
Le 24 juillet, un groupe d’une trentaine de colons armés a envahi le village de Tel Shaban, près de Naplouse (dans la zone B de la Cisjordanie, placée sous l’administration civile de l’Autorité palestinienne). Des habitants ont tenté de les chasser. L’un d’eux s’est emparé du fusil d’un colon, et au cours de l’échauffourée ce colon et un réserviste de l’armée israélienne sont morts, et quatre Palestiniens ont été tués par l’armée.
Les attaques violentes de colons, les occupations de terres, incendies d’habitations, destructions de récoltes et vols de troupeau sont une réalité quotidienne en Cisjordanie. Elles sont tolérées, quand ce n’est encouragées par l’armée au service de la colonisation. 87 Palestiniens ont été tués depuis le début de l’année, dont 21 par des tirs de colons, mais quand deux Israéliens figurent parmi les victimes, pour le gouvernement israélien et les médias de droite, voilà les agresseurs transformés en un groupe de « randonneurs » qui aurait été victime de « terroristes » palestiniens ! En réponse, le gouvernement a immédiatement ordonné à l’armée une « opération intensive » dans la région tout en annonçant l’implantation de nouvelles colonies, tandis que des groupes de colons ont organisé de véritables pogroms contre les villages palestiniens, faisant au moins deux blessés par balle.
Et l’opposition ? Yaïr Golan, leader des « démocrates » (fusion entre le vieux Parti travailliste et le parti de gauche Meretz), qui est en pleine campagne en vue des élections du 27 octobre prochain, a adressé ses condoléances aux familles des victimes… israéliennes, en se limitant à reprocher au gouvernement de « mettre en danger la sécurité d’Israël et avant tout la vie des soldats envoyés pour faire face aux conséquences de sa politique imprudente ».
Samedi dernier, des manifestations regroupant au total quelques centaines de manifestants ont eu lieu à Tel Aviv et Haïfa, à l’appel principalement du Hadash (coalition dont le PC israélien est la principale composante). À Tel Aviv, la police est intervenue brutalement, arrêtant huit manifestants…
Thierry Flamand