Nos vies valent plus que leurs profits

L’État contre les langues régionales

À la demande du préfet des Pyrénées-Atlantiques, le juge des référés du tribunal administratif de Pau a décidé de suspendre les délibérations adoptées par deux villes du pays Basque, Bayonne et Sare. La première reconnaissait officiellement, outre le français, le basque et le gascon occitan comme langues de son territoire, la seconde seulement le basque. Pour justifier sa décision, le magistrat estime que ces délibérations sont en contradiction avec l’article 2 de la Constitution qui stipule que « la langue de la République est le français ». Et il a jugé bon de ne pas se référer à un autre article de la même Constitution qui lui précise que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Selon le préfet et le juge, le fait de reconnaitre l’existence de langues régionales dans une commune mettrait en danger l’unité de la nation. Un raisonnement franchouillard d’un autre âge qui montre que certains ne sont toujours pas entrés dans le 21e siècle.