Au sein de la Confédération helvétique le droit à l’IVG est restrictif. En effet les avortements sont légaux s’ils ont lieu dans les douze premières semaines de grossesse. Si une femme avorte plus tard, elle est passible d’une peine pouvant aller jusqu’à trois ans de prison — à moins qu’elle n’ait été jugée dans une situation d’urgence par les médecins. Mais un homme du canton de Fribourg a voulu aller plus loin. Il a dénoncé son ex-compagne pour un avortement tardif, estimant qu’en tant que père du fœtus à naître, il était une « victime » collatérale au sens de la loi. Le tribunal fédéral lui a donné tort estimant que la décision d’avorter appartient à la femme et à elle seule. Amnesty International Suisse est du même avis. « Aucun tiers ne devrait avoir le droit de s’opposer à la décision d’une personne enceinte, cette décision appartient exclusivement à la femme », a déclaré Cyrielle Huguenot, chargée de campagne. Mais Amnesty souhaite aller plus loin et demande une dépénalisation complète des avortements, auquel cas les femmes ne seraient plus pénalisées en cas d’interruption de grossesse tardive.