Des chiffres récents, avancés d’abord par une commission sénatoriale puis par des économistes indépendants, situent les aides publiques aux entreprises à des niveaux compris entre 210 et 270 milliards d’euros chaque année. Mais cela ne date pas d’hier. En effet, selon les données de l’Institut de recherches économiques et sociales et de la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques, depuis 1979 environ 1 250 milliards d’euros ont été versés en intérêts aux créanciers du pays (banques et fonds spéculatifs) et 2 686 milliards ont été distribués aux entreprises. Soit au total près de 4 000 milliards d’euros. De quoi expliquer la dette publique actuelle de 3 346 milliards. Pendant cette période, les entreprises ont bénéficié d’aides directes, de niches fiscales, de baisses de cotisations, d’allègements et de crédit d’impôts non seulement sous les gouvernements de droite mais aussi lorsque les « socialistes » Mitterrand et Hollande étaient à l’Élysée. Présidents et gouvernements de droite et de gauche passent, le grand capital reste et prospère…