Nos vies valent plus que leurs profits

Italie : un discours fasciste et sexiste

En Italie, le scoop politique de l’été est la création du parti néofasciste Futuro Nazionale par l’ex-général Roberto Vannacci, qui reproche au gouvernement Meloni de ne pas respecter ses engagements. Ce parti, qui revendique 100 000 adhérents, vient de publier son programme : « Un projet politique italien enraciné dans la tradition romaine et chrétienne » qui promet « une aventure nouvelle, celle d’une droite identitaire, pure et vitale »… En fait, un ramassis des pires préjugés réactionnaires.

Bien entendu, les migrants sont la principale cible du parti néofasciste. L’immigration est décrite en termes apocalyptiques : « Une véritable invasion, imposant de nouveaux modèles culturels, la destruction du corps et de l’âme de l’Italie et bouleversant nos lois, nos traditions, notre sécurité et notre liberté de continuer à vivre chez nous selon ce modèle que nous avons défendu et promu depuis des millénaires. »

Mais les « valeurs » de l’extrême droite sont également incompatibles avec l’égalité des sexes et le droit des femmes et des minorités sexuelles. Sur ce point, le programme est édifiant : l’an dernier, en Italie, 97 femmes ont été victimes de féminicides, le plus souvent de la part de leurs conjoints ou ex-conjoints, mais Futuro Nazionale promet d’abroger l’article du Code pénal, qui a introduit la notion de « féminicide », préférant parler de « violences passionnelles » (sic). Haro donc sur « un féminisme désormais bien ancré et le mythe d’une égalité qui nie les différences et les spécificités », et sur « le modèle éducatif de gauche, fondé sur l’idéologie de la lutte constante contre le patriarcat ». D’ailleurs, l’augmentation des violences faites aux femmes serait due à… « la disparition de toute trace de société patriarcale ». C’est pourquoi Futuro Nazionale veut « protéger le modèle du “patriarcat méditerranéen” qui vise à former des hommes forts capables de maîtriser leurs émotions et leurs passions et de protéger les femmes ».

Futuro Nazionale entend également « défendre la famille naturelle » et « privilégier la nécessité de promouvoir la vie, à commencer par le renouveau démographique » : dans la « société patriarcale », le rôle des femmes n’est-il pas de faire des enfants ?

Voilà le futur que promet l’extrême droite. Mais les femmes n’ont pas besoin d’« hommes forts » pour les protéger… ou les assassiner quand ils ne sont pas capables de « maitriser les émotions ».

Seules des femmes émancipées donneront des générations d’hommes libres.

Comme le disait le socialiste allemand August Bebel : « L’avenir appartient au socialisme, c’est-à-dire à l’ouvrier et à la femme. »

Thierry Flamand