes, en toute indépendance de la gauche dite radicale. » Sachant que l’union, sur des bases de classe à discuter entre organisations dont les existences séparées ont quelque fondement, ne peut que renforcer le mouvement ouvrier révolutionnaire, qui en a besoin à l’échelle nationale comme internationale.

Comme d’autres, nous sommes aujourd’hui attachés à la construction d’un futur parti ouvrier, révolutionnaire et communiste, dont nous estimons être une fraction. Nous cherchons à recruter des jeunes, qui se forment et s’engagent dans les luttes de la jeunesse et des travailleurs. Nos camarades, au premier chef dans les entreprises, participent aux luttes sociales et politiques, avec la préoccupation que soient mises en avant les meilleures revendications mais aussi que les luttes soient menées démocratiquement. Mais nous cherchons aussi à rompre l’isolement entre révolutionnaires.

Et bien sûr nous ne négligeons pas le terrain électoral. Proposition a été faite à Lutte Ouvrière d’une campagne commune, derrière la candidature de Nathalie Arthaud. Les termes de cette proposition et une réponse de Lutte Ouvrière sont publiés sur les sites des deux organisations. Nous y renvoyons. Au-delà de nos deux organisations, ce débat concerne tous les travailleurs et travailleuses qui gardent espoir dans un mouvement révolutionnaire certainement faible mais existant, et qui sortirait renforcé de collaborations, dès qu’elles sont possibles. Lutte Ouvrière semble fermer la porte à une telle campagne commune qui serait pourtant un encouragement pour tous ceux et toutes celles qui se battent pour en finir avec le capitalisme et défendre le communisme. Dans ces conditions, dans le prolongement de son intervention quotidienne, le NPA-Révolutionnaires a décidé de s’engager dans une campagne ouvrière et révolutionnaire pour la présidentielle de 2027.