
À peine au seuil de l’été, la France subit déjà sa deuxième vague de chaleur. Avec le changement climatique, ce type de phénomène va devenir de plus en plus fréquent. Mais du côté du gouvernement et des patrons, c’est une fois de plus l’impréparation totale et le déni, et donc le système D pour nous. Ce sont les classes populaires, les travailleurs et les travailleuses les plus exposés : hors de question de subir le changement climatique provoqué par les capitalistes et de mettre nos vies en danger pour leurs profits !
Double peine climatique et sociale
D’après le dernier rapport de l’ONG Oxfam, c’est pour la santé des populations les plus pauvres que l’impact du changement climatique est le plus fort. Rien d’étonnant : c’est vrai à l’échelle internationale, puisque les pays les plus pauvres sont les plus touchés, mais aussi à l’échelle nationale, selon la classe sociale à laquelle on appartient. Non seulement en fonction des conditions de travail, mais aussi de logement.
Les quartiers populaires sont surexposés aux canicules, les passoires thermiques de l’hiver se transformant en bouilloires thermiques l’été. Le béton et l’asphalte forment des îlots de chaleur, sans aucun endroit pour se rafraîchir, hormis les supermarchés… Et ce sont les jeunes ayant ouvert des bouches à incendie qui sont montrés du doigt et verbalisés, alors qu’on continue à arroser les golfs et que les plus aisés vivent et évoluent en permanence dans des lieux climatisés et bien plus végétalisés.
La France est un pays riche, mais les services publics sont dans un état lamentable, particulièrement exposés à la vague de chaleur : dans les Ehpad et les hôpitaux, puisque 60 % du bâti hospitalier est considéré comme vétuste ; dans les écoles, collèges et lycées qui n’ont bénéficié d’aucune rénovation énergétique ; dans les transports en commun, peu ou pas climatisés, dont salariés et usagers subissent la surchauffe, les pannes et les annulations.
Pourtant, selon le rapport Oxfam, l’adaptation de la France d’ici à 2050, coûterait 20 milliards d’euros, soit seulement dix-sept mois de bénéfices de TotalEnergies, un des premiers responsables du réchauffement. Une somme dérisoire pour le capitalisme, mais pas touche aux profits !
Urgence climatique et urgence révolution
Face à cette logique qui conduit toute l’humanité droit dans le mur, nous pouvons faire valoir nos priorités : nos vies avant leurs profits, particulièrement au moment où la vague de chaleur met notre santé en danger. Le gouvernement ne prend aucune responsabilité, on le voit bien dans l’Éducation nationale où le ministre renvoie toute prise de décision de fermeture aux collectivités, alors que les classes sont transformées en étuves. Car pour les patrons, il faut préserver la productivité coûte que coûte et il faut donc que les parents puissent venir travailler… comme si de rien n’était.
Le 29 mai dernier, un ouvrier de 19 ans est mort après une journée en pleine chaleur sur un chantier. Alors que la France détient le triste record du nombre de morts au travail d’Europe, avec plus de 700 chaque année, il risque d’y en avoir d’autres suite à l’épisode que nous traversons.
La seule manière de nous protéger, c’est de réagir collectivement. Au mois de juin l’année dernière, des grèves et des droits de retrait ont été organisés par les travailleurs du transport. Cette année, il y a aussi des réactions. Par exemple, les débrayages se succèdent au technicentre industriel SNCF de Rouen Quatre Mares : pas question de travailler dans des ateliers à plus de 40 °C.
Adaptation des activités et des horaires de travail, ou ne pas travailler du tout : ce sont les salariés les mieux placés pour décider. Les profits grimpent, la chaleur monte, inversons les courbes en comptant sur nos luttes !
Éditorial du NPA-Révolutionnaires du 22 juin 2026