Nos vies valent plus que leurs profits

BNP Paribas jugée coupable de complicité avec l’ancien dictateur soudanais el-Bechir

Saisi par trois réfugiés soudanais, le jury d’un tribunal civil fédéral de New York a statué que le groupe bancaire BNP Paribas avait contribué à des exactions au Soudan, en facilitant des échanges commerciaux dont les recettes auraient financé l’armée et les milices du régime d’Omar el-Bechir, renversé par un coup d’État militaire en 1989. Les trois plaignants – deux hommes et une femme – ont raconté avoir été emprisonnés, torturés, battus, brûlés avec des cigarettes, lacérés au couteau, par des soldats soudanais et des miliciens du régime tandis que leurs biens étaient volés ou détruits. « Cette affaire très importante a révélé le secret qu’une banque internationale, BNP Paribas, a secouru, protégé, alimenté et soutenu illégalement l’économie d’un dictateur », a conclu un avocat des plaignants. La banque française a été active au Soudan de la fin des années 1990 à 2009 et a empoché des milliards d’euros en négociant sur les marchés mondiaux les richesses du pays (agricoles et pétrolières) pour le plus grand profit d’el-Bechir. Défense du groupe bancaire : si nous n’étions pas intervenus un concurrent l’aurait fait à notre place. Les affaires sont les affaires… même sur des tas de cadavres. La banque a été finalement condamnée à verser 20,75 millions de dollars (17,8 millions d’euros) aux victimes.