Nos vies valent plus que leurs profits

Alerte sur la situation catastrophique des « aidants »

Le 6 octobre, à l’occasion de la Journée nationale des aidants, Philippe Bergerot, le président de la Ligue contre le cancer a appelé à des décisions immédiates et concrètes pour soutenir celles et ceux « sur qui tout notre système de santé repose ». On compte dans le pays plus de cinq millions d’aidants – ou plutôt d’aidantes, car les femmes sont l’immense majorité des personnes concernées – qui s’occupent bénévolement de malades incurables, souvent atteints du cancer. Chaque jour, ces personnes prennent des rendez-vous, accompagnent aux consultations, attendent des heures à l’hôpital, gèrent les démarches administratives, les ordonnances, surveillent les effets secondaires. Elles préparent les repas, aident à manger, à s’habiller, voire à se coucher. Mais elles se sentent souvent isolées, livrées à elles-mêmes et abandonnées des pouvoirs publics. L’Observatoire sociétal du cancer constate « une dépression pour un aidant sur deux, des pensées suicidaires pour un aidant sur cinq ». Face à cette situation dramatique, Bergerot propose de faire du soutien aux aidantes et aidants une « grande cause nationale ». Cela ne changera pas grand chose. Car, sous Macron, on a pratiquement une « grande cause nationale » chaque année (lutte contre les violences faites aux femmes, égalité femmes-hommes, alliance pour la lecture, mentorat des jeunes, promotion de l’activité physique et sportive, santé mentale etc.) ce qui, dans la pratique, n’a eu aucun effet. Les « aidantes et aidants » font partie des oubliés d’une société qui méprise toutes celles et tous ceux qui sont à ses yeux « improductifs ».