
En traversant le piquet de grève pour sortir de ses bureaux jeudi 4 juin au matin, le directeur général de TBM tirait une sacrée tronche. Autour de 20 % des effectifs de conducteurs, 400 collègues, se sont mis en grève pour protester contre la dégradation des conditions de travail, et en particulier contre le refus presque systématique de la direction de leur accorder leurs permissions, sortes de congés qui leur reviennent pourtant de droit. On parle de plus de 67 500 jours de « dette sociale » accumulée au total, trams et bus confondus : 34 jours par conducteur !
C’est bien sûr le sous-effectif qui est en cause. Mais plutôt que de recruter, la direction pointe un prétendu absentéisme : les collègues se mettraient trop souvent en arrêt ! En réunion de crise le jour de la grève, le directeur propose donc comme solution d’instaurer trois jours de carence en cas d’arrêt maladie. Pile je gagne face tu perds…
Sur le piquet, on fait état d’un ras-le-bol général. Les salaires sont en berne avec seulement 1 % d’augmentation aux NAO de janvier. Et puis, comme partout, avec la canicule, la direction incitait à conduire sous la fournaise des bus sans climatisation. Enfin, avec la victoire du PSG, des conducteurs se sont retrouvés mis en danger, sans déviation et avec un poste de contrôle débordé, à conduire là où les célébrations étaient pourtant prévisibles, faisant dire à certains que les conducteurs auraient bien mieux assuré l’organisation du réseau que la direction ce soir-là.
Jeudi dernier, l’unité syndicale n’était pas à l’ordre du jour. Mais c’est bien plus l’unité entre travailleurs syndiqués ou non-syndiqués, au bus, au tram, à la maintenance et partout, qui les rendra forts. Cette cohésion se construit sans attendre, en saisissant chaque occasion petite et grande de relever la tête collectivement.
Correspondant