Brigad est une plateforme censée faciliter la mise en relation entre professionnels indépendants qualifiés et établissements, surtout dans les secteurs de la restauration et, plus récemment, dans celui du médico-social, notamment dans les Ephad. Comme elle engage tout le personnel en tant que « travailleurs indépendants », ces derniers ne jouissent d’aucune des garanties du salariat tout en étant exploités jusqu’à l’os avec des conditions d’emploi proches du travail dissimulé et des horaires à rallonge. Par exemple un plongeur est payé de 14 à 15 euros de l’heure, moins les 25 % qu’il doit reverser à Brigad. Un autre a travaillé du lundi au dimanche, tous les jours, la journée et le soir. Et pour 89 heures déclarées cette semaine-là, il a touché un peu plus de 1 300 euros, et Brigad a empoché 445 euros de commission. Enfin un troisième réclame plus de 700 heures supplémentaires non payées. De l’esclavage moderne contre lequel les salariés engagés dans ce combat demandent aux prud’hommes la requalification de leur statut d’ auto-entrepreneur en salariés de plein droit.