Nos vies valent plus que leurs profits

Pourquoi les Restos du Cœur ne fêtent pas leurs 40 ans

Pour les Restos du Cœur cette fin septembre coïncide avec le quarantième anniversaire de leur fondation. Mais, comme l’explique Jean-Michel Richard, le trésorier bénévole de l’association : « Il n’y a pas d’anniversaire à célébrer car ce que nous constatons, c’est que malheureusement nous sommes toujours là et nous sommes de plus en plus importants face à une précarité qui augmente. » Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Au lancement de la première cantine gratuite le 26 septembre en 1985 à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), l’humoriste Coluche envisageait de servir 1 000 repas par jour et visait 60 000 pour toute la France. Un chiffre rapidement pulvérisé puisque la première campagne a finalement livré 8,5 millions de paniers-repas. Quarante ans plus tard, les Restos comptent 2 300 centres et ont fourni 163 millions de repas sur la campagne 2023-2024. L’association assure désormais plus d’un tiers de l’aide alimentaire distribuée dans le pays. Son importance grandissante est intimement liée à la hausse continue de la pauvreté dans les couches populaires les plus fragiles. Pas de quoi en effet avoir le cœur à la fête.