Dans le but affiché de concurrencer Elon Musk et son système de satellites Starlink, les dirigeants d’Airbus (groupe franco-germano-espagnol), du français Thales et de l’Italien Leornado envisagent de fusionner leurs activités satellites. Si cette fusion arrive à son terme elle donnera naissance à un géant européen des satellites, baptisé Bromo, qui affichera plus de 6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et une valorisation proche de 10 milliards d’euros. Mais, revers de la médaille, comme l’indique un rapport de la commission de la Défense nationale publié en mai dernier, « la fusion entraînera très probablement une nouvelle vague de suppressions de postes, voire la disparition d’un site français ». Et comme l’analyse Thomas Meynadier, représentant CGT chez Thales Alenia Space : « Si l’objectif était vraiment de concurrencer Starlink, on y intégrerait aussi Ariane, des opérateurs comme SES ou Eutelsat, voire STMicroelectronics pour les composants. En réalité, la fusion vise surtout à gonfler les marges d’un secteur moins rentable que les activités militaires. » C’est encore une fois au nom du profit que plusieurs centaines de salariés risquent de se retrouver sur le carreau.