En prétextant une baisse historique du nombre des naissances, Emmanuel Macron a ravivé le débat nataliste, dont ont toujours fait leur miel les politiciens les plus réactionnaires, au détriment de l’autonomie des femmes et d’une fécondité contrôlée. Une régression digne de l’entre-deux-guerres. À l’époque, alors que la contraception et l’IVG étaient interdits, on exhortait les femmes à faire des enfants pour résister face à l’ennemi héréditaire, l’Allemagne, dont la population était plus importante, pour donner des soldats à la France et des prolétaires aux usines afin de se passer de la main-d’œuvre immigrée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, c’est le gouvernement Pétain qui en remit une couche en se prononçant même pour la peine de mort pour les « avorteuses ». En fait, dans l’histoire de ce pays, le natalisme a toujours été associé au nationalisme, au chauvinisme, à l’hostilité à l’égard des homosexuels et le plus souvent défendu par la droite réactionnaire et l’extrême droite. Une pente glissante sur laquelle s’engage Macron.