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République démocratique du Congo : le viol comme arme de guerre

À l’occasion de la sortie du film Muganga : celui qui soigne, qui lui est consacré, le docteur Denis Mukwege a accordé une interview au journal en ligne Le Huffpost où il évoque les violences sexuelles que subissent des milliers de femmes en République démocratique du Congo. Ce long-métrage retrace la rencontre et la collaboration de ce médecin congolais avec Guy Cadière, un chirurgien belge. Ce dernier va venir appuyer le gynécologue qui soigne depuis plus de vingt ans – au péril de sa vie – des femmes violées dans le cadre de la guerre qui ravage le pays. Les deux médecins aident les femmes à se reconstruire, aussi bien physiquement que psychologiquement. Le Dr Mukwege explique : « Lorsqu’on dit que le viol est une arme de guerre, c’est parce qu’il produit les mêmes conséquences que les armes classiques. » Car cet acte a un but bien précis : faire fuir les populations et s’emparer de leurs terres, riches en minéraux rares, le pays abritant notamment 80 % des réserves mondiales de tantale utilisé dans la fabrication des smartphones. Des viols souvent commis devant les familles, les enfants et les maris, pour ôter à ces derniers l’envie de se battre. Et de conclure : « On parle juste des femmes ici, mais ce conflit a déjà fait six millions de morts. Le monde est silencieux, mais c’est le conflit le plus meurtrier après la Seconde Guerre mondiale. » Et pas grand monde en parle…