La filiale française de Toray, groupe japonais premier fabricant mondial de fibre carbone, vient d’être condamnée à verser 3 000 euros à Timothée Esprit, un syndicaliste CGT qui travaille dans une de ses usines du bassin de Lacq. À deux reprises la direction a tenté de le licencier. La première fois en prenant prétexte du fait qu’il avait affiché sur son compte X personnel des messages de soutien à la cause palestinienne, la seconde en tentant d’obtenir des informations sur les visites qu’il avait effectuées à la prison de Lannemezan pour s’entretenir avec le militant communiste libanais Georges Ibrahim Abdallah, libéré en juillet dernier. Par deux fois ses demandes de licenciement ont été rejetées par l’inspection du travail. Dans son jugement, le tribunal interdit à l’entreprise d’utiliser contre Esprit des éléments portant sur ses visites pénitentiaires. Mais le patron ne lâche pas le morceau et a saisi le ministère du Travail pour tenter de passer outre aux refus de licenciement.