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Rafle du Vél d’Hiv : souvent Marine varie, bien fol est qui s’y fie

On vient de célébrer le 82e anniversaire de la rafle du Vél d’Hiv. Les 16 et 17 juillet 1942, plus de treize mille Juifs, hommes, femmes et enfants, étaient arrêtés par la police française avant d’être détenus au Vélodrome d’Hiver, une enceinte sportive du 15e arrondissement à Paris, puis envoyés en train vers le camp d’extermination d’Auschwitz. Moins d’une centaine d’entre eux revinrent. Jusqu’à une date récente, l’extrême droite dédouanait le régime vichyste dans cette affaire en faisant retomber la responsabilité sur le seul occupant allemand. Une position que continue d’ailleurs de défendre Éric Zemmour qui, contre toute évidence historique, affirme que le Pétain « a sauvé des Juifs ». Une opinion partagée, jusqu’à une date récente, par Marine Le Pen qui reprochait même à Chirac d’avoir reconnu en 1995 la responsabilité de l’État français dans cette rafle. Mais cette année, changement de pied. La dirigeante du Rassemblement national met en cause « les autorités françaises » de l’époque dans ce drame. En passant elle accuse notamment « l’extrême gauche » d’alimenter l’antisémitisme. Comme elle n’a donné aucune explication à ce revirement, on peut simplement supposer qu’elle veut surfer sur la vague pro-israélienne, anti-arabe et islamophobe de la droite et de la macronie. Et cela vaut bien de mettre au placard (du moins pour un temps) Pétain et son triste héritage.